Simon Piché, propriétaire de Paul Piché Traiteur dessert entre autre le Grand Prix de Trois-Rivières.

38 000 repas servis aux Jeux du Québec

TROIS-RIVIÈRES — Paul Piché Traiteur, de Trois-Rivières, a démontré qu’il pouvait désormais jouer dans les ligues majeures puisqu’il a servi rien de moins que 38 000 repas, du 27 juillet au 4 août derniers, aux athlètes qui ont pris part à la 53e finale des Jeux du Québec.

Le défi était d’autant plus grand que le traiteur a dû naviguer entre ses installations de Trois-Rivières et le site des Jeux qui était situé, cette année, à Thetford Mines.

En matière de quantités de nourriture à manipuler, on devinera que les proportions sont assez gargantuesques. Le traiteur a en effet écoulé chaque matin, en alternance, une tonne de gaufres et une tonne de crêpes. C’est sans parler des œufs, des saucisses et autres aliments prévus au petit déjeuner. Pas moins que 32 000 livres de nourriture ont été transformées, par les employés de Paul Piché Traiteur, en mets comme des lasagnes, des pâtés chinois, pilons de poulet et porc effiloché, par exemple.

Le propriétaire de l’entreprise, Simon Piché, se réjouit d’avoir remporté l’appel d’offres contre de gros joueurs de l’industrie alimentaire. Ce succès ne pouvait mieux tomber pour lui, car «on cherche à se spécialiser dans les gros événements», dit-il.

Il avait toutefois une condition pour se lancer dans cette aventure des Jeux du Québec. Simon Piché tenait en effet à ce que les jeunes puissent se servir à volonté, bref, passer par-dessus les recommandations des nutritionnistes qui, à son avis, limitaient bien trop les portions. «On s’est battu avec Sport Québec», dit-il. «Faire manger 125 millilitres de macaroni cuit à un jeune de 16 ans, ça n’avait pas de bon sens. Ce sont des adolescents», plaide-t-il. Ce groupe d’âge est en effet réputé pour avoir un estomac sans fond. «Ça fait 50 ans que les Jeux du Québec existent et ça fait 50 ans que la restauration est une problématique. L’an passé, ils ont manqué de nourriture. Cette fois, les participants avaient le choix entre deux menus chauds et pouvaient se servir à volonté», se plaît-il à souligner.

Même si c’est le plus gros contrat jamais décroché par Paul Piché Traiteur, la marge de profit, elle, ne sera pas la plus grande de son histoire, admet Simon Piché, car les portions, justement, n’étaient pas limitées. Simon Piché s’en trouve malgré tout très heureux, car cet événement majeur lui a permis de se faire les dents et d’envisager avec expérience la tenue d’autres événements de cette ampleur, explique-t-il. «Je voulais me faire un nom pour ramasser le prochain contrat.»

«Les jeunes ont capoté. Ils ont mangé à leur faim des portions qui étaient énormes», se réjouit-il.

Il a fallu deux mois de préparation pour que tout soit prêt. Les mets ont été mis sous vide et congelés pour être conservés ensuite dans un entrepôt congélateur loué. «On a mis tout ça dans des bacs de 80 livres. On a tout mis sous vide. On a envoyé ça à notre grossiste alimentaire qui nous les a surgelés et nous les a livrés, après ça, sur le site des Jeux en plus de tous les produits qu’on ne faisait pas nous-mêmes, comme les crêpes et les gaufres», raconte-t-il.

Grâce à cette méthode, la nourriture qui n’a pas eu à être dégelée ne sera pas gaspillée.

Depuis huit ans, Simon Piché est traiteur au Grand Prix de Trois-Rivières. Cette année, il sert 1200 repas dans des loges corporatives. C’est lui qui prépare aussi les 2000 ou 3000 repas des participants aux Défis du Parc. Avec les Jeux du Québec, il vient d’entrer dans les ligues majeures des traiteurs.

L’entreprise compte 80 employés réguliers ainsi qu’une centaine d’autres sur appel. Aux Jeux du Québec, elle a mobilisé une quarantaine de ses permanents et trouvé du personnel supplémentaire à Thetford Mines.

Très bien équipée pour faire face à ce genre de défi, l’entreprise a dû transporter plusieurs équipements vers les points de service où elle servait des repas, durant les Jeux. C’est que les cuisines, dans un des trois points de services, étaient complètement désuètes, raconte le traiteur. «Ça a été un gros défi technique», ne cache pas M. Piché, un défi qu’il est toutefois prêt à relever encore n’importe quand.

D’ici là, ce ne sont pas les projets qui manquent. L’homme d’affaires est en effet propriétaire de deux restaurants, dont un à Nicolet et l’autre, Le Resto-Bar le Chack, sur le boulevard des Chenaux, où il aménagera sous peu un four à pizza de 1200 kilos qu’il a commandé directement du Portugal et dont l’installation représentera sûrement un événement unique dans l’histoire de l’entreprise.