Une aide financière de 145 000 $ a été accordée à Boiserie Savco. Sur la photo: Frédérick Tremblay, directeur général, opérations manufacturières feuillus et produits à valeur ajoutée du Groupe Rémabec, Marie-Louise Tardif, députée de Laviolette-Saint-Maurice, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale et ministre responsable de la région de la Mauricie, Jean Boulet et le président de la CCIHSM, Patrice Bergeron.

145 000 $ pour une formation sur mesure chez Boiserie Savco

La Tuque — Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale et ministre responsable de la région de la Mauricie, Jean Boulet, était de passage en Haute-Mauricie, vendredi. Il a profité de son passage à la tribune de la Chambre de commerce et d’industrie du Haut Saint-Maurice (CCIHSM) pour faire l’annonce d’une aide financière de plus de 145 000$ pour un projet de formation sur mesure de l’entreprise Boiserie Savco, une filiale du Groupe Rémabec nouvellement déménagée à La Tuque.

«(Boiserie Savco) a prévu de remplacer l’entièreté des machines de l’usine par de nouveaux équipements comprenant de nouvelles technologies qui sont actuellement inconnues des employés. Évidemment les employés ont dû développer les compétences requises pour se familiariser avec leurs nouveaux équipements et nouvelles technologies et c’est pour cette raison que l’aide du ministère a été accordée», a lancé M. Boulet.

L’usine Boiserie Savco est située au site Vallière à La Tuque. Elle est dotée d’équipements à la fine pointe de la technologie. À la suite de l’automatisation d’une partie de ses activités, l’entreprise pourra, à l’aide de cette somme, former 20 employés pour utiliser ces nouveaux équipements.

«Ayant fait des investissements majeurs afin d’augmenter la productivité de notre usine en modernisant nos équipements afin qu’ils soient à la fine pointe de la technologie et qu’ils répondent aux besoins de notre clientèle, nous devions offrir à nos employés une formation sur mesure et spécifique pour chaque équipement. Cette formation s’avère indispensable pour bien outiller nos employés en plus de favoriser leur rétention au sein de notre entreprise dans un contexte de rareté de main-d’œuvre», a lancé Éric Bouchard, vice-président exécutif du Groupe Remabec.

Ce virage permettra à l’entreprise d’augmenter sa productivité et la qualité des produits tout en diminuant ses besoins de main-d’œuvre. Les travailleurs seront toujours requis en usine, mais ces nouveaux équipements, qui reproduisent des actions sans l’intervention humaine, nécessitent la présence d’employés détenant des compétences spécifiques pour les faire fonctionner.

Le Groupe Rémabec devrait faire une inauguration officielle dans les prochaines semaines.

Ce soutien financier est octroyé à Boiseries Savco inc. dans le cadre de la Mesure de formation de la main-d’œuvre à l’intention des entreprises, qui vise à soutenir le développement des compétences des personnes qui risque de perdre leur emploi et permet de maintenir les expertises en place au sein des entreprises.

D’ailleurs, la rareté de la main-d’œuvre et ses défis était au cœur du discours du ministre lorsqu’il s’est adressé aux membres de la Chambre de commerce. Le ministre a également présenté sa «Grande corvée» destinée à répondre à ce phénomène.

«C’est un changement de paradigme. Les conseillers en entreprises qui sont dans les bureaux de service Québec étaient habitués d’accompagner des employés qui cherchaient des emplois, maintenant, on accompagne les entreprises qui cherchent des employés», explique le ministre.

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale et ministre responsable de la région de la Mauricie, Jean Boulet,  est en compagnie de Marc-André Despins et Éric Bilodeau, respectivement directeur général et surintendant garage de la Coopérative Forestière du Haut Saint-Maurice.

La grande corvée 2.0 quant à elle vise plutôt à favoriser l’intégration au marché du travail des personnes faisant partie des groupes qui y sont sous-représentés; travailleurs expérimentés, personnes immigrantes, personnes handicapées, des jeunes, des autochtones et des personnes aptes au travail qui bénéficient de l’aide financière de dernier recours.

«On est là pour aider les entreprises à les intégrer», a-t-il insisté.

Le ministre Boulet a également mis en évidence une mesure qui permet de compenser une partie des frais de recrutement et d’installation de travailleurs qui décident de s’établir dans une autre région.

Dans la journée, M. Boulet a rendu visite, entre autres, à la Coopérative forestière du Haut Saint-Maurice. L’enjeu de main-d’oeuvre dans le secteur forestier était aussi au centre des discussions.

«Il faut rendre le travail forestier plus attrayant. Ça représente 22% de la main-d’œuvre manufacturière en Mauricie et le secteur forestier, c’est 6,1 % de l’emploi au Québec. […] Il faut rendre ce travail-là attrayant et ensuite évidemment, il y a un défi de rétention», a souligné le ministre Boulet.

Le ministre a même été en mesure de diriger, pendant un bref moment, de la machinerie.

«C’est un travail intéressant, un travail emballant. Il y a des conditions intéressantes aussi», ajoute M. Boulet.

À la Coopérative, on tente de recruter par tous les moyens. La moyenne d’âge des travailleurs est de 51 ans. On pense que le modèle coopératif pourrait jouer un rôle attractif.

«En cas d’excédent financier, on va émettre des ristournes aux membres. […] Par exemple, l’année dernière après l’assemblée générale, il y a beaucoup de membres qui sont allés dans le sud l’hiver passé, avec l’importante ristourne qu’on a versée», a imagé le directeur général de la Coopérative, Marc-André Despins.

«C’est un moyen de plus d’être attractif vis-à-vis la main-d’œuvre qui est rare. […] Il faut être attrayant. Il faut un bon environnement de travail. Chez nous, on se fait un devoir d’avoir des conditions de travail idéales», a-t-il conclu.