Entrepreneuriat

«Tout sera plus fonctionnel»

Saint-Sévère — Situé à Saint-Sévère, l’entreprise Rien ne se perd, tout se crée a procédé, jeudi, au dévoilement de ses nouvelles installations. Cette inauguration a été rendue possible puisque le gouvernement du Québec a accordé, par l’entremise du Fonds de diversification économique du Centre-du-Québec et de la Mauricie, une contribution de 500 000 $ à l’entreprise manufacturière pour soutenir la réalisation d’un projet d’investissement évalué à 2 millions de dollars.

«Notre gouvernement est fier de soutenir une entreprise dynamique et créative de la circonscription de Maskinongé dont l’engagement envers l’essor du secteur québécois de la mode et du vêtement est digne de mention. Nous avons besoin du talent, des idées et surtout de l’audace d’entreprises comme celle-ci pour bâtir une économie régionale diversifiée et solide», souligne Marc H. Plante, député de Maskinongé et adjoint parlementaire du premier ministre pour les régions.

Le projet a aussi bénéficié du Programme d’aide aux artisans et aux entreprises en métiers d’art à la hauteur de 30 000 $, remis par la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC).

Toujours dans le cadre de cette initiative, l’entreprise a fait l’acquisition d’un logiciel de gestion ainsi que d’équipements informatiques et spécialisés qui permettront d’accroître sa productivité. 

Depuis 2003

Bien qu’elles aient commencé à tisser en 2003, ce n’est qu’en 2005 que Marie-Claude Trempe et Evelyne Gélinas ont lancé leur entreprise Rien ne se perd, tout se crée.

«C’est quand nous avons commencé à aller dans les Salons des métiers d’art que nous avons eu la piqûre. À ce moment-là, tout s’est enchaîné assez vite. Nous nous sommes rendu compte que nous faisions ça à temps plein et nous nous sommes aperçus que nous pourrions faire ça pour vrai. Nous avons donc fondé une entreprise. Les événements se sont multipliés et nous avons commencé à fabriquer de plus en plus d’objets. De fil en aiguille, nous voulions commencer à vendre dans des points de vente. En 2010, Marie-Claude a eu l’idée de faire des vêtements. C’est alors que les choses se sont mises à débouler», explique Evelyne Gélinas, copropriétaire de l’atelier-boutique Rien ne se perd, tout se crée.

La nouvelle bâtisse de 16 000 pieds carrés a permis de faire la création de deux emplois. D’autres embauches pourraient avoir lieu au cours des prochains mois.

«Nous sommes extrêmement fières de voir notre projet se concrétiser. Avec la construction de cette nouvelle place d’affaires, nous aurons désormais de vastes locaux où tout sera plus fonctionnel. Notre nouvelle bâtisse regroupe une impressionnante boutique au toit cathédral, nos bureaux, une pièce pour la designer, la salle de coupe et de finition des vêtements ainsi que la réception et l’expédition de marchandise. Nous pourrons encore mieux desservir notre clientèle», mentionne Marie-Claude Trempe, copropriétaire de l’atelier-boutique Rien ne se perd, tout se crée.

En plus de leurs propres créations, ce sont celles de plus de 50 artisans de partout au Québec qui sont maintenant présentes dans la boutique. 

La succursale à Saint-Sévère ouvrira officiellement ses portes au public vendredi.

Leurs créations sont également en vente dans plus de 90 magasins à travers le Québec et l’Ontario. Il est aussi possible de se procurer des produits de leur collection sur la boutique en ligne à l’adresse www.rienneseperd.com.

Consommation

Les ménages canadiens toujours plus endettés

OTTAWA — Le montant de la dette des Canadiens par rapport à l’argent dont ils disposent a atteint un nouveau sommet au troisième trimestre.

Statistique Canada a indiqué jeudi que la dette des ménages sur le marché du crédit exprimée en tant que pourcentage de leur revenu disponible a augmenté à 171,1 pour cent, par rapport à 170,1 pour cent au deuxième trimestre.

Cela signifie que pour chaque dollar de revenu dont dispose un ménage, il doit rembourser 1,71 $ sur le marché du crédit. Cette dette comprend le crédit à la consommation, les prêts hypothécaires et les autres prêts.

Benjamin Reitzes, un spécialiste des taux canadiens et la macroéconomie à la Banque de Montréal, a noté que la tendance à la hausse du niveau d’endettement des Canadiens restait aussi intense.

«Et, avec les acheteurs de logements qui se pressent d’entrer sur le marché avant le changement des règles du Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) qui prendra effet le 1er janvier 2018, nous pourrions voir une nouvelle hausse au quatrième trimestre», a écrit M. Reitzes dans un rapport.

«Cependant, cela suggère que nous pourrions aussi observer une stabilisation de ce ratio en 2018 - mais il vaudrait mieux ne pas miser là-dessus puisque le marché immobilier s’est montré particulièrement résilient.»

L’endettement des ménages est souvent évoqué comme un des principaux risques à l’économie canadienne par la Banque du Canada et d’autres spécialistes.

Dans un rapport paru le mois dernier, l’Organisation de coopération et de développement économiques a indiqué que les prix élevés des logements et les niveaux d’endettement constituaient une vulnérabilité financière importante au Canada.

«Une correction désordonnée aurait un impact adverse sur la croissance et pourrait menacer la stabilité financière», a souligné l’OCDE.

La Banque du Canada a haussé son taux d’intérêt directeur à deux reprises cette année, ce qui a entraîné des augmentations des taux préférentiels des grandes banques du pays, qui sont utilisés pour les hypothèques à taux variables.

Aéronautique

Des revenus de 17,5 G$US pour Bombardier

Montréal — Au coeur de son plan de redressement de cinq ans, Bombardier estime que ses revenus devraient osciller entre 17 milliards $US et 17,5 milliards $ US en 2018, ce qui s’avère sous les attentes des analystes.

En dévoilant ses prévisions dans le cadre de sa journée des investisseurs, qui se déroule jeudi, à New York, l’entreprise québécoise a dit que sa prévision représentait une croissance de 1 milliard $ US par rapport à 2017.

Toutefois, les analystes sondés par Thomson Reuters tablaient sur un chiffre d’affaires d’environ 18,4 milliards $ US.

Selon le constructeur d’avions et de trains, les recettes devraient être notamment stimulées par d’importants contrats au sein de sa division de matériel roulant ainsi que par une hausse des livraisons d’avions C Series.

Au cours des trois prochaines années, Bombardier vise une croissance de 4 milliards $ US de son chiffre d’affaires, ce qui représente un taux de croissance annuel composé de sept pour cent.

La direction de la multinationale québécoise doit fournir plus de détails sur ses prévisions en après-midi, alors qu’elle s’adressera aux analystes ainsi qu’aux investisseurs. «Nous sommes en très bonne voie d’atteindre nos prévisions pour 2017 (...) et nous avons un plan précis pour réaliser nos objectifs pour 2020», a souligné par voie de communiqué le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare.

Dans sa division des avions commerciaux, la multinationale prévoit livrer environ 40 C Series et 35 CRJ et Q400 en 2018.

Au cours de la dernière année, Bombardier a conclu une entente avec Airbus prévoyant que l’avionneur européen devienne l’actionnaire majoritaire du programme de la C Series sans avoir à verser un sou.

En contrepartie, la société québécoise pourra notamment miser sur la force de vente du géant européen afin de convaincre des compagnies aériennes d’acheter sa nouvelle famille d’avions.

La Tuque

«Les gens ont tué le messager»

La Tuque — Même s’il avait heurté la sensibilité de plusieurs gens d’affaires en critiquant l’offre de vêtements pour enfants, le service d’aiguisage de patins et les heures d’ouverture des commerçants, le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, a joué la carte de la franchise, mercredi, devant une centaine de membres de la Chambre de commerce et d’industrie du Haut Saint-Maurice.

«Les gens ont tué le messager. En vissant le maire, on visse aussi la population. J’ai dit ce que 20 familles qui magasinent m’ont dit. Je persiste et signe. On a des faiblesses. Il faut qu’on se penche sur des créneaux. On ne paiera pas quelqu’un 18 dollars l’heure pour aiguiser les patins. On réfléchit énormément sur le libre marché», a-t-il déclaré lors du dîner.

Lors de la période de questions, où il fut invité à «travailler sur la base du respect», le premier magistrat a dit comprendre que le commerce de détail n’est pas facile. 

«La Ville n’a pas à être dans vos souliers. Ça vous appartient. J’aimerais qu’on s’ouvre un peu plus. Je ne suis pas contre des commerces qui répondent aux besoins de la population», a-t-il lancé, évoquant «la roulotte Thaizone».

Si le conférencier du jour a parlé du besoin de travailler ensemble, la présidente de la Chambre, Me Mélanie Ricard, a bien accueilli cette vision de l’économie locale. 

«Je suis très satisfaite. C’est bien parti pour une belle collaboration», a-t-elle confié au Nouvelliste, misant néanmoins sur l’ensemble du conseil pour bien saisir la réalité des marchands locaux.

Par ailleurs, le maire Tremblay a clairement indiqué que la Ville allait se désengager des comités «où ça jase» pour s’impliquer dans ceux «où il y aura de l’action».

Dans son allocution, il a repris les grandes lignes du mémoire qui fut remis la veille aux ministres Martin Coiteux et Julie Boulet pour réclamer une aide financière récurrente de la part du gouvernement du Québec.

«La Municipalité considère que son manque à gagner de 1,9 million de dollars pour boucler son prochain budget 2018 est directement lié aux injustices mentionnées dans ce mémoire. C’est pourquoi elle réclame une aide équivalente de la part du gouvernement», a-t-il répété avant d’ajouter que «vous avez un maire qui est partageur», faisant allusion à son plaidoyer pour un partage des coûts.

Selon lui, l’équipe municipale n’est pas restée les bras croisés au cours des dernières années pour faire face à cette situation financière difficile. Outre l’abolition de plusieurs postes et l’annulation des 12 heures d’endurance de La Tuque, l’arrêt du balisage sur la rivière Saint-Maurice est une autre mesure d’austérité qui fut appliquée. À ce sujet, le maire Tremblay n’a pas caché qu’il sera difficile de revenir en arrière et «ce n’est pas dans nos cartons», a-t-il précisé.

Par ailleurs, celui-ci a fait la démonstration que la baisse de la population venait ajouter au fardeau financier de la Ville, l’agglomération de La Tuque étant passée de 16 144 habitants en 2001 à 14 911 personnes en 2017.

«Pour maintenir les services municipaux au secteur de Parent, Ville de La Tuque doit débourser 250 000 dollars annuellement de plus que les revenus générés par les taxes payées par les Parentois», a-t-il souligné.

Tout comme il a fait remarquer que plus de 250 000 personnes vivent sur 5800 kilomètres carrés en Mauricie alors que les quelque 15 000 autres vivent dans l’agglomération de La Tuque sur près de 30 000 kilomètres carrés.

«La Municipalité fait face à de grands défis étant une région ressource en milieu éloigné», soutient celui qui réclame des redevances forestières et hydroélectriques.

De plus, l’invité de la Chambre a révélé que les élus doivent trouver des solutions pour combler un manque à gagner annuel de 1,3 million de dollars qui provient de coupes gouvernementales.

«Il s’agit d’un effort budgétaire démesuré qui est imposé à la Municipalité considérant que son budget total annuel est de 27 millions de dollars. La pression qui est exercée sur les finances de la Municipalité n’est pas juste et équitable, car La Tuque représente un cas unique de gestion municipale au Québec qui doit être reconnu par le gouvernement», a-t-il conclu, traitant du service incendie, des chemins à double vocation, de l’entretien routier et des risques liés aux matières dangereuses.

Fonds Laprade Saint-Maurice

Une mauvaise nouvelle qui a bien tourné

Shawinigan — Une centaine de personnes se sont rassemblées au DigiHub de Shawinigan, mercredi en fin d’après-midi, pour trinquer au trentième anniversaire du Fonds de développement économique LaPrade, un organisme qui a traversé l’épreuve du temps en injectant 10,5 millions $ dans les entreprises de l’ancien comté fédéral de Saint-Maurice depuis 1987. Ce levier a entraîné des investissements de 23,4 millions $, en plus de contribuer à créer ou à maintenir 3500 emplois.

Des retombées enviables pour un fonds qui, au départ, était considéré comme un prix de consolation. Car à la fin des années 80, onze Fonds LaPrade avaient été créés dans la région pour compenser la décision du gouvernement fédéral, en 1978, de mettre un terme au projet d’usine d’eau lourde du même nom, dans le secteur Gentilly. Le Fonds LaPrade Saint-Maurice héritera de trois millions $ pour lancer ses activités.

«Notre fonds a prospéré et a servi d’effet de levier pour beaucoup de projets dans la région», fait remarquer Simon Charlebois, directeur général de l’organisme. «Nous avons investi plus de 10 millions $ directement dans les entreprises, mais aussi environ 12 millions $ en subventions que nous sommes allés chercher auprès de différents paliers gouvernementaux pour aider divers projets.»

Lors du point de presse organisé pour souligner cet anniversaire, quelques intervenants ont rappelé qu’à la fin des années 80, le Fonds de développement économique LaPrade Saint-Maurice souhaitait se concentrer sur... la création et l’expansion de petites et moyennes entreprises!

«Nous avions perdu CIL, DuPont, Wabasso», rappelle Laurent Richard, qui avait remplacé Michel Matteau sur le conseil d’administration en 1989 comme représentant du milieu des affaires de Shawinigan. «Dans les usines, on parlait de fermeture, de rationalisation. Des leaders se sont levés!»

En 1997, le gouvernement fédéral décidait de remettre les fonds au milieu, rendant les organisations complètement autonomes. Parmi les onze fonds créés dix ans plus tôt, certains ont disparu, d’autres ont fusionné avec des organismes de développement économique. Après avoir survécu au démantèlement du Groupe Forces, le Fonds LaPrade Saint-Maurice est devenu un modèle unique en son genre dans le réseau. Il pouvait notamment se qualifier comme partenaire privé dans des projets requérant des aides gouvernementales.

«L’orientation stratégique qui a été prise à l’époque, de garder l’organisme intact et de travailler en partenariat avec la SADC Centre-de-la-Mauricie, a permis au Fonds LaPrade d’avoir accès, avec des moyens financiers limités, à des ressources humaines qualifiées et à jouer des rôles déterminants en multipliant l’effet de ses fonds», témoigne France Brisson, actuelle présidente du conseil d’administration.

Nombreuses initiatives

Après 30 ans, le Fonds LaPrade Saint-Maurice peut évidemment s’enorgueillir d’une impressionnante liste d’investissements, non seulement en entreprises, mais aussi dans des fonds spécifiques tels que le Fonds Soutien, Cycle C3E et V3 Venture. 

En terme de développement technologique, il a également été impliqué dans le lancement du Carrefour virtuel de la Mauricie, TGV Net Mauricie, le programme Régionalisation des affaires électroniques, les projets Apprentissage virtuel Centre-Mauricie et Techno@înés. 

Le Fonds LaPrade Saint-Maurice s’implique aussi dans le Comité de diversification et de développement économique de Shawinigan, créé à la suite de l’annonce de la fermeture de la Belgo en 2007. Il a également participé à l’embauche d’un délégué commercial en efficacité énergétique en 2010 et d’une ressource en accompagnement à la croissance des entreprises et à la réalisation d’études sur le potentiel de reconversion de l’ancienne papeterie Laurentide, en 2015.

«Le Fonds LaPrade est assez méconnu du grand public, mais pas des organismes de développement économique», souligne M. Charlebois. «Plusieurs fois par mois, on m’appelle de partout à travers le Québec pour s’inspirer de notre fonds.»

Le maire de Shawinigan, Michel Angers et le député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, se sont déplacés à cette célébration pour souligner l’implication de cet organisme dans le développement économique local. Notons également que le triathlète Pierre Lavoie s’est adressé aux invités en fin d’après-midi. Sa conférence portait sur le «pouvoir de l’engagement».

Accélérateur industriel

Une aide de 700 000 $ de Québec

Trois-Rivières — Le projet d’accélérateur d’entreprises sur lequel planche Innovation et développement économique (IDÉ) Trois-Rivières depuis plusieurs mois vient de recevoir une importante aide financière de la part de Québec. En effet, le gouvernement a confirmé, mercredi, le versement d’une aide de plus de 700 000 $ dans ce projet, qui représente un investissement total de plus de 2,7 M$.

L’argent accordé à IDÉ Trois-Rivières a été puisé dans le Fonds de diversification économique, et servira à la mise en place de ce projet destiné à faciliter la vie des entrepreneurs qui démarrent des entreprises dans le secteur des technologies de l’information.

On sait que la Ville de Trois-Rivières disposait déjà d’un incubateur pour ce type d’entreprise, destiné aux entrepreneurs qui démarrent un projet et qui cherchent à diminuer les coûts de démarrage en ayant accès à des locaux abordables. Le projet d’accélérateur s’inscrit également dans cette optique et vise davantage à emmener ces entreprises à un autre niveau, soit celui de la commercialisation et du développement du marché pour leur produit, tant au niveau provincial qu’international.

«Le défi pour nos entrepreneurs lorsqu’ils démarrent et qu’ils développent un nouveau produit, c’est toujours la commercialisation. Comment aller vendre le produit, le faire connaître ici au Québec mais aussi à l’international. L’accélérateur est vraiment un bâtiment qui va être transformé en locaux mis à la disposition de nos entreprises qui veulent conquérir les marchés, commercialiser leurs produits. On va vraiment avoir des services concrets, un accompagnement, des gens ensemble. Ça va créer une belle synergie et améliorer la capacité de nos entreprises à bien commercialiser», a fait savoir le député de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard, qui procédait à l’annonce au nom de son collègue Stéphane Billette, ministre délégué aux Petites et moyennes entreprises, à l’Allègement réglementaire et au Développement économique régional.

Le bâtiment choisi est l’ancien Centre funéraire Rousseau, situé à l’intersection des rues Des Volontaires et Royale, au centre-ville de Trois-Rivières. Le bâtiment de 13 000 pieds carrés a été divisé en différents locaux et pourra accueillir jusqu’à dix entreprises dans une phase de commercialisation et d’exploration de marché. L’ouverture de l’accélérateur est prévue pour juin, et déjà tout près de 50 % des locaux ont trouvé preneurs.

«L’équipe d’IDÉ rencontre régulièrement des gens qui veulent se partir en affaire, qui ont des idées, qui ont besoin d’aide mais aussi besoin de locaux. On sait que les cinq premières années sont toujours les plus importantes pour une entreprise, alors il faut baisser les coûts le plus possible. Ça permet aux gens d’avoir accès à des locaux, leur donner la chance de faire émerger leurs idées. Si on n’a pas ce bâtiment-là, on va les perdre pour d’autres régions», soutient le maire de Trois-Rivières Yves Lévesque.

Ce dernier se réjouit d’ailleurs que l’initiative voie le jour du côté du centre-ville, un milieu qui séduit la nouvelle génération, remarque-t-il, citant en exemple des employeurs qui ont choisi de s’installer au centre-ville et qui disent avoir plus de facilité à recruter une main-d’œuvre qualifiée. 

«La nouvelle génération aime travailler au centre-ville et habiter le centre-ville. C’est plus facile de recruter. Le centre-ville a un potentiel fort intéressant», ajoute M. Lévesque, en signalant que l’arrivée de nouveaux travailleurs favorise aussi les commerçants et restaurateurs avoisinants.

Canots Rhéaume

L’entreprise relocalisée à Saint-Tite

Grandes-Piles — Près de trois mois après l’incendie qui a ravagé une grande partie des installations de l’entreprise Canots Réhaume située à Grandes-Piles, voilà que l’entreprise qui est en opération depuis 31 ans procédera à sa relocalisation au cours des prochains mois, du côté de Saint-Tite.

Pour l’entreprise qui occupera désormais les anciens bâtiments industriels des Industries Encore 3, à Saint-Tite, dès la fin janvier, le déménagement représentait la meilleure option afin de poursuivre son expansion.

«Pour nous, la relocalisation était le meilleur choix pour une question de coûts et de délais. Quand l’incendie est arrivé en septembre dernier, on a dû se revirer de bord rapidement puisque nous connaissions une année exceptionnelle et on voulait poursuivre dans le même sens. C’est pourquoi le déménagement était plus accessible pour nous», mentionne l’adjointe administrative de Canots Rhéaume, Caroline Brodeur.

En plus de permettre à l’entreprise Canots Réhaume de connaître une expansion grâce à la relocalisation de ses locaux, cette dernière permettra également l’embauche de trois employés qui devraient entrer en poste au mois d’avril prochain, afin de fournir à la croissance de l’entreprise.

Rappelons que le 15 septembre dernier, les trois bâtiments de l’entreprise qui fabriquait notamment des canots de cèdre ont entièrement été détruits lors d’un incendie. Les efforts des pompiers avaient toutefois permis d’épargner les bâtiments du Musée du Bûcheron, dont le pavillon principal.

Hydro-Québec

Création de neuf emplois à La Tuque

La Tuque — L’année 2017 se termine sur une bonne note au plan de la création d’emplois à La Tuque alors que l’implantation d’une nouvelle équipe dédiée à la maintenance des postes de transport va permettre neuf embauches chez Hydro-Québec.

«Avant, les travaux étaient réalisés par les employés de l’équipe de production», a expliqué au Nouvelliste la conseillère, Relations avec le milieu Centre-du-Québec et Mauricie, Élisabeth Gladu.

Les neuf nouveaux postes relèveront donc de la division TransÉnergie. Il s’agit de quatre postes d’électriciens, deux techniciens en automatisme, deux ouvriers d’entretien et un gestionnaire.

L’affichage du poste de chef – maintenance est terminé depuis peu. L’embauche devrait avoir lieu au début de 2018 puisque les entrevues sont prévues à la mi-janvier. 

«L’affichage des autres postes est en cours ou aura lieu au début janvier», conclut la porte-parole, tout en rappelant que la société d’État fait travailler environ 200 personnes à La Tuque.

Affaires

Olymel investira 110 millions $ à Yamachiche

YAMACHICHE — Ce n’est plus 80 millions $, mais bien 110 millions $ qu’Olymel investira d’ici 2019 à son usine de Yamachiche afin d’agrandir les lieux dans le but d’augmenter sa production, ce qui entraînera l’embauche de 360 travailleurs. Et le processus d’embauche se mettra en branle dès décembre 2018.

En 2016, le géant de l’agroalimentaire québécois avait annoncé en grande pompe son projet d’investissement à sa division ATrahan. Le projet prévoit l’agrandissement des installations qui passeront de 16 500 pieds carrés à 30 000 pieds carrés.

Les travaux ont débuté en mai avec l’objectif d’être conclus en avril 2019. Mais la direction sait déjà qu’elle devra allonger environ 30 millions $ de plus, soit une hausse de 37,5 % par rapport aux prévisions, sans bonifier le projet.

«Nous ne sommes plus dans les prévisions budgétaires, nous sommes dans le réel. Ce sont des ajustements normaux compte tenu de l’ampleur du projet», explique Richard Vigneault, porte-parole d’Olymel.

La principale raison de cet investissement supplémentaire réside dans la capacité portante du sol. Yamachiche est reconnue pour son sol de type argileux. Olymel doit investir davantage pour installer plus de pieux qui soutiendront son usine. La mise à niveau du bâtiment actuel a aussi contribué à tirer l’investissement vers le haut.

Une salle d’expédition, une étable et une aire d’attente des porcs font entre autres partie du projet.

La prévision de miser sur des installations agrandies dès avril 2019 fait en sorte qu’Olymel amorcera l’embauche des 360 travailleurs recherchés dans un an. L’entreprise veut que les activités tournent rondement dès que l’agrandissement et les aménagements seront chose du passé: elle prévoit que la capacité d’abattage hebdomadaire passera de 18 500 à 36 000 porcs.

«Le recrutement des employés est planifié. Le début de l’embauche à la fin de 2018 est un échéancier très réaliste. Surtout avec le coefficient de difficulté de trouver un tel bassin de main-d’oeuvre à Yamachiche», raconte M. Vigneault.

Olymel travaille de concert avec les autorités locales pour trouver des solutions favorisant le recrutement de personnel. Elle est ouverte à l’idée d’embaucher des travailleurs immigrants et a même lancé au printemps 2016 un programme interne qui incite les employés à aider leur employeur à trouver de nouvelles paires de bras, mentionne le porte-parole.

«Nous avons plus de 11 500 employés chez Olymel. Avec notre programme de référencement de nos employés actuels, on récompense les employés qui nous réfèrent des gens. Si le nouvel employé reste en emploi après trois mois, l’employé qui nous l’a référé reçoit 250 $. Si le nouvel employé est là au bout d’un an, l’employé qui nous l’a référé reçoit un autre montant de 250 $. C’est un programme qui marche très bien. Plus de 200 employés ont profité de ce programme et ils peuvent nous référer deux, trois, quatre personnes.»

Le portrait d’une région avec une bonne demande de main-d’oeuvre s’ajoute aux autres défis d’une entreprise de la taille d’Olymel. La compagnie doit gérer des projets d’expansion en même temps qu’elle assiste à de nombreux départs à la retraite. Toutes ces réalités du marché du travail font en sorte qu’Olymel est en constante recherche de personnel. «On fait des efforts dans toutes nos usines, car on est en croissance partout. On a le défi numéro 1 de trouver des bassins d’emploi dans lesquels on peut trouver de la main-d’œuvre. Et on a des solutions pour chaque problème qui se pose. Yamachiche est un défi considérable, mais on a confiance de le relever: c’est bien situé entre Montréal et Québec, c’est situé le long de l’autoroute 40 et on est proche de nos fournisseurs. Si on ne réussit pas, on abandonne un projet de croissance. Ce n’est pas pour rien qu’on met tous les efforts pour que ça marche.»

ATrahan a toujours besoin d’employés. Le salaire d’entrée est de 14,10 $ l’heure. Le salaire moyen pour le secteur de la production est de 17,13 $ l’heure.

Selon Olymel, plus de 50 % de son personnel compte plus de 10 ans d’ancienneté.

Affaires

Louiseville prolonge son programme de congé de taxes

LOUISEVILLE — La demande accrue pour des travailleurs au sein de la MRC de Maskinongé, à commencer par la volonté d’Olymel d’engager 360 personnes d’ici avril 2019, incite la Ville de Louiseville à prolonger son programme de congé de taxes pour les acheteurs d’une maison.

Louiseville a adopté ce programme d’accès à la propriété en 2014 dans le but de stimuler l’arrivée de nouveaux citoyens. Trois ans plus tard, Louiseville veut profiter de la manne à venir en terme de main-d’œuvre afin d’augmenter sa population.

«Il y a des emplois qui s’en viennent. Avec Olymel à Yamachiche, Ford qui agrandit, Marquis qui cherche du monde et tous les autres projets, il va y avoir 400 emplois d’ici un an ou deux. Ce n’est pas tous les nouveaux travailleurs d’Olymel qui vont venir de Louiseville. On veut promouvoir le développement résidentiel. On veut que les gens s’installent chez nous. Il faut bouger. C’est urgent», déclare le maire de Louiseville, Yvon Deshaies.

Ce programme offre un crédit de taxe de 100 % pour les deux premières années et de 50 % pour la troisième année aux gens qui font construire une maison ou un immeuble de deux à 24 logements. Les familles qui achètent une maison existante bénéficient d’un congé de taxes de 50 % pour deux ans.

«Le programme a été lancé en 2014, ça a été bon et on le prolonge d’un autre trois ans. À savoir s’il y aura d’autres mesures, on va étudier ce qu’on peut apporter de plus. Et notre directeur général, Yvon Douville, est mandaté pour trouver d’autres choses. Ce n’est pas impossible qu’il y ait d’autres mesures», ajoute M. Deshaies, en rappelant que les gens dépensent dans la région aussitôt qu’ils sont installés et que ce n’est qu’une question de temps avant qu’ils contribuent aux revenus de la Ville.

Développement résidentiel à Yamachiche

Yamachiche veut elle aussi inciter de futurs travailleurs d’Olymel à s’établir dans sa municipalité. Comme prévu, le développement de cinquante terrains constituant la troisième phase de la Terrasse Sainte-Anne doit se faire en 2018.

Ce développement est géré par la Municipalité. Le maire, Paul Carbonneau, assure que le prix demandé pour les terrains sera attrayant.

«On veut profiter de ce projet d’Olymel. Notre développement pourrait inciter des gens à s’établir chez nous», raconte M. Carbonneau.

Le conseil de Yamachiche n’a pas prévu d’autres mesures favorisant l’accès à la propriété, précise le maire. Mais les élus vont certainement regarder la question à court terme.

«On va se réunir avec Olymel au début de 2018, dit le maire. C’est un projet important, un projet qui sera bon pour Yamachiche et pour toute la MRC.»