Ils étaient une trentaine de manifestants à être venus signifier leur appui à Normand Trahan, propriétaire du Zoo de Saint-Édouard, dimanche matin.

Zoo de Saint-Édouard: une poignée de manifestants en appui à Normand Trahan

SAINT-ÉDOUARD-DE-MASKINONGÉ — Est-ce le signe d’un essoufflement du mouvement de solidarité envers Normand Trahan, propriétaire du Zoo de Saint-Édouard? Est-ce le poids des différents rapports de vétérinaires, alors que l’on dévoilait le contenu des mandats de perquisition faisant état de bêtes négligées et de visiteurs attaqués, quelques jours plus tôt? Toujours est-il qu’ils n’étaient qu’une poignée de manifestants — une trentaine tout au plus — à avoir répondu à l’appel lancé sur les médias sociaux et à être venu signifier leur appui à M. Trahan, dimanche matin.

Isabelle Béland, l’une des instigatrices du mouvement Tous ensemble pour aider le Zoo de Saint-Édouard, attribue pour sa part le faible taux de participation du rassemblement de dimanche matin à la fête des Pères et au fait que l’appel à tous a été lancé à la dernière minute, vendredi soir dernier.

Celle pour qui le Zoo de Saint-Édouard fait partie de nombreux bons souvenirs de moments passés en famille affirme ne pas être ébranlée par le contenu des mandats de perquisition révélé plus tôt cette semaine. Elle y voit une campagne de relations publiques orchestrée par la SPCA de Montréal. «Il y a peut-être des méthodes à revoir, mais de la cruauté animale, jamais», soutient-elle en parlant de la façon dont Normand Trahan prenait soin de ses animaux. «Il sont en train de détruire le travail d’une vie d’un homme», se désole-t-elle.

«On n’essaie pas de dire qu’il est blanc comme neige», lance de son côté Pamela Dubois, «mais la SPCA fait de l’abus de pouvoir». Elle avance que les motivations de la SPCA sont avant tout militantes. «Il aurait dû avoir le nom de “sanctuaire pour animaux” ajouté à son nom depuis longtemps», suggère-t-elle, soutenant que M. Trahan recueillait des animaux vieillissants et parfois malades.

Son de cloche similaire du côté de Nancy Beauregard, conseillère municipale à Saint-Édouard, qui dit s’exprimer à titre de citoyenne. «La SPCA exagère dans ses propos. La SPCA pensait venir ici et faire un coup d’éclat, prendre les animaux et repartir sans bâtons dans les roues, ils se rendent compte que ce n’est pas si facile que ça. Ils nous prouvent leur incompétence, en plus», déclare celle qui avait revêtu un costume d’ours en peluche pour l’occasion. 

De son côté, Réal Normandin, maire de la municipalité, préfère ne pas commenter le fond de l’affaire tant que la cause sera devant les tribunaux. Présent aux portes du zoo dimanche matin, «pour rencontrer les gens», il s’abstient donc de spéculer sur la suite des choses. «On va attendre de voir ce qui va se passer au tribunal et la façon dont Normand se défend avec son avocat», se contente-t-il de dire.

Par ailleurs, le maire souligne qu’une réunion citoyenne est prévue mardi prochain pour faire le point sur le développement de la municipalité, au-delà de la question du zoo. «En collaboration avec la MRC, on veut voir si on peut développer des particularités pour attirer les touristes», explique-t-il.

Rappelons en terminant que Normand Trahan doit revenir en cour le 21 juin pour répondre à des accusations de cruauté et de négligence envers ses animaux. Par ailleurs, c’est le 19 juin que le juge Rosaire Larouche doit statuer sur la requête de la Couronne de surseoir aux requêtes en restitution de biens présentées par M. Trahan.