L’AZAC est d’avis que plusieurs animaux du Zoo de Saint-Édouard ont montré des signes d’amélioration depuis la perquisition.

Zoo de Saint-Édouard: plusieurs animaux ont montré des signes d'amélioration, estime l'AZAC

TROIS-RIVIÈRES — Contrairement à la prétention de la défense de Normand Trahan, l’AZAC affirme que plusieurs animaux ont montré des signes d’amélioration depuis que la SPCA de Montréal et Humane Society International (HSI) en prennent soin, soit depuis la perquisition du 21 mai.

Aquariums et zoos accrédités du Canada (AZAC) est un organisme de bienfaisance privé qui représente les principaux aquariums et zoos du pays. L’organisme a effectué une visite d’inspection le 29 mai. Son rapport, qui a été déposé au tribunal, souligne plusieurs lacunes à propos de la condition de certains animaux: un chameau présente une mauvaise mue, des lémurs et un babouin sont sans queue, certains besoins sociaux sont déficients. Même observation pour les installations: absence de sources d’eau fraîche dans les bâtiments intérieurs, portes de bâtiments sans serrure, éclairage insuffisant et abris délabrés. Mais l’AZAC constate que plusieurs actions et interventions ont été instaurées depuis la perquisition, notamment des traitements et des programmes d’entraînement.

«Selon l’évaluation des animaux visuelle que nous avons pu faire avec les photos datant du 21 mai 2019, et en contrastant avec l’évaluation visuelle que nous avons faite sur les spécimens animaux physiques lors de la journée de l’inspection, et ce, malgré le fait que nous n’avons pas pu être entièrement exhaustifs encore une fois de la condition de tous les animaux, nous notons pour plusieurs animaux une amélioration de la condition du pelage et de la peau, une amélioration chez certains animaux de l’état de chair et nous n’avons pas noté de détérioration de condition générale chez aucun animal», écrit l’AZAC dans son rapport.

Les soins vétérinaires sont sous la gestion de la docteure Marion Desmarchelier qui est responsable des examens vétérinaires, des traitements médicaux et du classement des priorités des interventions. Cette vétérinaire était de l’équipe ayant mené la perquisition du 21 mai. Kelly Donithan, de HSI, est responsable des soins généraux en collaboration avec la docteure Desmarchelier. Le rapport indique qu’un expert en médecine zoologique est accessible sur appel afin de gérer les transports des animaux.

«Nous avons discuté avec quelques bénévoles prodiguant les soins quotidiens aux animaux sous les directives de Mme Donithan. Nous avons également pris connaissance des diètes animales qui ont été formulées depuis la perquisition. Après toutes les discussions que nous avons eues avec l’équipe en place, nous observons que les membres directeurs de l’équipe de soins présentent une bonne expertise des besoins des animaux et des enjeux de sécurité humaine et animale.»

Selon le rapport, sept animaux étaient sous traitement au cours de la visite de l’AZAC. Une bête a été envoyée à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal.

Sécurité déficiente

Le rapport de l’AZAC fait état de l’absence d’une clôture périphérique, ce qui représente un risque d’échappement sur le site. L’AZAC est d’avis que des lacunes pour la sécurité des humains et des animaux sont présentes dans plusieurs enclos.

«La soudure fixant le loquet du cadenas a lâché, et suite à l’inspection, nous avons constaté que toutes les soudures de tous les loquets des enclos des grands félins sont toutes dans le même état de précarité».

Des signes d’insalubrité, une forte odeur d’excréments et une taille d’enclos insuffisante sont notés dans le rapport». Le document mentionne qu’un bâtiment sert d’entrepôt et de station de décongélation de carcasses, une procédure qui «se fait directement au sol, et une odeur pestilentielle nous parvient. Nous notons que la nourriture pour consommation animale est entreposée au même endroit que des carcasses d’animaux morts».

L’AZAC note l’absence d’infrastructure servant de clinique vétérinaire, de mise des animaux en quarantaine et de pharmacie. Selon le rapport, aucun document ne fait référence à la nutrition des animaux, à leur suivi médical et à leur origine.

La position de l’AZAC concernant l’aspect de la sécurité des installations rejoint celle de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail. Dans un rapport présenté le 1er juin, la CNESST affirme qu’il est impossible pour les travailleurs d’effectuer leur travail de façon sécuritaire, ce qui a incité l’organisme à ordonner la fermeture des lieux. La CNESST mentionne entre autres que les clôtures ne pénètrent pas dans le sol et peuvent être déplacées par des animaux qui pourraient creuser en dessous. Des poteaux vacillants, des serrures brisées et des clôtures non ancrées solidement aux murs et aux plafonds sont d’autres lacunes inscrites dans le rapport qui a été déposé au tribunal.

La semaine dernière, des documents remis par Me Lebrun, avocat de Normand Trahan, au juge Rosaire Larouche affirment que l’état des animaux s’est détérioré depuis la saisie du 21 mai, que les clôtures sont légales et qu’aucune soudure cassée, réparée ou cassante n’a été observée sur les infrastructures. De plus, ces documents soutiennent que le bas des clôtures enfermant les grands fauves pénètre dans le sol à 45 degrés sur une longueur de quatre pieds, ce qui correspondrait aux normes légales.

QU'EST-CE QUE L'AZAC

Organisme de bienfaisance représentant les principaux aquariums et zoos du pays, Aquariums et zoos accrédités du Canada affirme sur son site Internet qu’il favorise la reconnaissance de ces entreprises accréditées à titre d’organismes soucieux du bien-être, de la conservation, des connaissances scientifiques et de la sensibilisation envers les animaux. Ces entreprises qui aident les visiteurs à se rapprocher de la nature «sont reconnues pour leurs normes élevées concernant les soins des animaux». Les normes sont utilisées de plus en plus à titre de références pour mesurer la qualité des soins et du bien-être animal. Le Zoo de Granby, le Zoo sauvage de Saint-Félicien, le Biodôme de Montréal, le Zoo du Grand Vancouver et le Zoo de Toronto sont au nombre des entreprises qui possèdent l’accréditation AZAC.

Le Zoo de Saint-Édouard ne détient pas cette accréditation.