La SPCA va reprendre la relocalisation d'animaux du Zoo de Saint-Édouard, après que soit survenu un incident impliquant deux tigres, plus tôt cette semaine.

Zoo de Saint-Édouard: la relocalisation des animaux va reprendre

SAINT-ÉDOUARD-DE-MASKINONGÉ — La relocalisation d’animaux du Zoo de Saint-Édouard vers d’autres établissements devrait reprendre sous peu, car le mauvais état des installations du zoo représenterait un risque pour la sécurité publique, selon la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de Montréal.

C’est un incident impliquant deux tigres du zoo, mercredi dernier, qui semble être à l’origine de cette décision. Dans une déclaration écrite, la SPCA a indiqué que les deux animaux sont sortis seuls de leur enclos. Ils sont toutefois demeurés dans un périmètre de sécurité clôturé et des experts de la Humane Society International qui étaient sur place ont réussi à les faire entrer calmement dans leur enclos. Personne n’a été blessé lors de cet événement. Des agents du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), ainsi que de la Sûreté du Québec ont été appelés en renfort, mais leur intervention n’a finalement pas été nécessaire. 

Selon ce que des experts du MFFP et de l’organisme Aquariums et zoos accrédités du Canada (AZAC) appelés par la SPCA ont constaté, la raison de cette escapade est le bris d’une soudure rouillée sur la porte de l’enclos des tigres. La SPCA, qui a arrêté le propriétaire du zoo, Normand Trahan, pour cruauté animale, le 21 mai dernier, indique que plusieurs autres installations sont en mauvais état et que cela justifie le déplacement de nouveaux animaux. 

«Ils (les experts) ont constaté et conclu que certaines installations du zoo, dans l’état où elles sont depuis le début de la perquisition, représentent un danger et que certains animaux doivent être déplacés le plus rapidement possible pour assurer la sécurité publique», peut-on lire dans la déclaration. 

La SPCA indique en outre travailler avec le MFFP et l’AZAC «afin de reloger le plus rapidement possible plusieurs animaux dans d’autres établissements». L’organisme montréalais n’a toutefois pas précisé au Nouvelliste à partir de quand le déplacement d’animaux reprendrait ou s’il avait déjà recommencé. Il s’est refusé à tout autre commentaire, invoquant les procédures judiciaires en cours. 

Depuis le 21 mai, 61 animaux ont été relocalisés par la SPCA et la Humane Society International. Ces saisies avaient cessé il y a une semaine, à la demande de l’avocat de Normand Trahan, qui souhaitait faire faire une contre-expertise sur les conditions de vie, la santé et l’environnement des animaux du zoo. 

Deux tigres du Zoo de Saint-Édouard se sont échappés de leur enclos, mercredi matin, avant d’y être ramenés calmement par des employés de la Humane Society International. Sur la photo, le propriétaire Normand Trahan avec un tigre à leur arrivée au zoo il y a quelques années.

«Ils ne font rien»

Pour Jacinthe Bouchard, propriétaire de Zoo Académie, l’usure des installations ne peut pas justifier la sortie des tigres de leur enclos et encore moins la relocalisation des animaux. Celle qui a produit une contre-expertise après avoir visité le zoo avec une équipe de spécialistes, samedi dernier, critique vertement la SPCA, qui aurait dû selon elle prendre des mesures elle-même pour corriger la situation avant que l’incident de se produise. 

«Arrangez-la, la barrure, mettez une double sécurité! [...] Ils trouvent que les clôtures ne sont pas sécuritaires, mais ils n’ont rien fait! Arrêtez de parler et faites quelque chose. Ils ont du budget, ils ont plein de dons. C’est ça un peu qui me fâche.»

Mme Bouchard ajoute toutefois que si les tigres ont réintégré leur enclos sans problème, c’est qu’ils ne sont pas malheureux au zoo. «Un tigre qui n’est pas bien et qui veut fuir, on ne peut pas attraper ça, parce qu’on ne veut pas le tuer», soutient-elle. 

La propriétaire de Zoo Académie assure que d’autres actions sont prévues pour que cesse la relocalisation d’animaux, à laquelle elle est opposée. Elle a lancé une pétition en ligne qui avait déjà recueilli plus de 3600 signatures, vendredi en début de soirée. Une conférence de presse devrait également avoir lieu la semaine prochaine pour annoncer d’autres actions, indique Mme Bouchard. 

Une campagne de financement sur la plateforme GoFundMe a également été lancée par une conseillère municipale de Saint-Édouard-de-Maskinongé, Nancy Beauregard, pour aider Normand Trahan à payer les frais engendrés par le procès qu’il doit subir. Un peu plus de 1300 $ avaient été recueillis en date de vendredi. 

Le transport d’animaux du Zoo de Saint-Édouard vers d’autres établissements devrait reprendre prochainement, a indiqué la SPCA de Montréal, vendredi.

Pas de date d’audition

L’avocat de Normand Trahan, Me Michel Lebrun, a indiqué au Nouvelliste avoir été informé de l’incident impliquant les deux tigres, de même que de la volonté de la SPCA de reprendre la relocalisation des animaux, qui avait été interrompue il y a une semaine. Il a préféré s’abstenir de commenter la situation. 

«Je maintiens la position que j’ai depuis le début, c’est-à-dire que les animaux restent et que mon client reprenne son zoo», s’est-il contenté de dire. 

Me Lebrun a déposé une requête devant la Cour supérieure visant à faire annuler les mandats de perquisition, ainsi que deux requêtes de restitution de biens saisis. Aucune date d’audition pour ces requêtes n’a encore été confirmée, indique l’avocat. 

La date de comparution de Normand Trahan est fixée au 21 juin. Il est passible d’une peine maximale de cinq ans, en vertu du Code criminel.