Normand Trahan, propriétaire du Zoo de Saint-Édouard, dit avoir passé toute sa vie à s’occuper d’animaux.
Normand Trahan, propriétaire du Zoo de Saint-Édouard, dit avoir passé toute sa vie à s’occuper d’animaux.

Zoo de Saint-Édouard: «Ils disent n’importe quoi»

Matthieu Max-Gessler,  Initiative de journalisme local
Matthieu Max-Gessler, Initiative de journalisme local
Le Nouvelliste
SAINT-ÉDOUARD-DE-MASKINONGÉ — Le propriétaire du Zoo de Saint-Édouard, Normand Trahan, accusé de cruauté et de négligence envers les animaux, est sorti de son mutisme cette semaine, après avoir appris le décès de «Norm», le lion emblématique du Zoo, en cour, jeudi. Encore très émotif lorsqu’il parle de cet animal, M. Trahan s’est défendu face aux accusations qui pèsent contre lui. Il affirme également garder l’espoir de revoir ses bêtes et de reprendre les activités de son zoo.

«C’est dur pour tout de suite. C’est la mort de Norm qui a fait déborder le vase. [...] Mon lion Norm, il me répondait tout le temps, il venait m’embrasser sur le bord de la clôture», se remémore péniblement M. Trahan.

Le propriétaire du zoo, arrêté le 21 mai dernier par la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de Montréal, qui a ensuite perquisitionné son zoo et saisi ses animaux, s’est adressé brièvement aux médias après son passage au palais de justice de Trois-Rivières, jeudi. Vendredi, il a accepté d’accorder une entrevue à des médias de la région, se disant lassé de n’entendre que du mal dit de lui dans la presse.

«Je suis tanné de me faire fesser sur la tête, de passer pour un criminel, un pas bon, un tout nu. Ils ne montrent pas les preuves (de maltraitance) parce qu’ils n’en ont pas à montrer. Je suis très déçu de ce qui se passe. Ils disent n’importe quoi», se défend-il

«C’est dur, de tomber à rien d’un coup sec, de tout t’être fait voler tes affaires. Il y avait d’autres solutions que ça (l’intervention de la SPCA). Des personnes l’ont dit, mais ils n’ont pas écouté», déplore M. Trahan.

Espoir

Malgré tout ce qu’il a vécu depuis son arrestation, avec la saisie et la relocalisation de ses animaux et son passage en cour, M. Trahan dit garder espoir de pouvoir revoir ses animaux et les ramener dans son zoo. Le septuagénaire croit également toujours possible qu’il puisse opérer à nouveau son zoo et le vendre, ce qu’il tentait de faire depuis quelque temps, avant les événements du printemps dernier.

Normand Trahan garde espoir de retrouver ses animaux et de pouvoir ouvrir à nouveau son zoo, même s’il souhaite le vendre.

«J’ai l’espérance qu’ils (les animaux) vont revenir. Ils ne peuvent pas garder 300 bêtes et ne pas savoir ce qu’ils vont faire avec. D’après moi, ils n’avaient pas l’expérience pour les pogner. Ils se sont trompés un peu quand ils ont fait ça. J’espère en récupérer; pas tous, mais une bonne partie. Je reste optimiste», soutient M. Trahan.

«J’ai beaucoup d’espoir de repartir (le zoo), mais je veux vendre. Il y’en a, du monde intéressé, mais c’est l’argent qui leur manque, souvent», ajoute-t-il.

M. Trahan souligne avoir passé sa vie, depuis son enfance, à s’occuper d’animaux. Il ne se voit pas faire autre chose des années qu’il lui reste avant de prendre sa retraite.

«J’ai toujours vécu là-dedans, j’ai commencé à 23 ans sur ma ferme, à Yamachiche, à garder des animaux exotiques. Ça fait 30 ans que j’ai acheté le zoo. Je ne me vois pas faire autre chose que de m’occuper d’eux», confie-t-il.

Pas seul

Peu après l’intervention de la SPCA, des citoyens et des élus de Saint-Édouard-de-Maskinongé avaient manifesté leur appui envers le propriétaire du zoo. Une campagne de sociofinancement avait également été lancée pour l’aider à payer ses frais de défense. Sept mois après les événements, M. Trahan affirme qu’il reçoit encore beaucoup de soutien.

«Il y a encore beaucoup de gens qui m’appuient, qui m’aident beaucoup. Ils me soutiennent, me disent que ça n’a pas de sens. J’en ai sauvé, des bêtes. C’est sûr qu’il en meure de temps en temps, c’est comme ça, c’est normal. Mais on en a sauvé», rappelle-t-il.

Rappelons que dans le cadre du procès contre M. Trahan, la poursuite a déposé cette semaine une requête dans le but de permettre de faire stériliser les animaux saisis l’an dernier. C’est alors qu’il a été possible d’apprendre que 18 animaux sont morts ou ont fui depuis les perquisitions menées. Par la voix de son avocat, M. Trahan a affirmé n’en avoir été informé que cette semaine, ce que la SPCA a nié.