Roger Michaud est le maire de Maskinongé.

Zones inondables: une coalition pour la modification des règles

Une coalition de différentes municipalités entourant le lac Saint-Pierre, dont Maskinongé et Louiseville, est en train de prendre forme pour inciter le gouvernement du Québec à modifier les règles encadrant les secteurs en zone inondable afin de réduire les restrictions imposées aux projets de construction.
Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, a fait les manchettes la semaine dernière en raison de son appui à la requête de deux citoyens qui contestent la révocation d'un permis de rénovation par la Ville de Louiseville. Ces citoyens habitent le secteur du lac Saint-Pierre, en zone inondable, où on ne peut ériger une nouvelle maison. Ils ont perdu leur droit acquis de reconstruire un chalet, la Ville soutenant que la démolition de leur propriété entraîne la perte de la valeur de la bâtisse de plus de 50 %.
Yvon Deshaies est le maire de Louiseville.
M. Deshaies a expliqué que sa démarche était surtout pour dénoncer le fait que les municipalités n'ont pas le choix d'appliquer des règlements adoptés en respect des exigences gouvernementales. Son voisin, Roger Michaud, affirme qu'il est plus que temps que le gouvernement permette aux municipalités de gérer elles-mêmes le développement de leur territoire. Voilà pourquoi le maire de Maskinongé se promet de joindre les rangs d'un regroupement de municipalités initié par la Municipalité de Saint-Barthélemy afin de convaincre le gouvernement de changer les règles du jeu.
«Une Municipalité doit être concordante (dans ses règlements) avec la MRC, qui elle aussi doit être concordante avec le gouvernement. Ce ne sont pas les municipalités qui gèrent leur territoire, ce sont des fonctionnaires de Québec qui bien souvent n'ont jamais vécu en milieu rural et en zone inondable», lance le maire de Maskinongé. 
«Je comprends Yvon Deshaies, parce qu'à Maskinongé, c'est aussi un problème. Il n'est pas contre sa Ville. Il est contre l'Environnement qui a des règles de fous. Mais les gens qui sont installés en zone inondable sont là depuis la fondation des municipalités. L'Environnement veut que les gens se tassent de là. Selon moi, c'est de la discrimination. Les gens sont déjà là, il y a des services municipaux comme l'aqueduc et une route, pourquoi les empêcher de vivre?»
M. Michaud habite dans la partie sud de Maskinongé où la cote de récurrence d'inondation est de 20 ans. Il veut mener cette bataille afin de faire réaliser au gouvernement du Québec que toutes les restrictions de construction dans ces zones inondables ont un impact sur la capacité des municipalités à aller chercher des revenus de taxation.
«Actuellement, si tu démolis une résidence et qu'elle perd plus de 50 % de sa valeur, tu ne peux pas reconstruire. Si tu veux ajouter un bâtiment accessoire, tu es limité dans la grandeur à 30 mètres carrés. Nous, on veut avoir la cote réelle. Les cotes, aujourd'hui, c'est pas la même affaire qu'en 1980, car on a moins d'eau au printemps. Les nouveaux propriétaires pourraient bâtir leur maison selon la cote d'inondation de 100 ans et la Sécurité civile ne paierait plus pour des dommages. Pourquoi brimer le développement de 10 résidences à 200 000 $ qui rapporteraient des taxes? Qu'il y ait 25 résidences ou 30 dans ces zones, qu'est-ce que ça change?»
Yvon Deshaies confirme avoir été approché par Saint-Barthélemy dans cette lutte qui s'annonce ardue. Le maire de Louiseville appuie évidemment la position avancée par cette localité de Lanaudière, voisine de Maskinongé.
«Je suis d'accord avec cette approche-là. À Louiseville, ça ralentit des projets de construction. C'est ça qui nous tue actuellement. Et je comprends notre service d'urbanisme. Il applique la loi. Et selon ce que j'ai comme information, Louiseville n'a pas le pouvoir de changer la règle.»
Vérification faite par Le Nouvelliste, les règlements municipaux doivent se conformer au schéma d'aménagement des MRC qui les établissent en respectant les orientations gouvernementales concernant la gestion des zones inondables.
Le maire de Saint-Barthélemy, Jacques Patry, confirme qu'une ronde de rencontres a été lancée avec les municipalités riveraines du lac Saint-Pierre pour trouver des appuis à sa démarche.
«On sensibilise d'autres municipalités, car on conteste les cotes d'évaluation d'inondation. D'après nous, les cotes du gouvernement ne sont pas correctes.»
M. Patry refuse de donner davantage de détails concernant ce projet, préférant avoir réglé l'ensemble du dossier avant de faire une annonce officielle qui devrait être effectuée en février ou en mars.