La ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, saluant le directeur de l’Aménagement et du développement urbain à la Ville de Trois-Rivières, Robert Dussault, en présence de Marianne Méthot, directrice de cabinet du maire Jean Lamarche, et Geneviève Dubois, mairesse de Nicolet.

ZIS: nouvelle carte dans deux semaines

Bécancour — Au terme d’une rencontre jeudi avec plusieurs maires de la région, la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, a su calmer les vagues soulevées par la fameuse zone d’intervention spéciale (ZIS) en annonçant un arrêté ministériel dans la semaine du 26 août qui déterminera les zones inondables à la lumière des informations reçues.

«Tout le monde va savoir où s’en tenir quand on va signer l’arrêté. Les gens ont également jusqu’à lundi pour nous remettre toutes les informations au niveau de leurs résidences. Et s’il y a des modifications particulières à travailler, on va refaire un arrêté ministériel en septembre. C’est certain qu’on n’abandonnera jamais les municipalités, on va toujours les accompagner. Alors, j’invite vraiment les gens à nous donner les informations qu’on a besoin. Il y a déjà beaucoup de dossiers qui avaient été réglés», a-t-elle fait savoir lors d’une mêlée de presse à Bécancour.

Malgré les critiques, la ministre soutient que «c’était la bonne manière de faire». «Quand il arrive quelque chose, une catastrophe, peu importe la situation, il faut délimiter un territoire. C’est ce qu’on a fait, avec le ministère de l’Environnement qui, lui, fait la cartographie. On n’a pas ratissé large, on est allé pour une question de sécurité des citoyens», affirme-t-elle.

Par ailleurs, celle-ci tient à rassurer les citoyens «qu’au niveau de tout ce qu’il y a eu d’inondations, le gouvernement a été très proactif». «On a été très rapide avec la Sécurité publique, on a agi rapidement, mais il ne faut pas oublier que les inondations, ça coûte une fortune aux citoyens. Notre démarche est responsable et notre gouvernement a pris vraiment la meilleure solution de créer la ZIS», croit Mme Laforest.

À son avis, avec les photos aériennes prises en 2019, «on ne peut rien cacher». «Une photo aérienne, ça veut tout dire. On a les cotes de crues, les photos aériennes, les photos satellitaires, on a les adresses de la Sécurité publique, on a toutes les données importantes, alors, on sait vraiment où on peut être en zone inondable, où on a été inondé. Par contre, par arrêté ministériel, on revoit tout le territoire au complet, et c’est ce qu’on fait», explique-t-elle.

Ainsi, après l’arrêté ministériel prévu dans la semaine du 26 août, les maires ont 15 jours pour réclamer d’autres modifications. «Le travail est très précis, c’est un travail de professionnels qu’on fait, tout est vraiment fait avec précision», insiste la ministre Laforest.

Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, échangeant avec ses homologues de Bécancour et Maskinongé, respectivement Jean-Guy Dubois et Roger Michaud.

Le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, s’est dit très satisfait de la rencontre. «Évidemment, on comprend l’inquiétude des citoyens. En se promenant comme ça, la ministre démontre son intérêt à écouter. Je pense qu’on a rassuré les maires. J’aime mieux qu’on ait créé peut-être cette espèce d’incertitude en bougeant, il fallait qu’on règle des dossiers. Je pense qu’à la fin, tout le monde va être satisfait. J’aime mieux recevoir ça comme reproche que l’année prochaine, on se retrouve dans la même situation et qu’on nous dise: vous n’avez rien fait. Personne va pouvoir nous reprocher ça», a-t-il commenté.

Son collègue de Maskinongé, Simon Allaire, a signalé l’ouverture de la ministre. «La rencontre a aussi permis de soulever des cas particuliers et on va avoir une approche particulière. On va travailler en équipe pour résoudre ces problématiques-là», a-t-il confié.

D’ailleurs, la mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois, dit avoir apprécié «qu’on ait vraiment pris le temps de regarder nos particularités». «C’est important, on ne souhaite pas qu’il y ait du mur-à-mur qui se fasse, on souhaite que nos réalités propres soient prises en compte. On sait mieux à quoi s’en tenir», a-t-elle déclaré.

Son homologue de Trois-Rivières, Jean Lamarche, était heureux d’avoir pu s’exprimer franchement. «Maintenant, chacun a livré ou offrira un livrable d’ici au 19 août, et on verra par la suite vers quoi ça va cheminer», a-t-il dit. «Ils ont pris en note les problèmes de chacun et ça, c’est important, parce que tu as beau parler, si tu ne prends pas en note, tu t’en vas et tu l’oublies», renchérit le maire de Maskinongé, Roger Michaud.

De son côté, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, dit avoir hâte que ses citoyens aient réponse à leurs questions, et ce, le plus rapidement possible. «Et ma deuxième préoccupation, c’est qu’on ne soit pas considéré sur une base unilatérale à la grandeur du Québec. On a des particularités au Coeur-du-Québec, et on doit nous traiter selon cette réalité qui est très différente de beaucoup d’autres endroits», précise celui qui juge tout de même correct tout ce questionnement sur les inondations.

Finalement, il a été possible d’apprendre qu’un comité d’aménagement du territoire, composé de quatre ministres et de représentants du monde scientifique et municipal, va commencer à se réunir dès la semaine prochaine en prévision des prochaines inondations.

«On va revoir tout le Québec, au niveau des barrages, des digues. C’est assez les citoyens qui sont inondés par-dessus inondés, et c’est assez aussi les contribuables qui paient énormément pour les inondations», conclut la ministre Laforest.