Près de 200 citoyens se sont entassés dans l’église multifonctionnelle de Bécancour pour en savoir plus sur la ZIS.

ZIS: mobilisation à Bécancour

BÉCANCOUR — Décidément, la fameuse zone d’intervention spéciale (ZIS) décrétée par Québec ne cesse de créer des remous. Alors que près de 200 citoyens ont participé mardi à une soirée d’information à Bécancour, somme toute plutôt calme, voilà que le gouvernement vient de retirer de la liste 17 entités municipales de l’ouest de l’île de Montréal. Et mercredi, l’opposition officielle débarque en région pour se mêler du dossier.

«Je suis à l’aise avec l’orientation de notre gouvernement. On est un gouvernement qui a dit qu’on bougerait et qu’on serait efficace», a affirmé au Nouvelliste le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel.

Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, a présidé cette rencontre d’information sur la ZIS.

Celui-ci rappelle les deux inondations qui, dit-il, ont mobilisé beaucoup de ressources de l’État et des municipalités dans les trois dernières années. «Si on avait rien fait, je pense que les gens pourraient nous le reprocher. Évidemment, ça met de la pression, c’est l’été, mais si on veut être prêt pour le printemps prochain, je pense qu’il fallait agir», soutient-il.

Selon lui, le nouvel arrêté ministériel peut s’expliquer par le fait que «le travail s’est effectué assez rapidement dans l’ouest de Montréal». «J’ai dit aux Villes de Nicolet et Bécancour qu’aussitôt qu’ils me soumettraient leurs recommandations, je les soumettrais au ministère et des décisions rapides seront prises», précise le député caquiste.

«Maintenant, je m’attends à ce qu’il y ait un travail rigoureux qui soit fait par la Ville de Nicolet et la Ville de Bécancour, et je n’ai pas de doute quand je dis ça. Je leur ai assuré que je travaillerais en collaboration avec eux pour essayer de régulariser la situation des deux villes le plus rapidement possible. Je comprends l’inquiétude des gens, je comprends aussi qu’il y a des personnes qui sont retardées dans leur projet, mais il faut savoir que ces actions prises par le gouvernement étaient nécessaires, compte tenu des pressions qu’on avait pour la construction dans des zones inondables et des recours juridiques qui étaient enclenchés. Donc, on n’avait pas le choix d’agir de cette façon-là», renchérit M. Martel.

Or, son absence à la réunion tenue à l’église multifonctionnelle de Bécancour aura été soulignée par l’un des citoyens présents. «Nous avons un député caquiste? Il aurait dû être ici», a-t-il lancé, soulevant des applaudissements. À sa défense, le maire Jean-Guy Dubois a dit lui avoir parlé avant la rencontre.

D’ailleurs, celle-ci n’aura duré que 45 minutes, incluant des explications sur la ZIS et ses impacts sur le territoire. Le premier magistrat aura visiblement réussi à rassurer les gens présents sur la défense de leurs intérêts auprès de Québec. En réponse à l’une des rares questions posées, M. Dubois a incité les citoyens touchés à mettre de la pression sur le gouvernement. «On devrait s’en sortir de cette situation-là, qui nous a été imposée. Il y a plein de monde déçu et choqué», avait-il déclaré en ouverture.

À Trois-Rivières, le maire Jean Lamarche se dit préoccupé par rapport au délai de réponse à la demande. Deux rapports ont été produits en juillet. Et sur les 1500 résidents contactés, 370 ont signifié leur désir de vouloir se soustraire à la ZIS.

«Pour nous, la Ville de Trois-Rivières, ça veut dire que l’on doit traiter 370 dossiers avec des gens qui, au préalable, ne savaient même pas qui pouvaient être concernés par ça. Parfois, il y avait des gens qui n’avaient aucune idée qui pouvaient se trouver dans une zone inondable et qui contestent ce fait-là, souvent avec raison», rapporte le premier magistrat.

«On est favorable évidemment, comme certainement la majorité des municipalités, à ce qu’on prenne des actions. Mais il faut prendre des actions avec les gens concernés. Là, nous, on travaille beaucoup avec les gens qui ne le sont pas en ce moment et ce qu’on veut, c’est de pouvoir remettre leur dossier complet», poursuit-il.

Ce dernier fait remarquer que le délai de réponse, fixé au 19 août, est très serré. «Et ça vient difficile pour nous, non pas qu’on ne veut pas agir rapidement, mais parce qu’on veut le faire aussi correctement», souligne M. Lamarche.

Par ailleurs, il explique avoir déjà demandé à la ministre Andrée Laforest une extension le 17 juillet dernier. «On a semblé ouvert, mais on n’a jamais eu de retour là-dessus. C’est sûr que nous en ce moment, il faut travailler avec la date du 19 août, on n’a pas le choix. Je ne cacherai pas que ça devient un délai qui est à la limite du raisonnable parce que nous, de notre côté, on a libéré une personne à temps plein là-dessus. Ça affecte aussi l’ensemble des équipes. C’est colossal», admet le maire trifluvien.

Ce qui ne l’empêche pas de penser que la démarche de créer des zones inondables, «avec tout ce que cela entraîne»,repose sur des bases qui sont «quand même nobles».

«On comprend, l’ensemble des citoyens comprennent ça. Maintenant, ce qu’il faut, c’est que ça soit des citoyens concernés qui soient affectés par ça et non ceux qui ne le sont pas», soulève M. Lamarche. Pendant ce temps, d’autres municipalités telles que Maskinongé et Pierreville ont reçu des demandes d’exclusion de plusieurs dizaines de citoyens.

Finalement, mercredi, la députée de Vaudreuil et porte-parole libérale en matière de sécurité publique, Marie-Claude Nichols, sera de passage en Mauricie-Centre-du-Québec pour prendre le pouls de la population et des élus municipaux concernant la cartographie des ZIS.