Yvon Deshaies est ici photographié en décembre 2019, alors que la Ville de Louiseville lançait une campagne de sensibilisation portant sur le respect envers les employés municipaux.
Yvon Deshaies est ici photographié en décembre 2019, alors que la Ville de Louiseville lançait une campagne de sensibilisation portant sur le respect envers les employés municipaux.

Yvon Deshaies se dit victime de menaces: «Il faut que ça arrête»

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
Louiseville — «Il faut que ça arrête, les menaces. Il y a des limites. En plus, si on laisse faire ça, les gens ne se présenteront plus en politique.»

Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, sera au palais de justice de Trois-Rivières en décembre à titre de témoin dans une cause de menaces. L’accusé, Michel Lacoursière, s’en serait pris verbalement au maire et à sa conjointe, insatisfait de certaines mesures municipales prises à son endroit. Il est accusé d’avoir proféré des menaces de mort ou de lésions corporelles.

D’après Yvon Deshaies, il est fréquent que des citoyens mécontents se laissent aller un peu trop verbalement lorsqu’ils interpellent des élus ou des employés municipaux. C’est la raison pour laquelle la Ville a lancé, en décembre 2019, une campagne de sensibilisation portant sur le respect. Mais la goutte qui a fait déborder le vase est survenue quelques mois auparavant et a contribué au lancement de cette campagne.

«On est dans la piscine, on est tranquille, chez nous, le 18 juillet 2019. Il est monté sur un toit et il a fait des menaces. Des menaces de mort, j’en ai eues depuis que je suis maire. Le dossier des muselières obligatoires (durant les événements publics comme le Festival de la galette de sarrasin), c’est pas tout le monde qui est content de ça. J’ai parlé pour la peine de mort, quelqu’un m’a dit qu’il allait me pendre. Je m’attends à ça. Mais là, ma blonde s’est mise à pleurer. Là, ça fait. Il est venu s’attaquer à elle, elle qui ne se mêle pas de politique. Faut que ça arrête», dit M. Deshaies, qui a décidé d’avoir recours à la police.


« On est dans la piscine, on est tranquille, chez nous, le 18 juillet 2019. Il est monté sur un toit et il a fait des menaces. »
Yvon Deshaies

Cette sortie publique d’Yvon Deshaies survient quelques jours après que le maire de Pierreville, Éric Descheneaux, eut annoncé qu’il quittait son poste. Selon M. Descheneaux, des propos hargneux et homophobes ont été tenus à son endroit, ce qui a contribué à sa décision.

Ce genre de comportement adopté par certains citoyens est tout sauf un incitatif à vouloir faire de la politique, insiste Yvon Deshaies.

«Moi, j’ai la couenne dure. Mais bien des gens vont dire: on n’y va pas, on mange des bêtises.»

Le procès de Michel Lacoursière doit avoir lieu les 14 et 16 décembre au palais de justice de Trois-Rivières.