Yves Perron, le président du Bloc québécois, sera candidat dans la circonscription de Berthier-Maskinongé aux élections fédérales.

Yves Perron: «J’ai commencé quelque chose en 2015 que je veux terminer»

Berthierville — La candidature du président du Bloc québécois, Yves Perron, dans Berthier-Maskinongé a été confirmée samedi. Il tentera pour une seconde fois de détrôner la députée du NPD, Ruth Ellen Brosseau, lors des élections fédérales de l’automne prochain.

«J’y retourne parce que j’ai commencé quelque chose en 2015 que je veux terminer, explique M. Perron. Et je pense que la persévérance, c’est une qualité appréciée par les gens de la Mauricie et de Lanaudière. Les gens voient que (ma candidature), ce n’est pas un feu de paille.»

M. Perron se dit par ailleurs optimiste de reprendre Berthier-Maskinongé, représentée par le Bloc pendant plusieurs années avant la vague orange de 2011. Celle-ci avait mené à l’élection de nombreux députés du NPD au Québec et à la déconfiture du parti souverainiste. Le candidat misera notamment sur les atteintes à la gestion de l’offre, un dossier que le Bloc aurait selon lui mieux défendu que le NPD.

«Quand on avait une grosse délégation du Bloc à Ottawa, on bloquait toute menace à la gestion de l’offre, souligne-t-il. Le NPD pose des questions, mais depuis 2011, ce qu’on voit, c’est des pertes, quelque chose comme 9 % de pertes dans la gestion de l’offre. Selon l’union des producteurs agricoles, ça représente un mois de salaire pour un agriculteur. Alors il faut regarder les résultats et se rappeler de ce que le Bloc amenait.»

Fin du capital de sympathie?

La députée Ruth Ellen Brosseau avait remporté les élections de 2015 avec une avance plus que confortable sur Yves Perron (42,2 % contre 25,7 %). Ce dernier croit toutefois peu probable que ce scénario se répète l’automne prochain.

«Le contexte était très différent parce qu’à ce temps-ci de l’année, il y a quatre ans, tout le monde disait qu’on aurait un gouvernement néodémocrate, rappelle-t-il. Il y avait une cote de sympathie pour la fille qui avait essayé de s’intégrer dans le comté, ça a joué. Je pense que ça s’est estompé un peu. Pas que c’est une mauvaise personne, mais elle siège pour un parti fédéraliste et les partis fédéralistes, quand c’est le temps de voter pour le Québec, ils ne sont pas tout le temps présents. Je crois que c’est ça qu’il va falloir expliquer aux électeurs.»

Le président du Bloc mise également sur le renouveau au sein de son parti pour lui donner des ailes aux prochaines élections. Le parti a perdu la majorité de sa députation, qui a quitté le parti alors qu’ils étaient en désaccord avec les méthodes de leur ancienne chef, Martine Ouellet. Or, ces députés sont rentrés au bercail et se sont ralliés derrière leur nouveau chef, Yves-François Blanchet, assure M. Perron.

«La chicane est finie, elle était finie avant l’arrivée de M. Blanchet. Il fallait que ce soit fini, pour pouvoir l’attirer. Maintenant, on est unis, on fait bloc, on est debout pour le Québec.»

Le candidat ajoute que le congrès national du Bloc québécois, qui avait lieu récemment à Sorel-Tracy, a aussi permis de mieux souder le parti.

M. Perron souligne par ailleurs qu’en plus du chef du parti, huit des dix députés du Bloc avaient indiqué qu’ils assisteraient à son investiture, samedi. «Ceux qui ne sont pas là en sont désolés, mais c’est parce qu’ils avaient des événements dans leur comté», assure-t-il.

En plus de Ruth Ellen Brosseau, Yves Perron affrontera Josée Bélanger, candidate pour le Parti conservateur. Le Parti libéral du Canada n’a pas encore annoncé de candidature pour la circonscription.