Yves Lévesque consacre la plupart de son temps ces jours-ci à s’amuser avec ses petits-enfants, dont le jeune Charles, âgé d’un an et demi.

Yves Lévesque, le calme avant un retour?

TROIS-RIVIÈRES — Le rythme de vie a drôlement ralenti depuis un mois pour Yves Lévesque. L’ex-maire de Trois-Rivières et candidat conservateur défait dans Trois-Rivières a troqué le veston pour le jeans, et est passé de l’énergie d’une campagne électorale à l’énergie de ses petits-enfants qu’il garde presque quotidiennement avec bonheur.

Un peu plus d’un mois après l’élection qui se sera soldée pour lui par une troisième position dans la circonscription de Trois-Rivières, le politicien de carrière est plus posé et patient que certains autres de ses collègues défaits un peu partout au Québec: pas question, du moins pour l’instant, de jeter la pierre à son chef Andrew Scheer et d’exiger son départ. Et malgré la déception, Yves Lévesque n’est pas non plus prêt à tourner le dos à la politique.

«Il ne faut jamais dire jamais. Dans cette campagne, j’ai travaillé aussi fort que lors de l’élection de 2001 à la nouvelle ville de Trois-Rivières. L’intérêt de défendre Trois-Rivières est toujours là, et j’ai encore le goût parce qu’on a encore du chemin à faire», croit-il. Toutefois, avant d’envisager un retour en politique dans une élection qui pourrait arriver plus vite qu’on le pense en situation de gouvernement minoritaire, Yves Lévesque estime que les conservateurs et leur chef Andrew Scheer doivent prendre le temps de faire le post-mortem de la campagne.

«Il y en a qui sont prêts à lui montrer la porte tout de suite, mais ce n’est pas mon cas. On a des questions à se poser, des réflexions à faire sur ce qui n’a pas marché. Le message durant la campagne a bifurqué sur des valeurs sociales plutôt que sur les idées du programme, et notre réponse n’est pas venue assez rapidement, je crois», constate Yves Lévesque, faisant spécifiquement référence à la question du droit à l’avortement.

«Il y a des gens sur le terrain qui me disaient qu’ils m’aimaient, mais qu’ils n’aimaient pas mon chef. Mais il faut regarder au-delà des préférences de chacun. Andrew Scheer, comme personne, a des valeurs qui lui sont propres, mais il a été clair qu’il ne rouvrirait jamais ce débat. Et jamais 75 hommes et femmes du Québec n’auraient accepté d’embarquer avec lui si ça avait été le cas», croit Yves Lévesque, qui clame que le véhicule conservateur a toujours été celui qui répondait le mieux à ses aspirations, et ne regrette en aucun temps avoir porté les couleurs de ce parti, bien au contraire.

Mais croit-il que le chef doit quitter? «C’est vraiment trop tôt pour répondre à cette question. On n’a pas réalisé les gains qu’on souhaitait au Québec, et dans la défaite, il faut se poser des questions. Est-ce que les défis qui nous attendent peuvent être surmontés par le chef? Ou si au contraire, ils sont insurmontables et ça prend quelqu’un de nouveau? Je ne suis pas prêt à jeter le bébé avec l’eau du bain. Présentement, Andrew Scheer fait une tournée canadienne pour entendre ce que nous avons à dire. Ça s’est fait dans le respect lundi soir pour nous. Il est intelligent et grand, il va prendre des notes et évaluer s’il est capable de surmonter les défis», considère Yves Lévesque.

Les résultats de l’élection l’ont tout de même laissé quelque peu perplexe.

«On a voté sur des émotions. Mais je demanderais à la plupart des gens de me nommer trois engagements de la plateforme du Bloc québécois et je suis convaincu que la majorité ne pourrait pas. Au Québec, on a renvoyé le Parti québécois comme parti de troisième opposition, mais au fédéral on a voté massivement pour le Bloc. J’espère qu’ici, à Trois-Rivières, Louise Charbonneau saura livrer la marchandise. Et tant mieux si elle peut régler les dossiers pour lesquels je tenais à m’engager. Je ne demande que ça, car je continue d’avoir ces dossiers à cœur», lance-t-il.

Maison à vendre

Les plus fins observateurs ont remarqué, depuis les dernières semaines, qu’une pancarte «À vendre» a fait son apparition devant la résidence de l’ancien maire, dans le secteur Trois-Rivières-Ouest. Yves Lévesque se fait toutefois rassurant, il n’a pas l’intention de quitter Trois-Rivières.

«On veut rapetisser, déménager dans plus petit», mentionne-t-il, rappelant que ses quatre fils ont depuis quelque temps quitté la maison familiale.

C’est d’ailleurs pour les épauler qu’il souhaite jouer à fond son rôle de grand-papa ces jours-ci. «Depuis l’élection, je me repose avec ma femme et mes petits-enfants. On passe énormément de temps avec eux, et je me considère choyé de pouvoir le faire», confie-t-il.

Le téléphone a tout de même sonné quelques fois depuis un mois, et des offres dans différents domaines lui ont été faites. «Je n’en suis pas là pour le moment. Je passe du temps en famille», tranche tout simplement Yves Lévesque.