Yves-François Blanchet

Yves-François Blanchet vise la parité

TROIS-RIVIÈRES — Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a lancé vendredi un appel aux candidatures féminines, dans le but d’avoir presque autant de candidates que de candidats aux prochaines élections fédérales. Le Mauricien d’adoption promet par ailleurs de s’attaquer aux obstacles qui jonchent toujours le chemin de celles que la politique pourrait intéresser.

En plus de cet appel aux candidatures, M. Blanchet indique avoir donné la directive aux responsables de son parti qui reçoivent les candidatures de diriger systématiquement les candidates potentielles vers le Groupe Femmes, Politique et Démocratie, à Québec. «J’ai découvert que ce groupe offrait des services aux femmes qui songent à se présenter en politique, afin de les guider dans leur réflexion, explique-t-il. Je trouvais que c’était vraiment une bonne manière pour que les femmes qui veulent prendre cette décision le fassent de façon éclairée.»

Le Groupe Femmes, Politique et Démocratie, établi à Québec, offre diverses formations, notamment aux femmes qui souhaitent s’outiller pour participer à la politique municipale, provinciale ou fédérale.

Parmi les obstacles qui peuvent faire hésiter les femmes à se lancer en politique, le chef bloquiste évoque les affrontements entre élus lors des périodes de questions, un aspect de la politique fédérale qui est, selon lui, grossi par la loupe des médias. Il promet d’autre part de s’attaquer à un autre frein aux candidatures féminines, la conciliation travail-famille sur la colline parlementaire.

«Plusieurs femmes pensent que la politique est incompatible avec la vie familiale, dénonce M. Blanchet. Je consulte de mon côté des gens qui vont nous donner une série de recommandations pour offrir un encadrement aux jeunes parents pour qu’ils ne soient pas pénalisés s’ils vont en politique.»

«Une vieille autorité mâle»

Sans préciser si sa conjointe, Nancy Déziel, qui est conseillère municipale du district de la Rivière, à Shawinigan, a été ou est encore victime d’attaques haineuses et sexistes, comme c’est le cas notamment de la conseillère trifluvienne Mariannick Mercure (voir texte en page 3), M. Blanchet indique qu’elle a été témoin de comportements déplacés au sein de milieux de pouvoir où elle siège.

«Elle dénonce souvent des comportements incorrects, même si elle n’en est pas forcément la cible, reconnaît-il. Dans les milieux de pouvoir, moi-même, je le vois, il existe encore un certain nombre de comportements répréhensibles d’une vieille autorité mâle. Je ne parlerai pas pour elle, mais je peux dire qu’elle en est consciente.»

M. Blanchet rappelle toutefois que «toutes les personnalités publiques sont victimes d’attaques vicieuses sur les réseaux sociaux.»

Or, pour combattre de tels comportements et paroles, le chef bloquiste croit que la meilleure méthode est de montrer des exemples de femmes en politique. Mais pour que ces exemples soient plus nombreux, il faut selon lui que les partis politiques en fassent davantage pour atteindre la parité non seulement dans leur députation, mais aussi au sein de leur organisation.

Alors que les candidatures confirmées et potentielles pour le Bloc québécois commencent à se dessiner dans certaines circonscriptions, il est possible que ce soit une femme qui se présente pour le parti à Trois-Rivières. «Je ne le confirme pas, mais je le souhaite, mentionne M. Blanchet. J’ai rencontré plusieurs femmes candidates potentielles pour Trois-Rivières, mais pas d’hommes. C’est la même chose pour Drummond et Richmond-Arthabaska.»

Le chef bloquiste précise cependant que rien n’empêche des hommes de briguer l’investiture dans ces circonscriptions, puisqu’il ne contrôle pas ce processus.