Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, est venu rencontrer des militants du parti lors d’une activité de financement, lundi, à Trois-Rivières. Également sur la photo, immédiatement à sa gauche, Louise Charbonneau, seule candidate à l’investiture pour le parti dans Trois-Rivières.

Yves-François Blanchet ironise sur la candidature d'Yves Lévesque

TROIS-RIVIÈRES — Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, était de passage à Trois-Rivières lundi soir pour une activité de financement organisée par l’association locale du parti. Il a profité de cette activité pour énoncer les thèmes qu’il souhaite défendre pendant la campagne électorale à venir, notamment la transition énergétique et la défense des intérêts du Québec, dont la gestion de l’offre. Il s’en est également pris à Yves Lévesque, candidat conservateur aux prochaines élections.

Même si l’ancien maire de Trois-Rivières a manifestement bénéficié d’un bon soutien populaire lors des dernières élections municipales, qu’il avait remportées avec plus de 50 % des suffrages, sa candidature n’inquiète pas outre mesure M. Blanchet.

«Le vernis de M. Lévesque n’est plus ce qu’il était et il a plus de questions à répondre sur la chance qu’il a d’être malade au bon moment et de ne plus l’être quand ce n’est plus le temps, a lancé le chef bloquiste. Il y a des questions qui vont devoir lui être posées. Qu’est-ce que M. Lévesque va faire au niveau fédéral? Est-ce qu’il a une expertise particulière, un projet de société, une vision, ou est-ce qu’il va simplement transporter les idées du Parti conservateur à Trois-Rivières?»

M. Blanchet refuse par ailleurs de voir la campagne électorale fédérale se transformer en campagne municipale, en raison de la candidature de M. Lévesque et celle, possible, de la conseillère Valérie Renaud-Martin pour le Parti libéral du Canada.

À l’égard de Robert Aubin, qui sollicite un troisième mandat comme député de Trois-Rivières pour le NPD, le chef du Bloc a été plus tendre. «C’est certainement une personne de belles valeurs. Il représente un parti politique centralisateur et fédéraliste qui est contre la laïcité de l’État québécois, mais ça ne veut pas dire que ce n’est pas une personne de belles valeurs que je respecte quand même», a-t-il dit.

Investiture dans quelques semaines

En Mauricie, Trois-Rivières est la seule circonscription électorale à ne pas encore avoir de candidat bloquiste. Seule Louise Charbonneau, l’ancienne présidente de l’exécutif du Bloc québécois à Trois-Rivières, a confirmé son intérêt pour tenter de ramener la circonscription dans le giron du Bloc. Yves-François Blanchet indique cependant que d’autres personnes sont en réflexion, raison pour laquelle il n’a pas voulu trop vanter la candidature de Mme Charbonneau.

«C’est une candidature très intéressante, s’est-il contenté de dire. Mais je ne veux pas dicter le comportement au monde: ce sont les membres qui désignent les candidats au Bloc.»

L’investiture de la candidate ou des candidats, si d’autres personnes se manifestent pour représenter le Bloc à Trois-Rivières, devrait avoir lieu à la fin juin, bien qu’aucune date ne soit encore arrêtée, puisque M. Blanchet dit tenter d’être présent à cet événement dans chaque circonscription du Québec.

Il reste d’ailleurs moins d’une vingtaine de circonscriptions au Québec qui n’ont pas encore officiellement de candidat bloquiste désigné.

L’accent sur l’environnement

Le chef bloquiste s’en est particulièrement pris au Parti libéral du Canada et au Parti conservateur, qui refusent tous deux d’agir, selon lui, pour lutter contre les changements climatiques. Il s’est d’ailleurs servi des inondations qu’a connues la région ce printemps pour illustrer la nécessité d’agir, en commençant par diminuer l’utilisation du pétrole comme source d’énergie.

«Il faut faire la transition vers un modèle économique qui n’est pas basé sur le pétrole», a-t-il soutenu, avant de proposer de réduire la production et la consommation de pétrole au pays de 3 % par année, pendant 30 ans.

Le chef bloquiste a également dénoncé les interventions du gouvernement Trudeau dans le dossier de la gestion de l’offre, alors que le marché canadien a été entrouvert aux producteurs américains dans le Partenariat transpacifique, puis dans le nouvel accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique. Il a aussi critiqué les libéraux pour avoir refusé d’accorder un second contrat de navire de ravitaillement au chantier naval Davie de Lévis, en 2017. «Les autres partis ont abandonné le Québec sur ces deux enjeux», a lancé M. Blanchet.

M. Blanchet a aussi réaffirmé son parti-pris et celui de son parti en faveur de la souveraineté du Québec. Il a par ailleurs annoncé son désir que le Bloc ne soit pas à la remorque des autres partis politiques fédéraux dans la campagne électorale à venir.

«Dans le passé, on a laissé nos adversaires dicter notre agenda, en nous questionnant, par exemple, sur la question de la souveraineté. Ce temps-là est fini. Il y a des gens qui disent que le Bloc devrait faire ceci ou cela, mais le Bloc va faire ce qu’il veut, quand il veut, et ce ne sont pas ces personnes qui vont décider», a-t-il martelé.