Le chef bloquiste profitait d’un passage en Mauricie, dimanche matin, pour aller à la rencontre de sa candidate dans Trois-Rivières, Louise Charbonneau.

Yves-François Blanchet de passage en Mauricie: «Il y a l’air de se passer quelque chose d’intéressant»

Trois-Rivières — Le soleil et les sourires des partisans du Bloc québécois de Trois-Rivières étaient radieux dimanche matin, alors que le chef Yves-François Blanchet profitait d’un passage en Mauricie pour faire un détour par les Délices d’automne, pour un rapide bain de foule. Si un arrêt était déjà prévu plus tard en matinée à Louiseville, au Festival de la galette de sarrasin, où le parti procédait à une annonce en matière d’accès à Internet haute vitesse et à la téléphonie cellulaire en région, le passage de la caravane bloquiste par Trois-Rivières s’inscrit dans ce qui peut être perçu comme une redéfinition de la stratégie du chef, à la lumière des récents sondages qui témoignent d’une montée du parti dans les intentions de vote.

Malgré une conjoncture qui lui semble favorable, le chef bloquiste dit vouloir demeurer modeste. Or, il convient qu’il est difficile de faire fi de ce qu’il sent sur le terrain. «On observe bien, comme n’importe qui d’autre, qu’il y a l’air de se passer quelque chose d’intéressant, on observe bien qu’il y a des circonscriptions où l’accueil est particulièrement chaleureux, et ça nous donne l’occasion d’aller dans des endroits qu’on n’aurait pas imaginé aussi envisageables pour le Bloc québécois, il n’y a pas si longtemps», déclare-t-il. 

M. Blanchet soutient par ailleurs qu’au lendemain d’une journée de pause à la maison, à Shawinigan, un court arrêt dans la circonscription de «Louise» était dans l’ordre des choses, faisant ici référence à Louise Charbonneau, sa candidate dans Trois-Rivières. Après un rapide tour des kiosques aux Délices d’automne et quelques poignées de main, la délégation bloquiste a mis le cap sur Louiseville. 

Autonomie en matière d’Internet et de téléphonie cellulaire

Devenu un incontournable des campagnes électorales, surtout en région, Yves-François Blanchet a fait état des engagements de son parti en matière de téléphonie cellulaire et d’accès à Internet haute vitesse. Flanqué de son candidat dans Berthier-Maskinongé, Yves Perron, le chef bloquiste a tenu un point de presse au centre-ville de Louiseville, où il s’est à nouveau fait le défenseur des revendications du gouvernement québécois.

M. Blanchet souligne que si les enjeux de télécommunication sont de juridiction fédérale, le Québec a été poussé à agir devant les délais qui n’en finissent plus et un plan d’ensemble qui tarde à se mettre en place. Le Bloc propose ainsi de transférer immédiatement 500 millions $ au gouvernement du Québec afin de lui permettre de remplir son engagement de brancher l’ensemble du territoire d’ici 2022. Il s’agirait ici d’égaler le montant que Québec entend déjà investir pour arriver à ses fins.

Le terrain de bataille de Berthier-Maskinongé

Alors que s’amorce la dernière ligne droite de la campagne électorale, la présence de M. Blanchet à Louiseville, en plein week-end du Festival de la galette de sarrasin, se veut un coup de pouce à son candidat Yves Perron, qui doit affronter la populaire députée sortante Ruth Ellen Brosseau. Nul ne peut prédire l’issue de cette confrontation. Les derniers sondages placent les deux candidats à égalité, devant les candidates libérale et conservatrice.

M. Perron, qui en est à sa deuxième campagne, compte toutefois profiter de l’élan dont son parti semble bénéficier. «On va avoir un beau 21 octobre», avance-t-il. Son de cloche similaire pour M. Blanchet, qui refuse de commenter le bilan ou la popularité de la députée néo-démocrate sortante. «La candidature d’Yves Perron me semble extraordinairement valable pour la circonscription de Berthier-Maskinongé», résume-t-il simplement.

Artisan de la relance du Bloc québécois, ayant notamment participé au travail de recrutement qui a vu Yves-François Blanchet prendre les commandes du parti, Yves Perron agit également à titre de président de la formation politique. Il ne donne pas de caractère symbolique à sa candidature ou à son éventuelle élection pour autant. «Ce que je veux, c’est travailler pour les gens de Berthier-Maskinongé», maintient-il.

De son côté, Ruth Ellen Brosseau observait la présence du chef bloquiste dans sa circonscription avec philosophie. «C’est le Festival de la galette, c’est un événement populaire, ça attire beaucoup de monde», laisse-t-elle tomber. Elle dit préférer se concentrer sur la campagne qu’elle mène. «On travaille vraiment fort depuis le déclenchement, mais aussi depuis huit ans. Je travaille fort, je suis une députée de terrain. On fait une campagne positive, on parle des enjeux, des priorités, on propose des solutions», déclare la députée néo-démocrate qui sollicite un troisième mandat.