Yvan Toutant était porte-parole de la Ville auprès des médias depuis 2004.

Yvan Toutant: «Je peux partir la tête haute»

TROIS-RIVIÈRES — Yvan Toutant, qui assurait les relations publiques de l’Hôtel de ville de Trois-Rivières avec les médias depuis près de 15 ans, quitte son poste. Dans la foulée de la démission du maire Yves Lévesque le 27 décembre dernier, celui qui occupait la fonction de porte-parole du cabinet du maire depuis 2015 a choisi, d’un commun accord avec la mairesse par intérim Ginette Bellemare, de ne pas renouveler son contrat et de quitter l’Hôtel de ville de Trois-Rivières.

La nouvelle aura plus ou moins surpris les observateurs de la scène politique municipale, alors que même le principal intéressé ne s’attendait pas à persister dans un rôle de personnel politique au-delà de l’élection partielle à la mairie, qui se déroulera d’ici quatre mois. Par ailleurs, dans un contexte de réorganisation complète du service des communications, une volonté de l’actuel conseil municipal, Yvan Toutant reconnaît qu’il n’était peut-être plus à sa place.

«Ce sont les règles du jeu lorsqu’on relève d’un emploi qui est attaché à un contexte politique. J’en ai toujours été conscient et je m’y attendais à un moment ou à un autre, spécialement depuis la démission de M. Lévesque», confie M. Toutant. 

Embauché en 2004 par la Direction des communications de l’époque pour assurer le rôle de porte-parole de la Ville auprès des médias, Yvan Toutant avait été rapatrié au cabinet du maire en 2015 après le démantèlement de la Direction des communications. Ainsi, après avoir été un fonctionnaire pendant onze ans, il est devenu un employé politique et ne cache pas qu’il admirait l’ex-maire Yves Lévesque.

«J’étais un proche de M. Lévesque, je ne l’ai jamais caché. J’aimais travailler avec lui, j’aimais sa vision, son idée du développement de la ville. C’était motivant. J’ai été très fier de travailler à ses côtés pendant toutes ces années. Mais depuis son départ, je me suis retrouvé un peu isolé et je ne voulais pas ça du tout. Je ne voulais pas mettre des bâtons dans les roues de personne», indique celui qui a accepté de s’asseoir avec la mairesse par intérim Ginette Bellemare et de discuter, d’un commun accord, de ne pas renouveler son contrat. 

«Je n’en veux pas à personne. Ça fait partie du jeu. Je peux partir la tête haute et avec le sentiment du devoir accompli», clame-t-il.

La mairesse par intérim, Mme Bellemare, ajoute que dans un contexte de réorganisation imminente du service des communications à la Ville, la présence des nouveaux médias ainsi que la volonté du conseil de miser davantage sur la participation citoyenne, le départ d’Yvan Toutant s’est imposé d’un commun accord. «Nous nous sommes assis ensemble pour en discuter. Dans le cadre de la vision des membres du conseil de revoir le service des communications, M. Toutant aurait pu se retrouver dans une autre tâche que celle qu’il occupe présentement, mais c’est une autre avenue qui s’est présentée», résume Mme Bellemare, qui ajoute que ce n’est pas de gaieté de cœur qu’elle en est arrivée à cette conclusion.

Toutefois, elle indique ne pas avoir demandé le départ de M. Toutant dans une optique de trancher avec l’ancienne administration Lévesque en posant un geste politique. «Si ça avait été le cas, j’aurais aussi demandé le départ du chef de cabinet Jean-Marc Bergeron, mais j’ai demandé à ce qu’il renouvelle son contrat et il a accepté», mentionne Mme Bellemare.

En lien avec le règlement sur les conditions d’emplois du personnel politique à l’Hôtel de ville, Yvan Toutant pourra bénéficier d’une prime de séparation calculée au prorata de ses années de services à l’Hôtel de ville, ajoute Mme Bellemare. 

Quelques conseillers municipaux interpellés par Le Nouvelliste ont préféré ne pas commenter cette nouvelle. Pour sa part, François Bélisle, conseiller de Pointe-du-Lac, indique qu’il serait faux de prétendre que le conseil «a eu la tête d’Yvan Toutant». «Il n’y a pas de chasse aux sorcières. C’était un employé politique, et le personnel politique est toujours attaché à un politicien. M. Toutant était attaché à Yves Lévesque. Maintenant, c’est la prérogative de la mairesse par intérim de décider si elle garde ou non le personnel politique», mentionne-t-il.

Le principal intéressé indique qu’il profitera des semaines à venir pour prendre un peu de recul et laisser la poussière retomber. À bientôt 59 ans, Yvan Toutant indique toutefois qu’il se lancera tout de même à la recherche d’autres projets. «Je n’ai pas encore réfléchi à ce que je voulais faire. Je reste disponible pour de nouveaux défis, je ne ferme la porte à rien», conclut-il.