Patrick Charlebois en entraînement.

World Marathon Challenge: Patrick Charlebois est prêt!

Après plusieurs mois de préparation au cours desquels il a couru entre 120 et 211 kilomètres par semaine, le marathonien trifluvien Patrick Charlebois se dit fin prêt à attaquer le défi de courir sept marathons en sept jours sur sept continents.
C'est un athlète détendu et visiblement en confiance qu'a récemment rencontré Le Nouvelliste. À moins de deux semaines de son départ pour le Chili le 14 janvier, d'où il partira quelques jours plus tard pour l'Antarctique afin d'y courir le premier des sept marathons du World Marathon Challenge le 23 janvier, le conseiller financier de 46 ans peaufinait sa préparation et indiquait que le gros du travail était fait.
Même s'il est habitué de relever des défis de taille sur le plan athlétique, il a avoué qu'il était habité d'une certaine nervosité à l'approche de la compétition qui en sera à sa troisième édition. Il considère donc qu'il se doit de relativiser l'ampleur du défi afin de pouvoir le traverser comme il aimerait le faire, et ce, même si les gens qu'il rencontre depuis quelques semaines répètent que ce qu'il l'attend est gigantesque.
«Le mental est important. Je donne toujours un sens figuré aux choses pour m'aider à accepter le défi. Au lieu de dire que je m'apprête à courir sept marathons sur sept continents en sept jours, j'y vais avec une touche de modestie et je me dis que je vais manger sept desserts sur sept continents en sept jours! C'est ça mon but», lance-t-il à la blague tout juste avant de rappeler qu'un marathon allait précéder chacun de ces sept desserts.
Pour un coureur de la trempe de Patrick Charlebois, qui a notamment complété les six marathons majeurs de la planète au cours des dernières années, la préparation pour une épreuve de 42,2 kilomètres n'a rien de sorcier. À la limite, le faire pendant sept jours consécutifs dans des conditions optimales et au même endroit constituerait un défi relativement facile à relever. Mais l'accomplir en 168 heures, dont 55 consacrées au transport en avion, sur sept continents où les conditions climatiques sont très différentes, c'est une autre paire de manches.
Le Trifluvien a donc dû revoir complètement son approche. Il a notamment embauché un entraîneur réputé, l'olympien Joël Bourgeois, et a eu recours à l'expertise de la nutritionniste Josiane Tanguay. Habitué de ne pas trop changer ses habitudes alimentaires à l'approche d'une course et de ne manger pratiquement rien pendant un marathon, se pencher sur l'aspect nutrition a entre autres été une grande nouveauté pour lui.
«Mon entraîneur m'a dit: ''It's an eating contest!'' C'est celui qui mangera le plus qui va gagner. Il va falloir vraiment manger avant, pendant et après parce que la fin d'un marathon sera le début de l'autre dans ce défi. Pour récupérer le plus possible, il va falloir que je m'hydrate et que je mange le plus possible même si je n'aurai pas faim. J'ai appris pendant l'entraînement que ça sera payant», explique-t-il.
Les spécialistes impliqués dans sa préparation ont également dû adapter leurs méthodes et leur approche en raison de l'ampleur et la complexité du défi.
«Ma nutritionniste Josiane [Tanguay] a mesuré ma masse et pris mon taux de gras. Je me sens un peu comme un rat de laboratoire pour elle. Elle expérimente des produits avec moi. Elle en a profité pour voir ce que ça va donner et prendra les mêmes mesures après», mentionne-t-il avant d'ajouter qu'il avait perdu plus d'une dizaine de livres en prévision de son «périple» athlétique.
Les trois «M»
En ce qui concerne le déroulement du défi, le coureur trifluvien appréhende surtout la portion de 36 heures au cours de laquelle il courra les marathons de Miami (États-Unis), Madrid (Espagne) et Marrakech (Maroc). Faisant référence au fameux mur que frappent les marathoniens autour du 32e kilomètre, il croit que c'est une fois rendu au Maroc qu'il ressentira un sentiment similaire.
«En regardant les résultats des autres éditions, c'est pas mal là que ça passe ou ça casse», précise-t-il.
Jusqu'à maintenant, un peu moins d'une vingtaine de coureurs ont confirmé leur participation. Selon les organisateurs, ils seront une trentaine au départ. S'il réussit, M. Charlebois sera le premier Canadien à inscrire son nom sur la liste de ceux qui ont réussi cette prestigieuse mission depuis sa création.
Au profit de la fondation RSTR
Désireux de profiter de la visibilité que lui offre ce défi, le coureur très impliqué dans la communauté a décidé de mener une campagne de financement au profit de la Fondation régionale pour la santé de Trois-Rivières en parallèle. Jusqu'à maintenant, 18 000 $ ont été amassés. Il prononcera d'ailleurs une conférence le 2 mars prochain, dont les recettes seront remises à la Fondation. Les billets sont d'ailleurs déjàen vente au bureau de cette dernière.
Des adversaires de taille
Parmi les autres concurrents inscrits, deux retiennent l'attention de M. Charlebois. Les Américains Michael Wardian et Ryan Hall seront à surveiller selon lui. Wardian, un spécialiste des ultramarathons, a eu une année faste en 2016 en complétant les six marathons majeurs de la planète sous la barre des 2 heures 30 minutes. En comparaison, M. Charlebois a pris plusieurs années pour réaliser cet accomplissement. Figure emblématique de la course longue distance, Ryan Hall a quant à lui représenté son pays lors du marathon des Jeux olympiques de Pékin en 2008, détient le record américain au demi-marathon et a été le premier américain à courir un marathon sous la barres des 2 heures 5 minutes. Il a pris sa retraite comme professionnel en janvier 2016. Il a fait la couverture de magazines spécialisés en course à pied à de nombreuses reprises.
Des souliers à vendre!
En prévision de son défi, M. Charlebois a acheté six paires de chaussures de course d'un modèle qu'il utilise régulièrement depuis plusieurs années. Il a cependant commencé à ressentir une douleur à un genou la semaine dernière en courant avec ce modèle. En raison de son volume d'entraînement des derniers mois et de l'ampleur du défi qui l'attend, son entraîneur et lui ont convenu qu'il serait mieux qu'il utilise un modèle offrant plus de soutien à ses pieds. Il y a donc maintenant six paires de chaussures de pointure 11 sur le marché de la revente!
En chiffres
Sept marathons:
Antarctique
Punta Arenas (Chili)
Miami (États-Unis)
Madrid (Espagne)
Marrakech (Maroc)
Dubaï(Émirats arabes unis)
Sydney (Australie)
168 heures au total
55 heures de déplacement en avion
30 heures de course
80 000 $ Coût approximatif de l'aventure