L’association Westlake Brothers Souvenir s’est rendue à Shawinigan pour rendre hommage aux vétérans canadiens qui ont contribué à libérer la Normandie lors de la Seconde Guerre mondiale. Sur la photo, Romane Vallée et Charlotte Girard sont en compagnie du vétéran Marcel Girardeau.

Westlake Brothers Souvenir: «je prends ça comme un devoir»

SHAWINIGAN — Perpétuer le souvenir des soldats canadiens qui ont contribué à libérer la France de la domination nazie en 1944, c’est la mission que se sont donnée 30 jeunes Normands qui font partie de l’association Westlake Brothers Souvenir. À travers une tournée en Ontario et au Québec, les participants se sont arrêtés, mercredi, à Shawinigan, une ville symbolique à leurs yeux.

L’association Westlake Brothers Souvenir vise la promotion et la pérennité du devoir de mémoire envers les soldats canadiens qui ont libéré la Normandie d’abord, la France ensuite, et l’Europe enfin, lors de la Seconde Guerre mondiale.

Pour ce faire, les participants se déplacent dans différentes villes pour exprimer leur reconnaissance en organisant des cérémonies commémoratives et surtout, en rencontrant des vétérans de la guerre. Cette initiative existe depuis 2006.

Les jeunes, âgées de 13 à 22 ans, ont traversé l’océan Atlantique pour arriver au Canada, le vendredi 12 juillet. Auparavant, ils ont fait des escales à London, à Sarnia, à Toronto, à Niagara Falls, à Cornwall et à Ottawa. Maintenant au Québec, l’association est arrivée à Montréal et elle se dirige tranquillement vers la capitale. Leur retour en France est prévu le 5 août.

Professeur de formation, Christophe Collet accompagne ses protégés, et ce, depuis maintenant quatre voyages. Selon lui, Shawinigan était un arrêt essentiel pour la tournée.

«Shawinigan est une ville importante pour notre association. C’est là que tout a commencé en octobre 2006, lors de notre première cérémonie. À l’époque, on faisait le voyage dans un cadre purement scolaire. Cette cérémonie restera à jamais gravée dans nos mémoires. Il y avait 12 vétérans devant nous, grelottant de froid, et nos jeunes devant eux ont commencé à craquer. Ils pleuraient face à la charge émotionnelle», raconte le président de l’association.

M. Collet explique qu’un déclic s’est produit dans sa tête à cet instant précis. «On s’est dit que le devoir de mémoire devait prendre une place pleine et entière dans nos vies. Il fallait faire quelque chose qui s’inscrirait à long terme et qui nous permettrait d’avancer», souligne le cofondateur de l’association.

Pour Christophe Collet, président et cofondateur de l’association, il est important de conserver la mémoire des soldats canadiens à qui les Français doivent la paix et la liberté.

La jeunesse normande est pleinement impliquée dans cette tournée. «Les jeunes deviennent les acteurs exclusifs de cette promotion du devoir de mémoire. En conséquence, ce sont les jeunes qui prennent en charge intégralement toutes les cérémonies qu’on met en place», précise M. Collet. Un total de 20 cérémonies seront animées par les participants.

Les Français ont rapidement pris goût à cette expérience qui se révèle chargée de sens pour eux. Romane Vallée, une jeune normande âgée de 22 ans, souligne que cette tournée a pris une place importante dans sa vie.

«Ça fait huit ans maintenant que je fais partie de l’association. Je prends ça comme un devoir. C’est un devoir envers tous ces hommes qui sont venus se battre pour notre liberté. C’est grâce à eux qu’on peut faire tout ce qu’on veut aujourd’hui», estime Mme Vallée, qui est aussi administratrice de l’association.

Charlotte Girard partage les mêmes émotions que sa collègue. «On est la dernière génération à pouvoir rencontrer des vétérans pour les remercier. On nous donne l’occasion de pouvoir parler à ces adultes et de leur dire qu’on ne les oublie pas. On porte un regard sur le passé pour pouvoir créer le futur, en espérant qu’il sera meilleur et qu’on ne va pas faire les mêmes erreurs», renchérit la jeune femme de 21 ans.

Mercredi, la journée se déroulait en trois temps. En matinée, l’association Westlake Brothers Souvenir s’est rendue au cénotaphe de Shawinigan afin de prononcer des discours, chanter des hymnes et déposer des gerbes de fleurs. Par la suite, une réception civique s’est tenue à l’hôtel de ville.

«C’est rare que je voie des jeunes prendre le temps de s’arrêter et se recueillir devant des monuments, des cénotaphes ou des plaques de bronze. Vous faites partie d’une jeune génération tout à fait exceptionnelle. Je pense que c’est important de le souligner et c’est ça qui vous rend unique dans ce que vous entreprenez», appuie le maire de Shawinigan Michel Angers.

Les commémorations se sont terminées avec une réception au manège militaire. L’association Westlake Brothers Souvenir a entre autres été reçue par les membres de la Légion royale canadienne de la filiale 44 de Shawinigan et la filiale 101 de Grand-Mère. Quelques vétérans de la Seconde Guerre mondiale se sont même déplacés pour l’occasion, dont Marcel Girardeau âgé de 99 ans.

L’association porte le nom des trois frères canadiens George, Tommy et Albert Westlake qui sont morts en France à quelques minutes d’intervalle juste après le débarquement de Normandie. Le même jour, leur mère a reçu trois télégrammes pour annoncer le décès de ses enfants.