Des membres de la communauté Atikamekw de Wemotaci ont manifesté près de la voie ferroviaire en Haute-Mauricie.
Des membres de la communauté Atikamekw de Wemotaci ont manifesté près de la voie ferroviaire en Haute-Mauricie.

Wemotaci: «On va continuer à être là»

WEMOTACI — Après avoir demandé que les trains du Canadien National ne circulent pas pendant 24 heures, soit de lundi midi à mardi midi, les traditionalistes de Wemotaci ont accepté de réduire cette période à 12 heures, mais entendent bien assurer une présence le long de la voie ferrée afin d’être prêts à toute nouvelle manifestation.

Si, au départ, il ne s’agissait pas d’un blocus, des membres de la communauté avaient finalement demandé que les trains cessent de circuler pendant 24 heures.

«Lundi, on a eu des discussions avec le CN qui était comme une victime collatérale dans notre action. Celle-ci était destinée à supporter les gens de l’Ouest qui sont aux prises avec les gazoducs et tout ça. Mais aussitôt qu’on a mis en marche notre manifestation, le CN a répliqué en établissant des communications avec nous. Et plus que ça allait dans les discussions, plus le ton était menaçant de leur part, en brandissant des injonctions», raconte l’un des manifestants, Denis Chilton.

«Nous, on a quand même l’expérience dans le domaine, on a eu des démêlés avec Hydro-Québec et on connaît leurs ressources. Ils ont une armée d’avocats, on n’a pas grand chance contre eux autres quand on va en cour. On a décidé de réduire la période jusqu’à minuit, mais finalement, le train est passé aux alentours de 3 ou 4 heures du matin. Nous, c’était en guise de bonne foi qu’on a réduit le temps de manifestation à 12 heures. Et le signal d’avertissement qu’on voulait émettre avait été émis déjà, il y avait eu quand même déjà certains effets, d’après ce qu’on a pu observer», renchérit-il.

Mardi, le mauvais temps ne favorisait pas le maintien d’une ligne de piquetage le long de la voie ferrée. Une rencontre devait avoir lieu entre traditionalistes pour décider de la suite des choses. Par moment, ils étaient près d’une douzaine à participer à ce geste de soutien envers la nation Wet’suwet’en.

«Sauf que lundi, suite aux rencontres avec le CN, il avait été décidé qu’on continuait à faire la manifestation sur le long de la voie ferrée où on est présentement. On a fait dégager un terrain, on va continuer à être là. Aussitôt que la neige va se calmer, on devrait être encore visible là-bas sur le long du chemin de fer. On ne le bloquera pas. Mais on a décidé de garder l’intégrité de nos forces vives et si jamais il y a quelque chose qui fait qu’on doit réagir encore, on va réagir encore. Et la mobilisation va être plus facile et on sera beaucoup plus organisé», a laissé entendre M. Chilton.

Par ailleurs, la manifestation se déroulait dans les limites de la réserve. «C’est ce qui rend la situation particulière pour le CN parce qu’à part Pointe-Bleue, je ne sais pas s’il y a d’autres réserves qui sont traversées par le CN», fait-il remarquer.

Ce dernier est donc identifié au groupe des traditionalistes. «C’est une appellation par laquelle on nous a désignés. Nous, notre autorité est fondée sur la tradition orale. Eux, c’est héréditaire, nous, c’est par la tradition orale. Concernant les relations qu’on a avec le conseil de bande, en tant qu’entité traditionaliste, il y a quand même une bonne entente. On discute beaucoup, le conseil reconnaît qu’à l’extérieur des limites de la réserve, c’est les familles avec leurs représentants territoriaux ou leurs chefs de territoire qui ont la parole et la décision finale. La décision finale est prise par la population. On n’est pas tellement en communication avec le conseil de bande, sauf pour les aviser de nos actions», conclut Denis Chilton.

Par ailleurs, le Conseil des Atikamekw de Wemotaci a tenu à faire une mise au point, mardi, concernant les événements qui ont eu lieu dans sa communauté dans les derniers jours. Les élus ont affirmé qu’il n’y avait eu aucun blocus sur la voie ferrée. Il s’agissait plutôt d’une manifestation pacifique en marge de la voie ferrée. Le Conseil a également rappelé qu’il s’agissait d’une initiative personnelle de certains membres.

Avec la collaboration

d’Audrey Tremblay