Les élus de Trois-Rivières ont annoncé lundi que les séances du conseil seront webdiffusées dès les premières semaines de 2018.

Webdiffusion de séances de conseils municipaux: rien de concret pour l’instant

Shawinigan — Si l’idée de diffuser sur le web les séances publiques de leur conseil respectif ne rebute par les autorités municipales de quelques localités de la région, rien de concret n’est actuellement sur leur planche à dessin.

Trois-Rivières s’apprête à utiliser ce moyen de diffusion dès les premières semaines de 2018. L’idée circule depuis un petit bout de temps à l’hôtel de ville de Shawinigan. Le maire Michel Angers veut toutefois en discuter avec son nouveau conseil qui a d’autres chats à fouetter en ce début de mandat, à commencer par la préparation du budget.

«Ça fait partie des options. Notre objectif est de donner le plus d’informations à notre population. Est-ce que ce sera par la webdiffusion ou par autre chose? On va analyser la question d’ici la fin de l’année, ça va se décider à l’intérieur du conseil et on va annoncer quelque chose en début de 2018», raconte

M. Angers, qui préfère conserver pour lui son opinion quant à la pertinence de la webdiffusion des séances du conseil, question d’en discuter avec les autres élus de Shawinigan avant de livrer le tout publiquement.

La Tuque ne prévoit pas diffuser ses séances du conseil via le web pour le moment.

«On a commencé à faire de la webdiffusion à partir du complexe culturel Félix-Leclerc qui est équipé pour le faire. Mais les séances du conseil ont lieu au centre social. Et là, c’est une autre histoire. C’est une question de lien Internet», mentionne la directrice des communications, Hélène Langlais.
La télé communautaire diffuse toutefois les séances du conseil de La Tuque depuis plusieurs années. Selon Mme Langlais, entre 400 et 500 citoyens regardent en direct les séances du conseil par le biais de leur téléviseur. La Tuque devait débourser 3000 $ par année pour ce service, selon les termes de l’ancienne entente qui a pris fin en 2016.

La nouvelle entente indique que ce service ne lui coûte plus un sou depuis 2017.

«La télévision communautaire dit que cela fait partie de son mandat», ajoute Mme Langlais.

Selon Yvon Deshaies, le sujet a été brièvement abordé par les élus de Louiseville. La Ville n’a pas de projet en ce sens dans l’immédiat, mais une réflexion devrait s’amorcer au cours de 2018.

«Personne au conseil n’est fermé à l’idée. Personnellement, je ne suis pas contre du tout. C’est une autre façon de renseigner les gens. Pour ceux qui ne sortent pas beaucoup, il y en a qui aimeraient ça pour avoir plus d’informations du conseil. Mais il y a la question des coûts», rappelle le maire.
À Nicolet, Sébastien Turgeon mentionne que le conseil n’est pas opposé à cette façon de faire. Sauf que le projet n’est tout simplement pas là.
«Le conseil en a déjà discuté, mais on n’a rien vérifié en termes d’équipements et de coûts», déclare le conseiller en communications de la Ville de Nicolet.

Pour leur part, les citoyens de Bécancour ne doivent pas s’attendre à visionner les séances publiques du conseil municipal. Selon le maire Jean-Guy Dubois, aucune demande n’a d’ailleurs été exprimée en ce sens.

«On n’a pas prévu le faire. On n’est pas équipé techniquement de façon optimale. Il y a beaucoup de sujets qui n’intéressent pas vraiment le monde, dont les règlements d’urbanisme et de changement de zonage. On n’atteindrait pas l’objectif en webdiffusant au grand complet», soutient-il.
Depuis un an et demi, le premier magistrat opte plutôt pour «un résumé de cinq minutes sur le Facebook et le site de la Ville», au lendemain d’une réunion publique du conseil, reprenant les principaux points à l’ordre du jour.

Des séances assez populaires

Autant à Rimouski qu’à Terrebonne, la présentation sur le web des séances du conseil municipal semble attirer de nombreux citoyens et nécessite des coûts fort variables.

Avec une population d’environ 113 000  habitants, Terrebonne a décidé en 2016 de prendre ce virage numérique en diffusant sur le web ses séances du conseil depuis un an. Selon Sébastien Marcil, environ 300 personnes suivent les séances du conseil par webdiffusion, soit trois fois plus que le nombre de citoyens qui y assistent en personne.

«Les réactions sont positives», témoigne M. Marcil, coordonnateur aux réseaux sociaux et aux relations avec les médias de la Ville de Terrebonne. «La tenue des séances, un soir de semaine, ce n’est pas toujours propice pour plusieurs types de clientèle. Ça permet de rejoindre des citoyens qui, autrement, n’auraient pas les moyens de se déplacer.»

Terrebonne a recours aux services d’une entreprise qui s’occupe de la diffusion. Le sous-traitant envoie un technicien qui installe quelques caméras. Équipé d’un logiciel, le technicien s’occupe de tout pour diffuser les séances sur Youtube.
Le coût? 1100 $ par séance. Terrebonne a une séance du conseil par mois (les séances spéciales ne sont pas webdiffusées), ce qui représente une facture annuelle de 13 200 $.

«Pour nous, ce n’est pas cher payé pour ajouter de la transparence à l’administration publique», continue M. Marcil.

Il faut dire que Terrebonne a fait les manchettes au cours des dernières années: Jean-Marc Robitaille, a démissionné de la mairie en novembre 2016, alors qu’il était visé par des allégations de corruption. Il fait l’objet d’une enquête de l’Agence du revenu du Québec.

À l’instar de La Tuque, Rimouski a l’habitude de voir ses séances être diffusées à la télé communautaire. Le partenariat établi avec Cogeco il y a plus de 10 ans a conduit à la webdiffusion de ses séances depuis 2014.

«Ça fait au moins 10 ans que les séances sont à la télévision communautaire de Cogeco qui a commencé à les diffuser sans jamais demander de l’argent à la Ville. Pour la webdiffusion, on a une entente avec Cogeco pour faire convertir les données de la captation des séances dans un format qu’on place sur notre site web. On paie seulement le montant de la conversion, soit 125 $ par séance», explique Alain Michaud, directeur du service des technologies de l’information de la Ville de Rimouski.

La Ville tient deux séances de conseil par mois. La facture annuelle est donc de 3000 $.
Selon M. Michaud, les séances du conseil municipal sont populaires à la télé communautaire. La situation est telle que Telus a ajouté les séances du conseil à sa programmation en 2013. La popularité a maintenant atteint la plateforme du web où les gens peuvent regarder les séances du conseil en différé.

«Aller sur le web relève d’une décision du conseil pour de la transparence et pour que les citoyens participent davantage aux affaires municipales, dit-il. On enregistre la période de questions. C’est pour donner un meilleur accès aux débats. On sait que c’est écouté. On se promène en ville et on voit que c’est populaire.»

Près de 50 000 personnes vivent dans cette localité du Bas-Saint-Laurent.

À Trois-Rivières et aussi à Saguenay

Trois-Rivières ne sera pas la seule Ville en 2018 à diffuser en direct sur Internet ses séances du conseil. Saguenay fera de même.
Les séances du conseil de Saguenay étaient accessibles en ligne, mais en différé. À compter de janvier 2018, le site Internet de la Ville présentera les séances du conseil en simultané.