La pénurie de main-d’œuvre qui sévit dans plusieurs secteurs devrait être un incitatif à l’embauche de personnes handicapées, selon la Commission des droits de la personne.

Walmart: la société doit réfléchir, dit la Commission des droits de la personne

Si les récentes sorties publiques entourant la fin du programme d'embauche pour les personnes avec déficience intellectuelle chez Walmart ont un message à porter, celui-ci devrait être clair, plaide la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Il faut sensibiliser la société québécoise - les employeurs en premier - à l'importance de l'intégration à l'emploi des personnes handicapées.

«Les personnes handicapées sont actuellement sous-représentées sur le marché du travail», affirme le président  par intérim de l'institution, Philippe-André Tessier.

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Pourtant, ajoute-t-il, la pénurie de main-d’oeuvre, dans plusieurs secteurs, «devrait être un incitatif à la mise en place de mesures et d’accommodements leur permettant d’occuper des emplois et de participer à la vie économique et sociale». 

Depuis le mois de décembre 2005, les personnes handicapées font partie des cinq groupes victimes de discrimination encadrés par la Loi sur l'accès à l'égalité en emploi dans des organismes publics, rappelle la Commission, qui en surveille son application au quotidien. 

Étendre la juridiction 

La Commission rapportait, dans son dernier rapport triennal en 2013-2016 portant sur l'accès à l'égalité en emploi dans plus de 300 organismes, qu'il faudrait tripler la présence des personnes handicapées au Québec dans les effectifs, afin d'atteindre les cibles de représentation politiques. 

«L’impact de la décision de Wal-Mart nous rappelle que l’entreprise privée a aussi un rôle à jouer pour l’inclusion en emploi des personnes handicapées», ajoute M. Tessier. 

Le président affirme que son institution souhaite voir la Loi sur l'accès à l'égalité en emploi être étendue à tout le secteur privé, mais aussi à l'ensemble du gouvernement et de la fonction publique, actuellement exclue de la loi, l'État jugeant ses propres programmes d’intégration suffisants.

Bien que Walmart ne soit pas assujetti à la loi, l’entreprise n’échappe pas aux obligations contenues dans la Charte des droits et libertés.

M. Tessier a toutefois précisé que la Commission n’a pas reçu de plainte pour discrimination dans le dossier de Walmart.

Il a expliqué qu’une telle plainte serait étudiée comme toute autre plainte similaire avant de déterminer si elle est recevable ou non, comme le prévoient les procédures de la Commission. Avec La Presse canadienne