Il faudra encore faire preuve de patience pour être remboursé.
Il faudra encore faire preuve de patience pour être remboursé.

Voyages scolaires annulés: des familles attendent toujours le remboursement

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Des voyages scolaires à l’étranger avaient été prévus, au printemps, dans de nombreuses écoles privées et publiques de la région. Le rêve de centaines d’élèves du secondaire s’est toutefois brisé avec l’arrivée de la COVID-19, la fermeture des frontières et le confinement.

Certaines personnes ont été remboursées depuis, mais elles sont encore nombreuses à attendre. C’est le cas, par exemple, d’environ 45 familles au Séminaire Saint-Joseph de Trois-Rivières et d’une quarantaine de familles à l’Institut secondaire Keranna, pour ne citer que ces deux exemples. Bref, le même phénomène se vit dans toutes les écoles du Québec où des voyages avaient été prévus.

«C’est une longue saga», indique Nancy Brousseau, directrice de la Fédération des établissements d’enseignement privé, mais le milieu scolaire, qui est affecté par cette situation unique en son genre, n’est pas le seul. Des milliers de voyageurs sont affectés par cette situation», fait-elle valoir.

«Il n’y a pas eu de refus de réclamations, mais des délais dus à un retard», explique de son côté Mariana Seminerio, directrice du service des assurances à la FÉEPQ. C’est qu’il y a eu des échanges «entre l’Association des assureurs et l’Office de la protection du consommateur à savoir qui était premier payeur et on ignore s’il y a eu une entente. Au mois de juin, enfin, les assureurs ont statué qu’ils allaient de l’avant avec le traitement des réclamations et je pense que leurs discussions se poursuivent avec l’OPC», indique-t-elle.

Du côté de l’Office de protection du consommateur, d’ailleurs, on refuse de commenter, car il y a «des pourparlers en cours», indique Marie-Pier Duplessis, conseillère en communication à l’OPC.

«Ces discussions-là ont créé beaucoup de retard dans le traitement. Alors tout le monde est en attente», déplore Mme Brousseau.

Il y a quelques jours, le ministre de la Justice et responsable de l’OPC a promis de trouver une solution qui permettra aux consommateurs de récupérer leur argent.

«C’est très fréquent, les voyages scolaires. Il y en a beaucoup dans nos écoles. Nos directions prennent ça très au sérieux. Notre service, ici, a reçu énormément d’appels», dit-elle.

Le dossier est toutefois complexe. «Toutes les écoles ne prennent pas le même assureur pour leurs voyages. On a vu ce printemps qu’il y avait des délais énormes parce que le nombre de réclamations évidemment, on s’en doute, a été énorme. Personne ne s’attendait à ça et il y a eu aussi beaucoup de délais parce qu’il y avait des discussions entre les assureurs et l’Office de la protection du consommateur», résume Mme Brousseau. «On se relançait la balle à savoir qui allait ultimement être responsable des remboursements.»

Beaucoup d’acteurs s’affrontent dans cette histoire, les assureurs, les compagnies de crédit, les transporteurs aériens.

Mme Seminerio signale que «le volume important et inattendu de réclamations que les assureurs ont reçues» explique aussi les délais importants. «La bonne nouvelle, c’est qu’on a eu confirmation que certaines écoles ont reçu leur remboursement. Tôt ou tard, le tout va être réglé. Je n’ai aucun doute par rapport à ça», dit-elle.

Cette dernière indique que les lignes aériennes songent à faire des remboursements tandis que d’autres pourraient verser un crédit. «Ces discussions-là font en sorte que c’est difficile de prévoir un délai», dit-elle.

Du côté du Centre de services scolaire du Chemin-du-Roy, on «rembourse aux parents tout ce qu’il a été possible de récupérer auprès des agences de voyages. Certains parents sont remboursés à 100 % mais dans certains cas, des pénalités ont été imposées par les agences. Dans ces situations, le CSS a effectué et effectue encore des démarches afin de récupérer autant que possible la totalité du montant du voyage auprès de ces agences», indique la porte-parole, Anne-Marie Bellerose. «Nous effectuons toutes les démarches possibles afin de récupérer la somme investie par le parent pour le voyage de leur enfant et ainsi éviter le désagrément d’une perte budgétaire pour la famille.

Dans le cas où nos démarches sont infructueuses et que le parent n’est pas remboursé à 100 %, nous les référons au FICAV, le Fonds d’indemnisation des clients des agences de voyages», dit-elle.

Du côté du CSS de la Riveraine, «nous avons choisi de rembourser la totalité des sommes que les parents avaient déboursées, incluant les dépôts», indique la secrétaire générale, Émilie Guay.

Au CSS de l’Énergie, on indique que la question des voyages «est gérée par chacune des écoles. Les annulations de voyages et des remboursements de dépôts sont réglés dans certains dossiers. Dans d’autres dossiers voyage, des démarches sont toujours en cours afin de finaliser les annulations et les remboursements», indique la porte-parole, Amélie Germain-Bergeron.

À lire également: