Le virus peut survivre même après le décès de son hôte. Le risque de contamination, même s’il est jugé faible, existe.
Le virus peut survivre même après le décès de son hôte. Le risque de contamination, même s’il est jugé faible, existe.

Une dépouille peut-elle transmettre la COVID-19?

Q : «Est-ce qu’un mort peut transmettre la COVID-19?», s’interroge Thérèse Bouchard.

R : Oui, mais les risques sont très faibles d’être infecté de cette façon. D’ailleurs, jusqu’à présent, l’Organisation mondiale de la santé ne rapporte aucun cas d’infection à la suite de la manipulation du corps d’une personne décédée de la COVID-19.

Cependant, le virus peut survivre même après le décès de son hôte. Le risque de contamination, même s’il est jugé faible, existe comme le souligne Richard Côté, médecin-conseil à l’Institut national de la santé publique (INSPQ). «Après la mort, les particules virales peuvent survivre dans le sang, les selles et les tissus pendant des heures selon la température et la partie du corps concernée. Le sang ou les selles contaminés, par exemple, peuvent à leur tour souiller les surfaces ou les mains.»

Le plus grand risque pour les professionnels qui s’occupent d’une personne décédée, selon le médecin-conseil de l’INSPQ, serait de manipuler la dépouille de telle sorte que le thorax soit comprimé et expulserait ainsi des gouttelettes contaminées vers le professionnel lui-même, mais aussi vers d’autres personnes à proximité, s’il y en a.

C’est pour minimiser les risques d’exposition que l’INSPQ a publié le document Mesures de prévention et de protection pour les entreprises de services funéraires le 24 mars. Les interventions permises y sont réduites au maximum. On ne peut donc pas procéder, par exemple, à l’embaumement et à la toilette funéraire de la dépouille. La famille du défunt ne peut pas non plus avoir un contact direct avec la personne décédée.

À la Corporation des thanatologues du Québec, la directrice générale Annie Saint-Pierre souligne que des mesures de protection supplémentaires sont appliquées lors de la manipulation d’une dépouille dont le décès est attribué à la COVID-19, au même titre que d’autres maladies infectieuses.

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