L’Institut national de la santé publique recommande de reporter tout déménagement non essentiel, si cela peut se faire.
L’Institut national de la santé publique recommande de reporter tout déménagement non essentiel, si cela peut se faire.

Confinement: questions en vrac (2)

Les modalités fines du confinement semblent avoir créé une certaine confusion parmi la population, à en juger par le grand volume de questions que nous recevons à ce sujet. Si des parents ont la COVID-19, qui doit prendre en charge leurs enfants? Que faire si un déménagement avait été prévu avant la pandémie? La règle des 2 mètres s’applique-t-elle quand on prend l’autobus? Les personnes âgées vivant en résidence peuvent-elles prendre leurs repas à la cafétéria? Voici quelques précisions.

Q: «Nous devons déménager prochainement en Estrie. Nous avons été soulagés de constater que les déménageurs sont un service essentiel de même que les notaires. La compagnie dit que ses déménageurs seront vérifiés, qu’ils porteront des gants, etc. Quant à nous, nous devons remplir un questionnaire sur notre état de santé. Cependant, nous nous interrogeons sur ce qu’il faut faire à notre arrivée dans notre nouvelle maison», demande Roch Lessard, de Québec.

R: L’Institut national de la santé publique (INSPQ) recommande de reporter tout déménagement non essentiel, si cela peut se faire. En outre, les personnes en confinement obligatoire — atteintes de la COVID-19, qui attendent leur résultat de test, qui présentent des symptômes (toux, fièvre, éternuement, etc.) ou qui reviennent de voyage — devraient repousser leur déménagement et s’abstenir d’aider quelqu’un d’autre à déménager.

Si le déménagement ne peut pas être reporté, alors le principal risque est la transmission directe d’une personne à l’autre, poursuit l’INSPQ. Il faut donc, dans la mesure du possible, éviter les contacts rapprochés. On doit aussi limiter le nombre de personnes qui participent au déménagement — ne pas demander à des voisins ou amis de nous aider.

La COVID-19 ne survit pas longtemps hors du corps humain, si bien que le risque de transmission par des surfaces ou des objets est très faible. Mais il n’est pas nul non plus, alors une fois sur place, l’INSPQ recommande de désinfecter le logement, avec une attention particulière pour les surfaces que l’on touche souvent (poignées, rampes, robinets, interrupteurs, etc.), de bien nettoyer les électro-ménagers et d’attendre 24 heures avant d’ouvrir les boîtes «non essentielles». Ce délai permettra de tuer une bonne partie, sinon tous les virus qui pourraient se trouver à l’intérieur.

Q: «Je travaille dans le milieu de la santé et dois prendre l’autobus pour m’y rendre. Est-ce que je peux transmettre la COVID-19 avec mes vêtements, comme mon pantalon de travail?» demande Louise Morin, de Sherbrooke.

R: Ce sont essentiellement les mêmes consignes de sécurité qu’ailleurs qui s’appliquent aux transports en commun : tousser/éternuer dans son coude, garder 2 mètres de distance avec les autres, etc. Une fois sorti de l’autobus, idéalement, on se lave les mains aussi tôt que possible.

Le virus ne se transmet pas bien par les surfaces, même si le risque n’est pas de zéro — et cela vaut pour les vêtements aussi. Évidemment, si l’établissement de santé dans lequel on travaille a émis des consignes au sujet des vêtements de service, on doit les respecter.

Q: «Si des parents sont atteints de la COVID-19, qui doit s’occuper des enfants? Et si ceux-ci ont la maladie également?» demande France Gagnon, de la région de Québec.

Comme ce sont surtout des personnes âgées qui font les formes les plus graves de la COVID-19 et que les plus jeunes ont généralement des symptômes bénins, le plus souvent, les parents atteints sont capables de continuer de s’occuper eux-mêmes de leurs enfants. Ils doivent cependant prendre une série de précautions (limiter les contacts, porter masque et gants, etc.) que l’on peut consulter ici.

Il peut tout de même arriver que le ou les parents soient trop mal en point pour continuer de prendre soin de leurs enfants. Si quelqu’un doit venir les aider, indique l’INSPQ, il est préférable que ce soit toujours la même personne et qu’elle soit, bien sûr, en bonne santé, pas immunosupprimée, etc.

Rappelons enfin que la consigne actuelle de ne pas faire garder ses enfants par des proches est une recommandation, pas une obligation légale. On doit la respecter autant que faire se peut, mais si, par exemple, une mère monoparentale doit être hospitalisée, il est bien évident qu’elle doit alors confier son ou ses enfants à des proches. Ceux-ci doivent alors tenter de respecter les mesures de distanciation avec le ou les enfants pendant la garde, même si cela peut être très difficile. Tout ce beau monde devrait aussi se laver les mains régulièrement, de même que les surfaces et objets fréquemment touchés (jouets, poignées de porte, etc.).

Q: «Pourquoi certaines résidences pour aînés continuent de servir les repas en salle à manger où plusieurs personnes, pour ne pas dire une centaine, se côtoient à un moment où l’on prône pourtant la distanciation. Dans certains cas, si les résidents demandent à se faire servir leur repas dans leur chambre, on leur charge 300$ par mois !» demande Michèle Tassé.

R: Il n’est pas interdit d’utiliser la cafétéria dans les résidences pour personnes âgées, mais plutôt «recommandé» de le faire. Si cela n’est pas praticable, alors une résidence peut aussi «favoriser la distanciation spatiale, par exemple en limitant l’occupation de la salle à manger à 50 % de la capacité avec une distanciation de deux mètres entre les usagers», m’a écrit l’INSPQ.

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