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Le vol de colis laissés dans les entrées de maison a vraisemblablement augmenté en 2020.
Le vol de colis laissés dans les entrées de maison a vraisemblablement augmenté en 2020.

Vol de colis, même en Mauricie

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
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Shawinigan — Le fléau du vol de colis laissés sur le pas de la porte n’est pas réservé aux grandes villes. Bien que peu présent en Mauricie, ce genre de crime qui découle de la popularité du commerce en ligne vient de conduire un homme de Shawinigan à devoir réaliser 120 heures de travaux communautaires pour avoir volé un colis... à un voisin.

Dans des villes comme Montréal et Québec, il arrive souvent que des voleurs suivent les camions des compagnies de livraison pour subtiliser un colis livré à l’entrée d’une maison dont les occupants sont absents. En mars 2020, ce citoyen de Shawinigan n’a pas hésité à prendre un colis destiné à une personne vivant dans le même immeuble à logements situé sur la rue Cartier. Sauf que les caméras de surveillance placées à l’entrée des lieux ont permis aux policiers d’identifier cet individu ayant un passé judiciaire.

«C’est un fléau, indique Me Audrey-Anne Boily, procureure de la poursuite. En période de pandémie, les gens peuvent attendre impatiemment leur colis. C’est un crime facile.»

Effectivement, l’actuelle période de pandémie a entraîné une croissance des achats en ligne. À l’aube du temps des Fêtes, nombreux sont les citoyens qui attendent la précieuse boîte pouvant contenir un cadeau de Noël.

Lundi au palais de justice de Shawinigan, l’homme de 49 ans a plaidé coupable à une accusation de vol. Il a reçu un sursis de sentence. En plus de devoir effectuer des travaux communautaires, l’homme doit respecter une probation de 18 mois. Il devra rembourser une partie des biens à la victime, celui-ci ayant retrouvé certains d’entre eux.

«Vous avez fait preuve d’opportunisme mal placé», a dit le juge Simon Ricard à l’endroit de l’individu.

Le vol de colis déposés à la porte est un phénomène peu répandu dans la région. La police de Trois-Rivières rapporte quelques dossiers, sans plus. Le constat est le même du côté de la Sûreté du Québec.

Les médias québécois ont rapporté différentes histoires du genre au fil des derniers mois. Le Soleil rapportait en juillet que trois individus avaient dérobé plusieurs colis sur des perrons de Québec et de Boischâtel. Les suspects avaient été surpris par un citoyen de Boischâtel qui les a pris en chasse avec son véhicule.

À Montréal, des citoyens ont confié à Radio-Canada et à TVA Nouvelles avoir été victimes de tels larcins durant les dernières semaines.

La Sûreté du Québec n’a pas de statistiques précises sur ce type de crime. Mais selon un sondage effectué au Canada par la compagnie de transport FedEx, le vol de colis laissés devant l’entrée du domicile a touché une personne sur trois en 2020, alors que ce rapport était d’une personne sur quatre en 2019. Le même sondage indique que 81 % des citoyens planifient faire leurs achats des Fêtes en ligne, ce qui est un record.

Selon le New York Times, 90 000 colis ainsi disposés sont volés chaque jour dans cette ville. Tous ces vols sont commis malgré l’augmentation du nombre de personnes en télétravail en cette année de pandémie.

Vigilance

Pour contrer ce type de vol, la police recommande aux citoyens de faire preuve de vigilance lorsque vient le temps de se faire livrer un colis à domicile.

«Les gens prennent d’autres options, rappelle le sergent Luc Mongrain, porte-parole de la police de Trois-Rivières. Faire livrer son colis en main propre, chez un voisin ou à l’adresse du lieu de travail sont des options.»

On peut aussi convenir avec la compagnie de livraison de laisser le colis dans un emplacement sécurisé comme une boîte de dépôt.

Selon l’Office de protection du consommateur, le commerçant doit s’assurer que le bien commandé a été reçu par son client. Si ce n’est pas le cas, ce dernier peut demander un remboursement auprès du commerçant ou une rétrofacturation par le biais de l’émetteur de la carte de crédit.