Quelques familles qui ont perdu un proche en 2018 ont répondu à l’invitation du Groupe Garneau au Centre funéraire Châteaudun, à Trois-Rivières, dimanche.

Vivre le deuil dans le temps des Fêtes

TROIS-RIVIÈRES — Certaines périodes de l’année peuvent être plus difficiles à passer pour les personnes endeuillées, en particulier le temps des Fêtes. À l’approche de cette période qui est habituellement un temps de réjouissance, le Groupe Garneau, propriétaire du Centre funéraire Châteaudun de Trois-Rivières, organisait dimanche une journée d’activités pour les familles qui ont perdu un être cher au cours de l’année 2018.

«Le plus difficile pour les gens, c’est souvent que tout est organisé pour eux: ils se sentent obligés d’aller dans les fêtes de famille même s’ils n’en ont pas envie parce qu’ils ne vont pas bien, explique Valérie Garneau, directrice aux finances du Groupe Garneau. On leur explique qu’ils ne sont pas obligés, qu’ils ont le droit d’être tristes et de ne pas avoir envie d’aller quelque part.»

Une célébration de la parole a été faite par le curé Donald Marcoux, entrecoupée de chansons. Une intervenante de l’organisme Deuil-Jeunesse était également présente pour donner quelques conseils aux gens endeuillés qui voient approcher avec réticence le temps des Fêtes.

«Je leur présente les dix règles d’or du deuil, comme prendre soin de soi, exprimer ses besoins, s’entourer de personnes qui vont nous aider, énumère Marie-Josée Boisvert, travailleuse sociale à Deuil-Jeunesse. Les familles viennent me voir pour jaser, alors je les écoute. Certains me demandent des conseils et me questionnent sur l’organisme, sur les services qu’on offre.»

«Comme une tempête»

Valérie Garneau en est consciente: c’est parfois à reculons que des familles reviennent au Centre funéraire Châteaudun, après y être allées pour faire leurs adieux à l’être aimé qu’elles ont perdu. De toutes les familles qui ont reçu l’invitation pour dimanche, seulement 10 l’ont acceptée et il y avait malgré tout quelques absents, peut-être en raison des mauvaises conditions routières. Claude Jutras était de ceux et celles qui ont trouvé la force de se rendre au centre funéraire du boulevard Thibeau.

«Quand j’ai reçu la lettre, ça m’a ‘‘shaké’’ un peu, confie-t-il. Le deuil, c’est comme une tempête: il y a des hauts et des bas, comme sur une vague. Mais je suis chanceux, j’ai trois enfants qui m’accompagnent dans mon deuil, ç’a été des perles.»

Le veuf était toutefois heureux d’être venu à l’activité, même s’il avait déjà entendu plusieurs des conseils qui ont été donnés par Mme Boisvert et le personnel du centre funéraire. «Il y a des choses qu’on sait, mais dont on ne mesure pas l’impact, indique-t-il. Des choses qu’on s’était fait dire au début du deuil, mais qu’on n’était pas prêts à assimiler.»

C’est ce que souhaite le Groupe Garneau, qui organisait cette journée pour la quatrième année à Trois-Rivières: continuer à soutenir les personnes qui ont retenu les services de l’un de ses centres funéraires. «On veut qu’ils en ressortent avec plus d’outils dans leur coffre, image Mme Garneau. Ça leur permet aussi de voir qu’ils ne sont pas seuls à vivre un deuil.»

L’idée d’instaurer une journée d’accompagnement aux personnes en deuil avant le temps des Fêtes ne date pas d’hier au sein du Groupe Garneau, qui l’a fait il y a déjà plusieurs années dans d’autres de ses centres, notamment à Saint-Romuald, un secteur de Lévis. Valérie Garneau songe d’ailleurs à «importer» une autre initiative de Saint-Romuald à Trois-Rivières, soit des groupes de soutien aux personnes endeuillées.

«Ça fait partie du service à la clientèle qu’on veut donner, précise-t-elle. Les familles nous font confiance et il faut bien qu’on le leur rende.»