L’homme dans la quarantaine habite seul avec son chien dans Brome-Missisquoi. Sa micro-maison sur roues de 8’ par 24’ est l’incarnation même des valeurs qu’il prône.
L’homme dans la quarantaine habite seul avec son chien dans Brome-Missisquoi. Sa micro-maison sur roues de 8’ par 24’ est l’incarnation même des valeurs qu’il prône.

Vivre en marge de la société dans une mini-maison

Roxanne Caron
Roxanne Caron
La Voix de l'Est
Vivre en marge de la société se traduit de différentes façons. Pour Normand*, c’est dans sa tiny house, ou sa «roulotte de gitan», comme il se plaît à la surnommer, en plein cœur de la nature, qu’il se sent à sa place.

L’homme dans la quarantaine habite seul avec son chien dans Brome-Missisquoi. Sa micro-maison sur roues de 8’ par 24’ est l’incarnation même des valeurs qu’il prône.

«J’avais pas envie de m’accaparer avec une hypothèque importante et d’être esclave de ma maison. Ma principale motivation, c’était d’être en nature» explique-t-il pour justifier ce choix de vie qu’il a adopté depuis six ans déjà.

Savoir que jamais personne ne pourra le mettre «à la rue» s’il a des problèmes financiers lui procure un sentiment de liberté. «On s’entend qu’une maison, ça appartient aux banques.»

Normand sait qu’il est en quelque sorte «illégal» en habitant en forêt. «Ce n’est pas socialement accepté, mais je crois que c’est bien d’en parler pour montrer aux gens d’autres modes de vie», souligne-t-il.

Il faut dire que vivre dans des espaces restreints est loin d’être un défi pour Normand, qui a habité plusieurs années dans un chalet rudimentaire dans lequel il n’y avait pas d’eau courante.

Le voyage lui a aussi confirmé son « amour » pour le «mini». «En Asie, j’ai habité dans un bungalow en bambou et je m’y sentais bien. C’est le côté organique de tout ça qui me plait.»

Ce qu’il aime de vivre dans plus petit? Ne pas être encombré d’un excès de matériel. «Je me sens bien quand j’ai peu de choses», dit-il.

«Quand j’ai voyagé, c’est la période où j’ai été le plus heureux et où j’avais le moins. Le voyage amène la simplicité», poursuit-il.

« C’est artisanal, c’est un <em>patchwork </em>de matériaux, mais pas pour autant peu invitant. Ceux qui viennent chez moi sont surpris de voir à quel point c’est chaleureux », dit celui qui peut accueillir un maximum de six personnes dans sa demeure.

«Un espace où le temps s’arrête»

Travaillant en construction depuis huit ans, Normand a lui-même bâti sa tiny house, qui est faite à 50 % de matériaux recyclés. Il s’en est tiré à bon compte en investissant 12 000 $ pour les matériaux.

«C’est artisanal, c’est un patchwork de matériaux, mais pas pour autant peu invitant. Ceux qui viennent chez moi sont surpris de voir à quel point c’est chaleureux», dit celui qui peut accueillir un maximum de six personnes dans sa demeure — il l’a déjà vérifié.

Les fenêtres qui tapissent chaque mur ajoutent au cachet chaleureux. «Partout où on regarde, on voit dehors : les oiseaux, les écureuils, les arbres et parfois même les chevreuils (...) C’est un espace où le temps s’arrête.»

Installation

Sa micro-maison est bâtie sur une plateforme en acier récupérée d’une roulotte. Comme Normand n’a pas accès à l’eau courante l’hiver, il doit transporter ses gallons d’eau. Il utilise en moyenne 60 litres d’eau par semaine.

Sa maison est alimentée en électricité grâce à des panneaux solaires de 500 W installés au sol afin d’y accéder facilement. «C’est assez pour mes besoins, soit l’ordinateur, les petits appareils ménagers et l’éclairage», assure-t-il.

Comme les périodes d’ensoleillement sont plus courtes de novembre à janvier, Normand utilise une génératrice qu’il allume une heure par jour. Pour le reste, tout ce qui a de plus normal, dit-il : «J’ai mon poêle à bois, ma cuisinière et mon chauffage d’appoint au propane.»

Plusieurs seraient tentés de vivre dans plus petit, mais Normand ne se leurre pas. Ce mode de vie n’est pas pour tout le monde. « Un 3 ½ est deux fois plus grand que ma maison», lance-t-il.

C’est un pensez-y-bien.

* Prénom fictif