Le Syndicat des agents de services correctionnels réclame du gouvernement qu’il revoit sa position et n’oblige pas les détenus à purger les peines de fins de semaine dans le contexte actuel.
Le Syndicat des agents de services correctionnels réclame du gouvernement qu’il revoit sa position et n’oblige pas les détenus à purger les peines de fins de semaine dans le contexte actuel.

Visites interdites dans les prisons

Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Toujours dans le but de diminuer les risques de contamination à la COVID-19, des mesures de prévention ont été mises en place au Centre de détention de Trois-Rivières.

Comme dans toutes les prisons du Québec, les visites sont désormais interdites depuis le 14 mars dernier pour une période de 14 jours. Les activités sociocommunautaires comme les groupes de soutien AA et NA, ainsi que les activités bénévoles sont suspendues pour la même période. Des secteurs d’isolement ont également été identifiés pour y recevoir les détenus ayant des symptômes ou qui reviennent de voyage.

Pour les rencontres avec les avocats, l’utilisation des visio-parloirs ou du téléphone est privilégiée, alors que les rencontres dans les établissements de détention et les palais de justice sont limitées aux parloirs sécuritaires, c’est-à-dire munis d’une vitre, dans la mesure où les interlocuteurs ne sont pas soumis à des mesures d’isolement pour des raisons sanitaires.

Du même coup, les transferts entre prisons, ou vers les palais de justice, ont également été réduits, d’autant plus qu’il y a une importante diminution des activités judiciaires dans les palais.

Les agents de services correctionnels doivent obligatoirement prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter la contamination. Rejoint plus tôt cette semaine, le président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels, Mathieu Lavoie, a confirmé qu’il n’y avait aucun cas confirmé de coronavirus dans les prisons. Toutefois, il réclame avec insistance que les infirmières dans les prisons puissent réaliser des tests de dépistage sur les détenus. «Nous avons les ressources: il faut pouvoir les utiliser afin d’éviter une propagation», a-t-il affirmé.

Qui plus est, il somme le gouvernement de ne pas obliger les personnes condamnées à la prison discontinue à venir faire leur temps les fins de semaine. Plusieurs vont en effet entrer en prison ce week-end, ce qui n’est pas sans causer des inquiétudes. «Ces gens-là ne doivent pas entrer, surtout qu’on ignore d’où ils arrivent et avec qui ils ont eu des contacts», a répété M. Lavoie à quelques reprises.

Il craint en effet que si un détenu est atteint de la COVID-19, la contamination se fasse très rapidement à l’intérieur des murs. Il a encore en tête une situation qui était devenue critique il y a quelques années avec la H1N1. Pour l’instant, il constate ça va passablement bien. Aucun incident majeur n’a été signalé. «À ce sujet, je tiens à souligner le professionnalisme des agents de services correctionnels», a conclu M. Lavoie.

De son côté, le ministère de la Sécurité publique a fait savoir que les services correctionnels suivaient les recommandations de la santé publique dans le but d’assurer la sécurité des membres du personnel et des personnes incarcérées dans le contexte de la présente pandémie.