Vision zéro: une consultation en février

TROIS-RIVIÈRES — L’adoption de la Vision zéro sur division par le conseil municipal de Trois-Rivières, il y a deux semaines, ne se traduira pas systématiquement par la modification des limites de vitesse à 40 km/h dans les rues locales et collectrices. Une consultation publique sur cette vision aura lieu possiblement en février 2019, moment où les arguments des citoyens seront pris en considération.

C’est du moins ce qui a été mentionné lors de la séance régulière du conseil, mardi soir, où de nombreux citoyens se sont déplacés afin de faire connaître leur opinion sur la question. Alors que les opinions étaient très divisées sur la Vision zéro, il était tout de même possible de constater que les arguments soulevés par les personnes s’opposant à cette résolution visaient surtout cette mesure de diminution des limites de vitesse, l’une des nombreuses mesures comprises dans la Vision zéro.

Stéphane Guay a recueilli plus de 3000 signatures de citoyens qui s’opposent à la réduction des limites de vitesse dans le cadre de Vision zéro.

L’un de ces citoyens, Stéphane Guay, instigateur d’une pétition en défaveur de la modification de la limite de vitesse et en faveur d’une consultation publique sur l’ensemble de la Vision zéro, et qui a recueilli près de 3500 signatures à ce jour, a interpellé le conseil à savoir si cette mesure du 40 km/h était définitive ou si la population pourrait se prononcer sur la question. «Je n’aurais pas accepté qu’on rajoute un point sur une consultation publique si je n’étais pas prête à changer d’idée», a répondu la conseillère municipale Mariannick Mercure, à l’origine de la proposition sur cette philosophie de sécurité routière. Cette dernière a rappelé que la réglementation sur la circulation n’avait pas été modifiée, mais que seule l’orientation globale de la Vision zéro avait été votée par le conseil, donnant ainsi le signal de la position du conseil municipal. La consultation publique se tiendra avant toute modification de règlement.

En préambule à la séance régulière du conseil municipal, la mairesse suppléante Ginette Bellemare a avoué que le conseil avait été surpris de voir l’ampleur que ce débat avait prise sur la place publique.

Ginette Bellemare, mairesse suppléante, s’est dite surprise de l’ampleur qu’a prise le débat sur Vision zéro.

«Nous ne nous attendions pas à un tel mouvement. Depuis, nous avons été témoins d’opinions divergentes dans la population et au sein du conseil lui-même. Beaucoup de désinformation a circulé depuis les dernières semaines», a indiqué Mme Bellemare, rappelant la mise en place très prochainement d’un plan de communication pour mieux renseigner la population, qui culminera vers des séances d’information et la consultation publique qui se tiendra possiblement en février prochain.

D’ailleurs, il a également été expliqué, lors de la séance publique, que des études sur les impacts des mesures envisagées dans le cadre de Vision zéro seront menées par une firme de génie-conseil, des études majoritairement subventionnées par le ministère des Transports, précise la Ville. Ces études pourraient prendre entre 12 et 18 mois, à la suite de quoi il serait possible de savoir le coût réel engendré par l’éventuelle mise en place des différentes mesures de Vision zéro.

Commentaires

Parmi les citoyens ayant pris position lors de cette séance publique, certains ont notamment soulevé la faiblesse des communications en lien avec Vision zéro depuis son adoption il y a deux semaines. «Je suis surpris de la tournure des événements. Le débat est fait avec des informations partielles. Ça découle d’un manque de communication au niveau de la Ville, un manque au niveau de la direction des communications», a indiqué Steve Roy-Cullen, se disant en faveur de l’adoption de Vision zéro. Il a été appuyé dans ses propos par un autre citoyen, Jean-Claude Landry, qui a déclaré que Vision zéro était tout simplement une question de santé publique.

Pour sa part, Valérie Ratelle-Gauthier a souhaité obtenir davantage d’informations sur la carte rendue publique la semaine dernière par la conseillère Mariannick Mercure et qui présentait les accidents mortels et graves répertoriés sur le territoire de la Ville depuis 2005.

«Est-ce que ces accidents-là ont été analysés, afin de savoir ce qui en avait réellement été la cause ? Ce que je comprends, c’est que vous voulez imposer la vision sans savoir si ces accidents étaient évitables ou non», a fait remarquer la citoyenne.

La mairesse suppléante a invité les citoyens à se rendre sur le site web visionzero.v3r.net afin de mieux se renseigner sur l’ensemble de la philosophie et pour s’inscrire à une infolettre qui annoncera la tenue de consultations publiques.