Plus de 300 personnes ont participé à cette deuxième et dernière journée de consultations publiques sur Vision zéro, samedi, à la Bâtisse industrielle de Trois-Rivières.

Vision zéro: plus grande participation à la seconde journée de consultations

Trois-Rivières — C’est samedi que se déroulait la dernière journée de consultations publiques sur Vision zéro, à la Bâtisse industrielle de Trois-Rivières. Cet exercice mené sur deux jours a mobilisé plus de 300 citoyens lors des tables rondes où ils pouvaient exprimer leur opinion sur le controversé projet qui vise à améliorer la sécurité routière dans la cité de Laviolette. La suite des choses, soit la façon dont s’appliquera Vision zéro à Trois-Rivières, est donc entre les mains du conseil municipal, qui attend cependant que soit produit un résumé des idées et opinions partagées lors des consultations.

La journée de consultations de samedi a toutefois permis de faire le même constat que lors de la première: s’il n’y a pas consensus sur les mesures contenues dans Vision zéro, il y en a un sur l’existence d’un problème de sécurité routière et de partage de la vie publique à Trois-Rivières. De nombreux citoyens ont également proposé des pistes de solutions, qui passent principalement, selon eux, par une ou des campagnes de sensibilisation sur la sécurité routière, autant en voiture, à vélo et à pied.

«Il y a de l’éducation à faire auprès des gens, tant à pied qu’à vélo ou en voiture. Il y a encore beaucoup de choses à faire avant Vision zéro», a martelé une citoyenne.

Plusieurs Trifluviens ont aussi proposé à la Ville de Trois-Rivières de mener des consultations quartier par quartier, afin que les citoyens puissent l’aider à identifier les problématiques et les solutions qui leur semblent adéquates, plutôt que d’imposer une seule vision à l’ensemble du territoire. «Je pense que les citoyens sont les mieux placés, ainsi que les policiers et les ambulanciers, pour savoir quels coins sont dangereux», a résumé une citoyenne.

«C’est important d’avoir un bon diagnostic pour bien répondre au problème, pour agir à la source», a ajouté une autre participante.

La vitesse était, ce samedi encore, un sujet souvent ramené par les participants. La majorité d’entre eux, comme c’était le cas lors de la première séance de consultation, sont opposés à ce que la limite de vitesse soit abaissée à 40 km/h sur l’ensemble des rues dans les quartiers résidentiels et les rues collectrices. Ils ont plutôt exprimé le souhait que les policiers soient plus présents dans les rues de Trois-Rivières. Certains étaient toutefois prêts à accepter une diminution de la limite de vitesse, mais dans certains quartiers seulement.

En comptant les 189 participants aux tables rondes qui avaient lieu en avant-midi et en après-midi, 326 personnes se sont présentées samedi à la Bâtisse industrielle.

Plus de participation citoyenne

Présente samedi, la mairesse suppléante de Trois-Rivières, Ginette Bellemare, était satisfaite de la manière dont se sont déroulées les deux journées de consultations publiques. «J’ai été moins présente que la semaine dernière, mais j’ai quand même entendu des gens dire que oui, il y a des mesures qu’il faut mettre en place et oui, il y a des problématiques dans nos rues qu’ils nous demandent de régler. Je trouve intéressant que les citoyens nous aient amené différentes solutions et avenues et ça nous éclaire, nous les conseillers.»

Mme Bellemare attend d’ailleurs avec impatience le rapport qui doit être rédigé à partir des comptes-rendus des tables rondes, des commentaires envoyés et des mémoires déposés par les citoyens.

«J’ai bien hâte que le rapport soit produit pour nous guider et nous orienter. Ce qu’on entend, ce sont des choses qui rejoignent ce qu’on veut faire avec Vision zéro», estime-t-elle.  

La mairesse suppléante promet par ailleurs que ce genre d’événement axé sur la participation citoyenne sera répété à l’avenir.

«On s’en va de plus en plus vers la participation et la consultation citoyennes à la Ville de Trois-Rivières, comme en témoigne la création de la Direction des communications, qui inclut également dans son mandat la participation citoyenne. On est rendus là avec nos citoyens, ils veulent participer et nous dire ce qu’ils pensent des décisions prises par le conseil. Vision zéro est le bon exercice pour commencer ce type de consultations et c’est sûr qu’il y en aura d’autres.»

En tout, plus de 500 citoyens se sont déplacés pour assister à l’une ou l’autre des deux journées de consultations. De ce nombre, 315 personnes ont participé aux tables rondes, pour lesquelles ils devaient s’inscrire à l’avance.

Sceptique sur l’échantillonnage

S’il félicite la Ville de Trois-Rivières sur la façon dont se sont déroulées les consultations publiques, le coadministrateur du groupe Facebook «Trifluviens contre Vision zéro», Stéphane Guay, doute de la représentativité des quelque 300 personnes qui ont pris part aux tables rondes. «On avait fait un sondage maison auquel 1100 personnes ont participé et même si on avait indiqué que ce n’était pas scientifique, on s’était fait démolir là-dessus. Mais là, c’est un échantillonnage assez minime. Je ne pense pas qu’il représente complètement la population de Trois-Rivières.»

M. Guay a néanmoins espoir que de bonnes idées ressortent des consultations et que le conseil municipal en tiendra compte.
Le groupe «Trifluviens contre Vision zéro» a par ailleurs profité de la tenue de son kiosque d’information aux deux journées de consultations pour recueillir de nouvelles signatures à sa pétition contre la diminution de la limite de vitesse à 40 km/h pour les rues locales et collectrices. M. Guay estime que cette pétition a recueilli près de 4000 signatures depuis qu’elle a été lancée, en novembre dernier.

Julien Vassalo, fondateur du groupe Facebook «Trifluviens pour la sécurité routière et une vision d’avenir», en faveur de Vision zéro, aurait également souhaité une plus grande participation des citoyens, notamment de la part des jeunes familles trifluviennes. Il estime cependant que l’exercice de consultations publiques était constructif. «Je crois qu’on se rejoint, les pour et les contre Vision zéro, sur certains points, sur la question de la sécurité routière, entre autres. C’était très intéressant et je trouve ça important qu’on ait pu parler ensemble, avoir un débat.»

Les citoyens qui désirent participer à cette consultation ont jusqu’au 1er mars pour envoyer leurs commentaires ou un mémoire à la Ville de Trois-Rivières. Cette dernière tiendra également compte des commentaires reçus sur les réseaux sociaux. La firme engagée pour animer les consultations s’est engagée à produire un rapport synthèse sur celles-ci d’ici deux mois. La Ville a également l’intention de mettre prochainement sur son site internet une vidéo présentant les enjeux et mesures de Vision zéro, ainsi que l’avis des exposants présents aux consultations publiques.