Vision zéro: pas de 40 km/h mur à mur

TROIS-RIVIÈRES — La vitesse dans les rues locales et collectrices de Trois-Rivières ne sera pas abaissée à 40 km/h de façon systématique. Le conseil municipal a présenté, mardi soir, sa réflexion à la suite des consultations publiques entourant l’adoption de la philosophie Vision zéro, une philosophie que le conseil n’abandonnera pas mais pour laquelle il adaptera plusieurs mesures en fonction des commentaires reçus de la population.

On se souviendra que l’adoption de cette philosophie, en novembre 2018, avait amené une grande division dans la population, spécialement en lien avec cette mesure d’abaissement de la vitesse. Au terme des consultations publiques tenues en février, le conseil a présenté sa réflexion mardi soir, une réflexion qui n’a toutefois pas fait l’objet d’un vote, mais bien d’une présentation au public.

Le conseil dit avoir dégagé quatre grands constats des consultations publiques. L’un de ces principaux constats mentionne que la mesure d’abaissement de la vitesse ne fait clairement pas l’unanimité. «Nous allons écouter la population et ne pas aller de l’avant avec l’application mur à mur de la mesure. Ça se fera plutôt par projets pilotes, dans des zones ciblées et des quartiers où les citoyens seront intéressés par ces mesures», explique le conseiller municipal Claude Ferron.

Par ailleurs, le conseil note que la population a exprimé vouloir être davantage impliquée dans le processus, vouloir que les règles déjà en vigueur soient appliquées à la lettre par l’augmentation de la présence policière, puis pouvoir avoir une meilleure idée des coûts liés aux diverses mesures qui pourraient être mises en place.

Dans cette optique, le conseil municipal a voulu dégager dix axes d’intervention de cette réflexion, des interventions qui ne seront toutefois pas soumises au vote du conseil tant que le nouveau maire n’aura pas été élu, le 5 mai prochain.

Le conseiller municipal Claude Ferron a présenté la réflexion du conseil municipal au public, mardi soir.

Ainsi, divers projets pilotes pourraient être mis en place pour différentes mesures. Outre l’abaissement de la limite de vitesse dans des zones ciblées, on veut développer le concept d’Écoles sécuritaires et actives, avec l’élaboration de corridors sécuritaires pour les élèves qui s’y rendent à pied ou à vélo. On planifie aussi de développer des projets de transport actif pour les aînés, de quartiers conviviaux et de mesures d’apaisement de la circulation.

Le conseil cible aussi une plus grande surveillance policière, une moins grande tolérance des écarts de vitesse par rapport à la limite et l’utilisation plus fréquente de radars pédagogiques. On souhaite en outre faire de la sensibilisation et de l’éducation, en plus de s’attaquer à la sécurité hivernale des piétons, avec davantage de déneigement et de déglaçage des trottoirs, spécialement dans les corridors commerciaux ou encore aux abords des écoles, résidences pour aînés et où la densité de la population le justifiera.

«On n’abandonne pas la vision, mais on veut la faire à votre image», a lancé le conseiller Claude Ferron, lors de sa présentation au public. Pour lui et ses collègues, cette vision ne se fera pas systématiquement, mais progressivement sur les années à venir, en consultation constante avec la population et par une plus grande diffusion de l’information au public.

Les coûts liés à différentes mesures d’aménagement sont pour le moment difficiles à chiffrer, reconnaît le conseiller municipal, mais ces aménagements se retrouveront imbriqués dans ce qui devra déjà être fait. «Ce qui sera fait sera mieux fait. On se dote de nouveaux standards», résume-t-il, donnant pour exemple l’adoption des normes par la Régie du bâtiment, il y a plusieurs années, pour désormais adapter tout bâtiment public à l’accessibilité des personnes à mobilité réduite. «Il s’agit de mieux aménager nos rues pour que tous les citoyens soient pris en considération. Je vois ça comme un coût réel face à un besoin réel», lance-t-il.

Questionné à savoir s’il n’aurait pas été préférable d’abandonner tout simplement le nom Vision zéro, qui a pu avoir une connotation négative chez certains citoyens, Claude Ferron a indiqué que ce nom incarnait bien l’objectif de la philosophie, soit «zéro accident avec morts ou blessés graves», mais n’a pas semblé fermé à l’idée de ne plus y faire référence, «si c’est tout ce que ça prend pour que l’on aille de l’avant avec les mesures». Il n’a pas non plus écarté l’idée que la Ville mène un sondage scientifique sur la question.