Ces deux cartes montrent le recensement des accidents mortels (points rouges) et des accidents avec blessés graves (points jaunes) sur le territoire depuis 2005.

«Vision zéro»: de la désinformation?

TROIS-RIVIÈRES — Décidément, l’adoption sur division par le conseil municipal de la «Vision zéro» continue de faire des vagues. Après la sortie de son mutisme du maire Yves Lévesque par le biais de Facebook sur ce projet, la conseillère municipale Mariannick Mercure, à l’origine de la résolution adoptée la semaine dernière, déplore qu’une campagne de désinformation soit actuellement menée par des opposants au projet.

Mariannick Mercure a d’ailleurs rendu publique une carte obtenue sur le site web interne de la Ville de Trois-Rivières, où l’on recense tous les accidents mortels et ayant causé des blessures graves qui sont survenus à Trois-Rivières depuis 2005.

«Partout, j’ai entendu des gens clamer qu’il n’y avait pas de problème avec les accidents à Trois-Rivières. Moi, quand je regarde cette carte-là, je constate qu’il est vraiment temps qu’on se penche sur la question de la sécurité routière», constate-t-elle, indiquant par ailleurs que cette carte démontre très bien que plusieurs accidents graves ou mortels se sont produits sur des rues locales et collectrices, là où le projet de «Vision zéro» comprend notamment la diminution de la vitesse à 40 km/h.

Afin de permettre une bonne circulation de l’information, la conseillère municipale, ainsi que plusieurs de ses collègues, ont relayé via les réseaux sociaux les documents permettant d’expliquer cette nouvelle vision de la sécurité routière. Cette dernière, rappelons-le, comprend de multiples mesures à mettre en place sur le long terme pour repenser la circulation, et ne s’arrête pas seulement à la diminution de la vitesse à 40 km/h sur les rues locales et collectrices.

Par ailleurs, alors que le maire Yves Lévesque soutenait, sur sa page Facebook que le projet nécessiterait la révision du schéma de couverture de risques en sécurité incendie en plus de la possible construction d’une nouvelle caserne et l’embauche de pompiers, le ministère de la Sécurité publique a contredit cette information jeudi, à Radio-Canada Mauricie. Le ministère a indiqué que «le code de la sécurité routière prévoit que les véhicules d’intervention peuvent outrepasser les règles de la circulation», ce qui ne les oblige pas à respecter les limites de vitesse. Vendredi, toutefois, le ministère référait toute demande d’entrevue sur le sujet à la Municipalité et ne souhaitait plus se prononcer sur la question.

Pétition

Mariannick Mercure déplore que la conseillère municipale Valérie Renaud-Martin, qui avait voté en défaveur de la «Vision zéro» ait donné son appui à un citoyen qui a lancé une pétition en ligne pour permettre aux citoyens de se prononcer contre l’imposition de la limite de 40 km/h. «Qu’elle donne son appui, c’est une chose. Mais cette pétition véhicule une fausse information disant qu’il n’y aura pas de consultation publique. C’est totalement faux. Il y aura une séance d’information pour donner les bonnes informations, à la suite de quoi il y aura une consultation publique. C’est écrit noir sur blanc dans la résolution, et je trouve que ce n’est pas honnête que d’appuyer des démarches qui véhiculent de fausses informations», indique-t-elle.

Valérie Renaud-Martin a répliqué toutefois avoir indiqué à ce citoyen qu’il était en droit de mettre en ligne une pétition, et lui a fourni la résolution pour lui permettre d’obtenir les informations exactes, un document public, rappelle-t-elle. Toutefois, elle se défend d’en être la «coorganisatrice».

Par contre, Mme Renaud-Martin constate que les informations véhiculées dans la pétition sont loin d’être fausses. «Ce que la résolution dit, c’est qu’il y aura une consultation sur l’application des mesures proposées dans la ‘‘Vision zéro’’. Or, ce que les citoyens veulent, et ce que j’ai moi aussi demandé, c’est une consultation en amont de tout ça. Ils ne veulent pas être consultés sur la mise en place du moyen, mais sur le moyen lui-même, et ils ont le droit de l’exiger», remarque-t-elle.