C’est la conseillère Mariannick Mercure, secondée par son confrère Claude Ferron, qui avait proposé la «Vision zéro», entraînant entre autres la diminution des limites de vitesse à 40 km/h dans les zones résidentielles et les rues collectrices.

«Vision zéro» adoptée dans la division et l’émotivité

TROIS-RIVIÈRES — Rarement un dossier aura suscité autant d’émotivité au sein du conseil municipal de Trois-Rivières depuis l’élection, il y a un an. C’est finalement dans la division que les élus trifluviens ont dit oui à la «Vision zéro», une philosophie de planification routière basée sur la sécurité des personnes plus vulnérables, qui impliquera notamment l’abaissement des limites de vitesse à 40 km/h dans les zones résidentielles et les rues collectrices.

Cette vision, proposée par les conseillers municipaux Mariannick Mercure et Claude Ferron, aurait déjà fait ses preuves dans les pays scandinaves ainsi qu’auprès de plusieurs villes à travers le monde y ayant adhéré. Basée sur plusieurs études scientifiques, la vision propose différentes mesures permettant l’augmentation de la sécurité des personnes dites vulnérables, dont les piétons, les cyclistes, les enfants et les personnes âgées.

Or, certains conseillers municipaux ont démontré des réticences sur deux points, soit l’abaissement de la limite de vitesse à 40 km/h, de même que l’adoption de cette résolution sans qu’elle ne fasse l’objet d’une consultation citoyenne.

En marge de la séance du conseil municipal, lors de la session de travail, il a été convenu d’ajouter un point à la résolution stipulant que l’on prévoyait mettre en place une «démarche d’information notamment par la tenue de forums sur la vision zéro et de consultation sur les modes d’application des différentes mesures proposées». Une mesure qui n’a pas satisfait quatre conseillers municipaux, qui s’attendaient à une consultation en bonne et due forme, et non une séance d’information.

«J’exige qu’il y ait une consultation publique par quartier au sujet de tous les aménagements proposés dans cette vision», indique le conseiller de Sainte-Marthe, Daniel Cournoyer, qui a demandé le vote sur cette résolution et s’est prononcé contre. M. Cournoyer a notamment exprimé des craintes quant à l’intervention policière sur le territoire, de même qu’au schéma de couverture de risques en sécurité incendie, dont la planification de dix pompiers en dix minutes pourrait être affectée par cette nouvelle réalité.

Michel Cormier, Valérie Renaud-Martin et Sabrina Roy ont également voté en défaveur de la proposition. Dans tous les cas, les conseillers se sont dits en faveur de l’augmentation de la sécurité routière et du fondement de la vision zéro, mais désiraient une consultation publique plus étoffée. Dans le cas de Michel Cormier, il se disait également en défaveur de l’abaissement de la limite de vitesse à 40 km/h. Sa collègue de Chavigny, Maryse Bellemare, a elle aussi émis des réticences face à cette mesure, mais s’est tout de même ralliée au vote en faveur de la résolution.

Pour sa part, le conseiller Claude Ferron s’est dit satisfait du compromis trouvé pour la tenue d’une séance d’information aux citoyens, mais que le conseil municipal se devait aussi de se positionner en ce qui concerne la sécurité routière.

«Notre rôle comme élus est de prendre une décision quand il est question de protéger la population la plus vulnérable. Maintenant, si on peut bonifier les projets avec les commentaires des citoyens, c’est tant mieux», croit celui qui ajoute que l’abaissement de la limite à 40 km/h est un premier pas d’une série de mesures qui viseront à l’augmentation de la sécurité routière, et que le conseil municipal se devait d’envoyer un message clair en y adhérant.

Parmi les autres mesures, notons l’implantation systématique, lors d’ouverture de nouvelles rues ou de réfection de rues existantes, de mesures d’atténuation. Il serait notamment question d’élargissement des trottoirs, d’implantation de pistes cyclables, de radar photo et de surveillance aux feux rouges, de sécurisation de passages achalandés pour piétons, ou encore de ceux à proximité des écoles, etc.

L’instigatrice de ce projet, Mariannick Mercure, a souligné pour sa part que la vision zéro présentait des mesures ambitieuses mais réalistes, et a du même coup salué le courage politique dont ont fait preuve ses collègues ayant appuyé la résolution, elle qui rappelle avoir travaillé des centaines d’heures sur ce projet et qui est devenue très émotive à certains moments durant le débat tenu en marge de la séance régulière du conseil municipal.