Ghislain Gauthier, assistant chez Optométriste Dr Chantal Lévis, et Ginette Dubé, propriétaire de la boutique Marika, en avaient gros sur le coeur après avoir eu bien du mal à ouvrir leurs commerces, mercredi matin.

Visiblement mal déneigé!

Des commerçants du secteur Grand-Mère disent avoir eu une bien mauvaise surprise mercredi matin, alors que le déneigement des trottoirs de l'artère commerciale de l'avenue Grand-Mère, n'était pas fait.
À l'ouverture des commerces, d'importants bancs de neige encombraient le trottoir, rendant l'accès pratiquement impossible selon les commerçants.
Des bancs de neige de près de quatre pieds de haut par huit pieds de large les attendaient par endroit, eux qui devaient accueillir leur clientèle dès l'ouverture des commerces.
C'est que le déneigement a été fait sur l'artère commerciale afin que les véhicules puissent circuler. Or, avec les importantes quantités de neige, tout a été tassé sur les trottoirs tôt le matin, et les trottoirs étaient toujours encombrés au moment où Le Nouvelliste s'est entretenu avec eux, soit à 9 h 45. Une situation anormale et déplorable, martèlent deux de ces commerçants.
Chez l'optométriste Dr Chantal Lévis, l'assistant Ghislain Gauthier a dû lui-même déneiger le trottoir afin que sa première patiente, une dame de 85 ans, puisse se rendre à son rendez-vous sans se blesser.
«La plupart de mes patients ont un âge vénérable. On veut éviter les chutes en hiver. Mais là, ce matin, c'était pire que tout. Nous avons creusé une sorte de tranchée pour qu'elle puisse venir, mais c'était loin d'être évident avec tout ce qui avait été laissé sur le trottoir», explique M. Gauthier.
Ce dernier a signifié son mécontentement au service des Travaux publics. «Nous sommes une rue commerciale. Il y a beaucoup de commerces qui sont tributaires des passants à pied. Ça n'a vraiment aucun sens», a-t-il déclaré.
Même son de cloche à la boutique Marika, quelques locaux plus loin, alors que la boutique était tout simplement déserte parce que les clients ne pouvaient pas s'y rendre.
«C'est aberrant. Nous sommes incapables de recevoir nos clients. Nous sommes une artère principale, mais comme commerçants on se sent délaissés. Nous devrions être considérés, d'autant plus que nous payons très cher de taxes pour recevoir ces services», constate la propriétaire Ginette Dubé.
Selon elle, la survie des commerces sur l'artère commerciale n'est déjà pas facile depuis quelques années, mais elle déplore que les services municipaux viennent ainsi mettre de nouveaux bâtons dans les roues. 
«On comprend qu'il y a eu une tempête de neige, mais un trottoir d'une artère commerciale, ça devrait être prioritaire avant les heures d'ouverture», mentionne-t-elle, ajoutant que les personnes qui voulaient aller à l'arrêt d'autobus y avaient également difficilement accès.
Du côté de la Ville de Shawinigan, on assure qu'une chenillette est passée durant la nuit, dégageant une partie du trottoir. Après vérification auprès du service des Travaux publics, la porte-parole Véronique Gagnon-Piquès explique que des appels ont été reçus dès le matin pour améliorer la situation et que la chenillette est repassée par la suite pour dégager une nouvelle fois la voie. 
Selon les commerçants, ce passage est survenu peu avant 10 h, soit au moins une heure après l'heure d'ouverture des commerces, et ce, parce que des plaintes avaient été logées aux Travaux publics.
«Le déneigement avait été fait une première fois durant la nuit. Il faut comprendre que dans un cas comme ça, la priorité demeure de dégager la route, et les trottoirs passent en deuxième. Toutefois, nous avons aussi un souci de dégager les trottoirs et c'est pourquoi la chenillette était passée durant la nuit», explique Véronique Gagnon-Piquès.
Cette dernière explique que lors d'importantes chutes de neige comme celle reçue depuis deux jours, la Ville met tous les effectifs sur le terrain pour procéder le plus rapidement possible, mais demande aussi à la population et aux commerçants de faire preuve de patience et de collaboration.