L’UQTR et les collèges ont accéléré leur virage numérique afin de poursuivre leur recrutement.
L’UQTR et les collèges ont accéléré leur virage numérique afin de poursuivre leur recrutement.

Virage numérique accéléré pour recruter des étudiants

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — L’UQTR et les trois collèges de la région ont dû repenser leur approche pour continuer à attirer de nouveaux étudiants de la région, du Québec et même du monde entier depuis le début de la pandémie. C’est que les salons universitaires ou collégiaux auxquels ils prenaient part chaque année à l’étranger, de même que leurs traditionnelles journées portes ouvertes ne peuvent plus se tenir de la même façon.

Les institutions d’enseignement supérieur n’ont malgré tout pas été prises au dépourvu par cette situation. Au contraire, elles semblent même, pour l’instant, en tirer profit.

L’UQTR, pour une, prévoyait depuis un bout de temps, déjà, effectuer la grande transition vers le monde numérique afin d’enrichir ses interventions de promotion auprès de sa future clientèle. L’arrivée de la pandémie n’a fait que donner l’impulsion finale vers ce projet, explique Yvon Laplante, directeur du service des communications et des relations avec les diplômés de l’université trifluvienne. «La pandémie a devancé les plans», résume-t-il.

Au Cégep de Shawinigan, le virage numérique pour le recrutement était aussi déjà dans les cartons. «Ça n’a fait qu’accélérer les choses», indique Nathalie Houle, gestionnaire au recrutement et au développement international.

Avec le recul de quelques mois, on peut même dire «il y a des succès qu’on a connus à cause de la COVID et qu’on va conserver», constate Yvon Laplante.

«Les salons qui se tenaient auparavant, par exemple en France, ont basculé en mode virtuel. Nous avons donc participé à ces salons virtuels pour présenter le Cégep de Trois-Rivières aux futurs étudiants internationaux», explique de son côté Isabelle Bourque, responsable des communications. «Le fait que les activités de recrutement pour les étudiants québécois se tiennent cette année en virtuel permet aux étudiants internationaux d’y prendre part», ajoute-t-elle. «Les étudiants internationaux participent aux activités ‘’Étudiant d’un jour’’, ce qu’ils ne pouvaient faire auparavant», illustre-t-elle.

Avant la pandémie, l’UQTR rendait visite à 67 cégeps en personne pour inviter les étudiants à poursuivre leurs études supérieures chez elle. Cette année, cette visite s’est plutôt tenue sur deux jours en mode virtuel, en octobre.

«On va revenir à nos portes ouvertes en réel, bien entendu, lorsque ce sera possible. Ce n’est pas définitif», assure Yvon Laplante. Toutefois, ce qui est désormais certain, dit-il, c’est que «dans l’avenir, on va développer des modèles hybrides».

Les indicateurs à ce sujet sont d’ailleurs au vert. Pour ses portes ouvertes virtuelles qui se tiendront ce samedi, de 10 h à 15 h, (uqtr.ca/choisiruqtr) «on a plus d’inscriptions qu’on en avait à pareille date, l’année dernière, pour la journée en présentiel», illustre M. Laplante.

La demande ayant été forte du côté des étudiants internationaux, l’UQTR a même décidé, la semaine dernière, d’ajouter un stand virtuel d’information pour eux.

Yvon Laplante constate que cette nouvelle approche virtuelle répond à un besoin.

Au Cégep de Shawinigan, les portes ouvertes virtuelles ont suscité 374 consultations par rapport à quelque 300 en temps normal, indique Nathalie Houle.

Avant, un étudiant pouvait passer une journée entière au Cégep pour confirmer son choix de programme. Cette année, s’il le désire, il peut assister à un cours en ligne. Le Cégep de Shawinigan met également à la disposition des candidats une visite virtuelle en 360 degrés, une idée reprise par beaucoup d’établissements d’enseignement.

Tous les moyens ont été mis en œuvre pour continuer à attirer les nouveaux étudiants en dépit des restrictions sanitaires. «Nous avons procédé à une refonte de notre site internet pour que la navigation soit plus conviviale pour les utilisateurs. Nous avons ajouté des moyens de communication pour que les futurs étudiants puissent nous rejoindre facilement: clavardage, texte, rencontres Zoom, etc.», résume Anne-Laurence Jacob, du service des communications du Collège Laflèche.

Ce basculement vers le monde numérique qui permet, malgré la pandémie, de rester connecté, est finalement devenu un plus, tant pour les établissements que les étudiants à l’UQTR. «On s’est aperçu que notre activité de recrutement est en continu. Dès que les gens se sont inscrits à notre journée portes ouvertes virtuelle, ils ont déjà commencé à être en lien avec nos conseillers aux futurs étudiants», explique Yvon Laplante. «Ça devient une promesse d’accompagnement plutôt qu’une activité de recrutement», résume-t-il.

Au Cégep de Trois-Rivières, les portes ouvertes virtuelles se sont tenues les 3 et 4 novembre. Grâce à la plateforme po.cegeptr.qc.ca, ces portes virtuelles demeureront ouvertes jusqu’au 30 novembre, indique Isabelle Bourque.

«C’est plus agile, comme moyen de communication», souligne Yvon Laplante. «C’est le consommateur qui décide à quel moment ça lui convient le mieux de s’informer», fait-il valoir. «Ça nous permet de faire un accompagnement beaucoup plus individualisé des futurs étudiants que l’on reçoit», dit-il.

On pourrait croire que la mise en place d’un nouveau mode de recrutement nécessiterait des investissements importants et des ressources humaines supplémentaires. Or, Yvon Laplante affirme que ce n’est pas le cas. Toutefois, précise-t-il, «il a fallu qu’on réinvente complètement nos stratégies de recrutement. «Jusqu’à présent, cet automne, on a participé à huit salons internationaux. Habituellement, dans nos budgets, on en fait quatre ou cinq par année», en présentiel. On évite, en virtuel, toute la logistique du déplacement et de l’hébergement. Éventuellement, l’UQTR recommencera à prendre part à des salons à l’international, croit M. Laplante, «mais on va les assortir de plein d’autres stratégies qu’on a développées et raffinées pendant la COVID.»

«Le plus complexe, ce n’est pas de se déployer, c’est de composer avec les variations dans les directives qui viennent tantôt du gouvernement du Québec, tantôt du gouvernement du Canada, de la CNESST. On doit adapter nos pratiques. On a souvent à moduler notre message auprès des candidats internationaux», souligne de son côté Yvon Laplante.