Catherine Lemarier-Saulnier, membre fondatrice du GAF de l’UQTR, Marie-Soleil Desrosiers, intervenante au CALACS de Trois-Rivières de même que Mélanie Lemay, membre fondatrice du collectif Québec contre les violences sexuelles.

Violences sexuelles sur les campus universitaires: «on ne tolère plus»

Trois-Rivières — Le Groupe action femmes (GAF) de l’Université du Québec à Trois-Rivières a tenu, mardi, une table ronde afin de faire le point sur les différentes mobilisations sur les campus universitaires contre les violences sexuelles. Bien que ces mobilisations aient désormais mené à l’adoption de la Loi 151 pour prévenir les violences sexuelles dans les établissements d’enseignement supérieur, force est de constater qu’il reste encore du travail à faire.

C’est du moins ce qui ressort des discussions tenues entre les invitées de la table ronde, soit Mélanie Lemay, membre fondatrice du collectif Québec contre les violences sexuelles, Marie-Soleil Desrosiers, intervenante au CALACS de Trois-Rivières de même que Catherine Lemarier-Saulnier, membre fondatrice du GAF de l’UQTR.

Si l’adoption de la loi 151 demeure un grand pas vers l’avant et a eu des impacts bénéfiques, il ne faut pas non plus qu’elle devienne une fin en soi, mais plutôt un levier pour étendre la prévention et la sensibilisation bien au-delà des établissements d’enseignement supérieur, croient les intervenantes. Par ailleurs, certaines zones grises persistent au sein même des institutions et des relations de pouvoir qui s’y créent forcément, des zones grises qu’il faudra absolument clarifier si l’on veut que l’outil joue véritablement son rôle.

Par contre, on reconnaît en cette loi, autant que dans les différentes mobilisations tenues depuis les 18 derniers mois, le bénéfice d’avoir créé le débat, suscité la discussion et surtout changé les perceptions quant à la culture du viol et les différents comportements inacceptables que l’on n’osait dénoncer avant. «On ne banalise plus, on ne tolère plus», remarque Marie-Soleil Desrosiers.

Le GAF avait vu le jour dans les premiers mois de l’année 2016, avant même les mobilisations pour soutenir les victimes de l’Université Laval ou encore la campagne Sans oui c’est non. À cette époque, un party universitaire chapeauté par plusieurs associations étudiantes de l’UQTR et ayant pour thème «Sauf une fois au chalet» avait soulevé la colère de nombreuses personnes, qui avaient publié une lettre ouverte.

«On mettait de l’avant ce qui était inconcevable pour nous, soit le témoignage de quelqu’un qui a violé ses enfants. On était un groupe de filles très heurtées par ça, car on se disait que s’il y avait des victimes sur le campus, elles auraient pu se sentir heurtées par ça», se souvient Catherine Lemarier-Saulnier.

Depuis, le GAF s’est fait porteur de plusieurs actions sur le campus pour faire de l’UQTR un milieu de vie sain à tout moment, évoque Mme Lemarier-Saulnier.

«Juste le fait que le GAF ait été créé a entraîné une sensibilité au enjeux féminins d’agression sexuelle en général. Il y a eu une vraie mobilisation du milieu, des comités ont été créés», souligne Mme Lemarier-Saulnier, ajoutant qu’un plan d’action a aussi été élaboré pour enrayer les agressions sexuelles sur le campus et améliorer les outils d’accompagnement pour les victimes. Encore faut-il que les ressources soient attribuées afin de concrétiser les différents projets.

«Pour pouvoir s’assurer que le plan d’action puisse avoir lieu, ça va prendre des sous du gouvernement pour pouvoir engager des gens, offrir de la formation, créer un système de sentinelles, qu’il puisse y avoir des lampadaires sur le campus pour éclairer la piste cyclable, par exemple. Mais on a une super bonne écoute et de bons partenaires sur le campus», mentionne-t-elle.