Dans la région, plusieurs ressources sont disponibles pour les femmes victimes de violence conjugale.
Dans la région, plusieurs ressources sont disponibles pour les femmes victimes de violence conjugale.

Violence conjugale: un phénomène insidieux

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Le dénouement entourant la disparition de Véronique Vennes à Shawinigan a connu une fin heureuse mercredi matin, mais l’histoire n’est pas sans rappeler à quel point le cycle de la violence conjugale peut être insidieux. Pour les ressources dédiées aux femmes victimes de violence et à leurs enfants, dans la région, il importe de rappeler que personne n’est à l’abri de cette réalité, mais qu’il ne faut surtout pas hésiter à demander de l’aide.

«Derrière chaque geste de violence, il y a d’abord une intention de contrôler l’autre personne», résume Karine Gendron, directrice générale de la Maison le Far, ressource pour femmes et enfants en difficulté. Pour Mme Gendron, il importe de rappeler que la dynamique de violence au sein d’un couple s’installe toujours de façon graduelle et qu’il faut éviter de tomber dans le piège du jugement trop facile à l’endroit de la victime.

«Toute histoire de violence conjugale commence d’abord par une relation amoureuse, il ne faut pas l’oublier. Souvent, ça va d’abord se manifester par des attentions excessives envers la personne, en niant les gestes de violence psychologique, de contrôle, en dégradant la personne, en la dépossédant de son pouvoir, en semant le doute et la honte chez elle et en lui faisant vivre beaucoup de culpabilité», indique Mme Gendron.

Pour Denise Tremblay, directrice générale de la Maison la Séjournelle à Shawinigan, le cycle de violence conjugale peut s’apparenter à une toile d’araignée dans laquelle la victime se trouvera prise peu à peu, sans pour autant que cela ne se traduise en violence physique systématiquement.

«L’emprise du conjoint est immense. On joue sur les peurs et les espoirs de la victime, et on arrive même à projeter la responsabilité sur elle, de lui faire croire qu’elle est responsable de ce qui lui arrive. Dans ce contexte, qui a envie d’aller se confier, alors qu’elle croit porter la responsabilité», questionne Mme Tremblay.

Cette dernière rappelle par ailleurs que la violence ne cessera pas simplement avec une rupture. «Bien souvent, le conjoint violent n’accepte pas de perdre son emprise, et le risque de représailles peut augmenter avec la rupture. La victime se dit souvent qu’elle préfère rester aussi pour protéger les enfants, par exemple», rappelle Denise Tremblay.

En Mauricie et au Centre-du-Québec, huit maisons d’hébergement peuvent accueillir les femmes victimes de violence conjugale. Or, des services d’accompagnement et de consultation se donnent aussi à l’externe, sans nécessairement passer par l’hébergement. «Nous ne sommes pas là pour casser les couples. Nous sommes là pour aider les victimes à reprendre du pouvoir sur leur vie, et parfois aussi à réseauter le conjoint violent pour qu’il puisse obtenir de l’aide», indique Denise Tremblay.

Par ailleurs, des services sont également disponibles pour les proches qui pourraient être témoins de la violence conjugale et souhaiteraient aider la personne. «La première chose, c’est toujours de croire la victime», rappelle Karine Gendron.

«Dans le cas présent, les proches ont fait la bonne chose car ils ont signalé leur inquiétude. Parfois, on se sent impuissant parce qu’on constate, on voit des choses, mais la victime n’est pas prête à l’entendre. Les ressources sont équipées pour aider les proches, les amis, même les employeurs. Quand on constate que l’employée se fait appeler 25 fois par jour par son conjoint, que son état se dégrade», cite en exemple Denise Tremblay.

Des intervenantes sont disponibles jour et nuit pour répondre aux appels des victimes qui pourraient en avoir besoin. Par ailleurs, différents moyens existent aussi pour les contacter sans que la victime ne sente qu’elle puisse être en danger. «On n’a qu’à penser aux pharmacies, qui sont des milieux sécuritaires où aller demander de l’aide afin de pouvoir contacter une ressource d’hébergement», donne en exemple Karine Gendron.

Quelques ressources

Maison Le Far, Trois-Rivières: 819-378-2990
Maison de Connivence, Trois-Rivières: 819-379-1011
Le Toit de l’amitié, La Tuque: 819-523-7829
Centre Asperimowin (pour les autochtones), La Tuque: 819 523-8600
Maison la Séjournelle, Shawinigan: 819-537-8348
Maison La Nacelle, Nicolet: (819) 293-6942
La Rose des vents, Drummondville: (819) 472-5444
Maison La Volte-Face, Victoriaville: (819) 795-3444


En tout temps: S.O.S. Violence conjugale au 1-800-363-9010 ou le 911 en cas d’urgence