Le maire Pierre-David Tremblay estime que le geste est inacceptable.

Violence au hockey: «Insensé et inacceptable»

La Tuque — «Il va y avoir de bons avertissements de sorte que cela ne se reproduise plus. On ne peut pas tolérer ça chez nous. On ne peut pas faire d’aveuglement volontaire là-dessus. C’est non et arrangez-vous pour que ça ne se reproduise plus parce que nous, on verra à prendre d’autres moyens.» Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, est clair: ce qui s’est produit au Colisée Denis-Morel vendredi dernier est inacceptable. La Ville enverra une lettre à la ligue et aux Loups de La Tuque.

«Le geste est insensé et inacceptable», lance d’entrée de jeu le maire Tremblay.

«La Ville, de prime abord, est contre la violence sous toute ses formes, je pense que ça, c’est clair. On ne veut pas être le théâtre de cette violence-là. Il y a peut-être des gens qui aiment ça, mais pour nous, c’est inacceptable», ajoute-t-il.

Rappelons que les événements se sont produits pendant le match des Loups de La Tuque vendredi dernier. Un violent coup de poing a été asséné par Robby Petiquay à Julien Gauthier du Métal Perreault de Donnacona lors d’une mêlée générale. Au bout du compte, Petiquay a écopé d’une suspension de cinq ans tandis que Gauthier souffre de blessures au visage et d’une sévère commotion cérébrale. L’organisation des Loups avait accepté la décision en assurant que le geste n’avait pas été prémédité.

L’état de santé du jeune hockeyeur ne s’est d’ailleurs pas amélioré depuis l’agression. La direction de l’équipe de Donnacona mentionnait jeudi que Julien Gauthier a passé deux séjours à l’hôpital depuis le début de la semaine en raison des intenses douleurs à la tête qu’il doit endurer. De plus, il a une partie du visage qui est paralysée, situation qui devrait se résorber une fois que l’enflure sera disparue. Malgré son état de santé, Julien Gauthier est passé de la parole aux actes mercredi en portant plainte à la Sûreté du Québec. Une enquête a donc normalement été ouverte par les policiers.

La Ville parle d’un geste isolé, mais elle veut s’assurer de ne plus revoir ça au Colisée municipal. Elle implore les équipes, mais aussi la ligue, de prendre leurs responsabilités.

«La glace appartient aux deux équipes et à la ligue, je m’attends, à la suite de ces événements-là, que les équipes soient plus disciplinées et que la ligue prenne ses responsabilités. C’est certain qu’on va écrire à la ligue, en copie conforme à l’équipe, parce qu’on ne veut plus voir ça», a affirmé Pierre-David Tremblay.

Julien Gauthier souffre de blessures au visage et d’une sévère commotion cérébrale.

«Ce ne sera plus toléré. Si l’on voit qu’il y a de l’amélioration tant mieux, si on voit que c’est pire, ce sera une décision du Conseil, mais ça pourrait aller à la limite jusqu’à refuser cette ligue-là à La Tuque […] Ce n’est pas une image positive pour La Tuque bien qu’on ne contrôle pas tout ça».

Le maire comprend que le jeu peut amener de la robustesse, mais là, c’est allé trop loin et «ce n’est pas le genre de show qu’on veut».

«On veut une équipe de hockey. Les gens participent, ils sont plus de 700 personnes dans le Colisée, mais on veut demeurer un endroit sécuritaire où c’est compétitif. Il n’y a pas de débordement du genre tous les ans. On le prend comme un geste isolé, on va apprendre de ça. Les gens doivent toutefois comprendre que La Tuque est un endroit paisible et qu’on est contre cette violence gratuite là».

Le maire n’est pas sans rappeler que d’autres événements ont eu lieu au Colisée municipal, notamment, des bagarres à l’extérieur de la glace.

«Nous comme Ville, on est responsable du Colisée à l’extérieur de la glace. L’an passé, il y avait eu des problèmes. […] On le sait, les enfants peuvent passer dans cet espace-là, ils peuvent recevoir un coup de bâton ou un coup de patin. J’étais intervenu l’année passée parce que les parents m’avaient interpellé à savoir que si le Colisée n’était pas sécuritaire, ils n’enverraient pas leurs enfants là. Moi, à ce moment-là, j’avais passé le message à qui de droit», a souligné le maire.

«Il faut que ça arrête!»

Ailleurs dans la LHSAAAQ, même s’ils dénoncent les gestes posés à La Tuque, les maires de Louiseville et Bécancour ne sont pas prêts à montrer la porte à leur équipe pour autant. Après tout, la présence d’une équipe senior a un effet bénéfique sur l’économie locale.

Dégoûté par la séquence qu’il a vue circuler, Yvon Deshaies critique la faiblesse de la sanction. «Il faut que ça arrête! Les dirigeants doivent prendre les moyens pour éviter que des incidents comme ça se reproduisent. Le joueur devrait être immédiatement banni à vie après un geste aussi sauvage. Et s’il est prouvé que l’entraîneur a quelque chose à voir là-dedans, il devrait aussi être suspendu à vie.»

Sur la rive sud du fleuve, le maire Jean-Guy Dubois n’a évidemment pas envie de voir un tel débordement dans son aréna. Lorsque le Formule Fitness est débarqué à Bécancour, il y a deux ans, il a pris soin de bien faire valoir son point de vue auprès des dirigeants. «Les gens savent qu’on veut offrir du vrai hockey ici, pas de la sauvagerie. À Bécancour, on en fait un événement familial, les joueurs du hockey mineur sont invités gratuitement. Alors du vidage de banc, on n’en veut pas. Ça fait deux ans qu’on a notre équipe et notre dossier est vierge», assure M. Dubois, qui assiste régulièrement aux matchs du Formule Fitness.

Avec la collaboration de Vincent Gauthier et de Gabriel Delisle