Denis Morel n’apprécie guère que son nom, accolé au Colisée de La Tuque, soit associé à la violence perpétrée dans l’enceinte latuquoise.

Violence au hockey à La Tuque: «C’est une disgrâce», dit Denis Morel

TROIS-RIVIÈRES — Même s’il est très fier que le Colisée de La Tuque porte son nom, l’ancien arbitre de la Ligne nationale, Denis Morel, a eu honte d’y être associé en voyant les gestes de violence qui s’y sont produits, vendredi soir, lors du match opposant les Loups de La Tuque au Métal Perreault de Donnacona.

«Si je vais voir un match au Colisée Denis-Morel, je veux voir un match de hockey et non de la lutte ou de la boxe», lâche-t-il.

Même s’il a rangé son sifflet en 1994, il est encore capable de reconnaître un coup salaud quand il en voit un et il ne mâche pas ses mots concernant les événements qui se sont produits pendant le match de vendredi soir dont le violent coup de poing asséné par Robby Petiquay des Loups à Julien Gauthier du Métal Perreault lors d’une mêlée générale.

«C’est une disgrâce. Ce n’est pas du hockey. Le hockey, c’est un jeu d’équipe et de finesse. Il peut y avoir une certaine robustesse physique, mais tout de même, si les gens veulent voir des combats de boxe qu’ils aillent à la boxe.»

Il croit que la Ligue de hockey senior AAA du Québec (LHSAAAQ) devrait se doter de règles très sévères pour éviter que les matchs dégénèrent. Sans interdire complètement les batailles, il estime que les mêlées générales devraient disparaître et que les sanctions imposées devraient être exemplaires.

«Je pense que des coups comme ceux qui ont été portés ont des conséquences extrêmes. On est chanceux qu’il n’y ait pas eu de blessures encore plus graves que ça.»

Il craint que l’image de La Tuque pâtisse des événements survenus sur la glace. «La Ville de La Tuque a toujours été une ville fière qui a supporté le sport. Je pense que c’est une disgrâce pour la ville. C’est malheureux. La Tuque a toujours été une ville de hockey.»

Il rappelle d’ailleurs que La Tuque a déjà été dotée d’une équipe intermédiaire qui avait même remporté la coupe Hardy.

Maintenant, des joueurs de hockey talentueux se retrouvent à se battre pour poursuivre leur passion. «Il faut laisser la chance à des joueurs de talent d’avoir du plaisir à jouer au hockey et non pas à se taper dessus.»

La Ligne nationale prouve que des changements sont possibles, estime-t-il. «Si on prend l’exemple de la Ligue nationale, il y a de moins en moins de batailles. Il y en a encore, mais ce n’est pas le but ultime du hockey. Dans la Ligne nationale, les bancs se vidaient avant, maintenant ce n’est plus le cas. En aucun cas, les bancs devraient se vider. Jamais.»

Rappelons que Petiquay a écopé d’une suspension de cinq ans. Julien Gauthier souffre de blessures au visage et d’une sévère commotion cérébrale.

«Des gestes comme ceux-là ne sont pas acceptables dans un aréna peu importe son nom», conclut Denis Morel.