Sur la photo, on voit à gauche Julie Pagé et à droite, Chantal D’Anjou.

Villa Champêtre: élan de solidarité à Pointe-du-Lac

TROIS-RIVIÈRES — Ébranlés par la fermeture imminente de la Villa Champêtre, plusieurs citoyens de Pointe-du-Lac ont décidé de se mobiliser pour venir en aide aux résidents.

Initié par Julie Pagé et Chantal D’Anjou, cet élan de solidarité s’est mis en place via les réseaux sociaux. Très rapidement, il a fait boule de neige. «En peu de temps, une dizaine de personnes que je ne connais même pas ont répondu à ma demande. Même chose du côté de Chantal», s’est exclamée Julie Pagé.

Selon elle, la démarche consiste tout simplement à aider les résidants dans leur déménagement. «Nous sommes des gens de coeur qui veulent aider ces personnes. Nous avons des bras pour faire les boîtes par exemple. Nous avons aussi des pick-up et des remorques pour faciliter le déménagement», a-t-elle précisé.

Mmes Pagé et D’Anjou ne connaissent personne à la Villa Champêtre mais lorsqu’elles ont appris la nouvelle, elles ont décidé de prendre le taureau par les cornes. «Deux semaines pour quitter les lieux, ce n’est pas beaucoup. Surtout qu’on parle ici de gens en perte d’autonomie et qui ont des troubles cognitifs. On pense aussi à ceux qui n’ont pas de famille. On trouve ça tellement triste que ces gens puissent être laissés à eux-mêmes. Mon père a 83 ans et il est en bonne santé mais si une situation comme ça devait lui arriver, j’aimerais que quelqu’un lève la main pour l’aider», a expliqué Mme Pagé.

En ce sens, elle confirme que la direction de la Villa Champêtre et le CIUSSS-MCQ ont été contactés. «Nous avons le vouloir et nous sommes prêts. Il suffit maintenant qu’on nous fournisse les informations sur comment, qui et quand aider. La volonté est là», a ajouté Mme Pagé.

À la Villa Champêtre, la copropriétaire Véronique Gélinas avait été informée de cette initiative. Elle a promis de publiciser auprès de sa clientèle l’aide proposée par les gens de Pointe-du-Lac.

Au CIUSSS-MCQ, on a bel et bien reçu un appel à ce sujet. «Une offre pareille, c’est une première! Nous sommes donc en train d’évaluer les besoins des gens sur un plan fonctionnel. Il faudra déterminer comment cette offre va pouvoir s’orchestrer et qui en sera responsable. Il faut aussi tenir compte du volet sécurité. On ne peut pas laisser des citoyens partir avec des effets personnels des résidents comme ça. Il faut faire des vérifications», a expliqué Guillaume Cliche, porte-parole du CIUSSS-MCQ.

Par ailleurs, il a rappelé qu’une vingtaine de travailleurs psychosociaux avaient été déployés sur les lieux pour intervenir auprès des résidents et de leur famille afin d’identifier les besoins personnels, trouver les ressources appropriées et les accompagner dans leur relocalisation. En fin de journée vendredi, il n’était pas encore en mesure de dresser un portrait de la situation.

Rappelons qu’une trentaine de personnes âgées en perte d’autonomie disposent maintenant de deux semaines pour quitter les lieux et se trouver une nouvelle résidence. La pénurie de main-d’œuvre et les exigences gouvernementales seraient à l’origine de cette fermeture.