Anick Beneke et Christophe Noualhat de Sidaction Mauricie.

VIH-Sida: encore beaucoup à faire

Trois-Rivières — Malgré tout ce qui a été dit sur le VIH-Sida au fil des dernières décennies, on assiste à une augmentation des cas, dans la population, en particulier chez les 15 à 24 ans.

Il y a donc beaucoup de chemin à faire en matière de prévention, indique Anick Beneke, formatrice et intervenante en prévention chez Sidaction Mauricie.

«Beaucoup de gens pensent qu’ils n’ont pas de risque d’être infectés par le VIH», dit-elle. «Il y a donc beaucoup de travail qui doit être mis sur la prévention pour essayer de diminuer les cas de transmission.»

Mme Beneke ajoute qu’il «faut dépister davantage et y mettre encore plus de temps et d’argent et ce n’est pas quelque chose qui est fait en ce moment», déplore-t-elle.

Mme Beneke indique qu’une augmentation du VIH va de pair avec une augmentation des ITSS (infections transmissibles sexuellement et par le sang) qui est aussi constatée.

«La syphilis est revenue au Québec à un niveau épidémique», illustre-t-elle.

Le Cabinet de la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie signale qu’environ 20 000 personnes au Québec vivent avec le VIH et que chaque jour, deux nouvelles personnes en sont infectées.

«L’éducation sexuelle est importante pour les gens en général», insiste-t-elle. En fait, Mme Beneke croit que les cours d’éducation sexuelle à l’école, c’est une chose, mais que l’information doit aussi s’étendre à toute la population.

«La population en général a besoin d’être mieux informée sur les risques sexuels et les comportements à risque», dit-elle. Il faut donc «que de l’argent soit mis pour faire des campagnes de sensibilisation avec les vrais enjeux car si je ne pense pas que je prends des risques, je ne mettrai pas le condom et je ne me ferai pas vérifier», plaide-t-elle.

«Il faut plus de cliniques de dépistage et un accès plus facile aux traitements. Il faudrait plus d’argent et plus de pressions politiques», fait-elle valoir.

Sidaction Mauricie organise des activités au sein de diverses grandes entreprises afin de favoriser les discussions et la sensibilisation en milieu de travail, notamment sur les impacts de la discrimination envers les personnes séropositives. Comme l’explique Christophe Noualhat, agent de communication pour l’organisme, le VIH-Sida est aujourd’hui considéré comme une maladie chronique et grâce aux avancées médicales, une personne infectée peut mener une vie normale et avoir une longévité comparable au reste de la population si elle suit ses traitements. Son taux d’absentéisme au travail ne sera donc pas supérieur aux personnes atteintes de diabète, par exemple, fait-il valoir.

Sidaction Mauricie fait aussi des campagnes de sensibilisation à l’aide de stands d’information dans les milieux étudiants. «Nous sommes allés au Collège Laflèche, au Cégep et à l’UQTR», indique Mme Beneke.

Cette dernière rappelle que le VIH-Sida ne touche pas seulement les homosexuels ou les personnes qui consomment de la drogue. Tout le monde est à risque, insiste-t-elle, d’où l’importance d’informer, de dépister et de ne pas faire de discrimination envers les porteurs.