Le professeur Simon Barnabé.
Le professeur Simon Barnabé.

Victoriaville crée la toute première chaire de recherche municipale

Victoriaville — S’il est une Ville qui s’est placée à l’avant-garde, en matière de développement durable, depuis les initiatives créées par Normand Maurice, père du recyclage au Québec, c’est bien Victoriaville. La voici qui innove de nouveau en accordant la toute première chaire de recherche municipale au professeur Simon Barnabé du département de chimie, biologie et physique de l’UQTR.

Les recherches qui seront menées grâce à cette chaire portent «sur l’économie circulaire, l’aménagement du territoire, tout ce qui touche au développement durable», explique le maire de Victoriaville, André Bellavance.

La mission de la nouvelle chaire sera de «faire de l’accompagnement scientifique et technologique pour les villes de petite ou de moyenne tailles», explique de son côté le professeur Barnabé.

«La Chaire contribuera à arrimer les visions des entreprises et des universités et cégeps de la région avec celles de la Ville partenaire. Je pense au Centre-du-Québec, mais j’inclus aussi la Mauricie, l’Estrie, la Montérégie, bref, le fameux corridor vert», ajoute le chercheur.

«La Chaire contribuera à élaborer et à amorcer des projets structurants pour la Ville et sa région. La programmation scientifique est alignée sur le Plan d’action de la Ville ainsi que ses enjeux environnementaux ou agricoles qui lui sont chers», précise Simon Barnabé.

À court terme, «on va poursuivre le projet Vertech», signale-t-il et «on alignera les recherches vers de produits thermoformés, des emballage écologiques pour la manutention.» Plusieurs autres projets de recherche sont dans l’air qui permettront d’attirer de nouvelles entreprises, ajoute-t-il.

La Chaire, espère le professeur Barnabé, veut démontrer que «la proximité des chercheurs avec le milieu contribue à imprégner la culture scientifique auprès des employés et des décideurs municipaux, à ouvrir les entreprises à l’innovation et à démystifier la carrière de scientifique auprès de la population en général.»

«Tout dans l’annonce de ce matin (mardi) a quelque chose d’étonnant parce qu’il s’agit d’une première», signale de son côté le recteur de l’UQTR, Daniel McMahon. Toutefois, ce nouveau lien entre l’UQTR et le monde municipal «est logique», dit-il. Avec cette nouvelle chaire de recherche municipale, «on inaugure un nouveau modèle pour le Québec», souligne le recteur.

Cette fois-ci, c’est une Ville qui s’approprie un chercheur ou une équipe de recherche et c’est la Ville qui oriente la programmation scientifique, se réjouit le professeur Barnabé.

L’initiative aidera donc la Ville à atteindre les objectifs de son plan stratégique et ses visions. La Chaire de recherche municipale pour les villes durables permettra de faire travailler non seulement des chercheurs et des stagiaires de l’UQTR, mais également des stagiaires du Cégep de Victoriaville.

Ce modèle de recherche s’adresse tout particulièrement aux «villes de taille intermédiaire, comme Victo, qui ont les mêmes ambitions en matière de développement durable que les centres urbains, mais qui ont beaucoup moins de ressources», signale le chercheur. «C’est comme si une ville de petite ou moyenne taille avait maintenant son bureau de recherche», explique-t-il.

«Qui de mieux pour tenir les rênes qu’un chercheur qui est connu et reconnu pour mettre de l’avant l’immense potentiel des municipalités comme vecteurs et véhicules d’innovation?» fait valoir le recteur en parlant du professeur Barnabé qu’il perçoit comme «un croisement entre un entrepreneur et un chercheur» avec de bonnes idées et qui connaît bien les enjeux locaux.

Simon Barnabé fait de la recherche dans l’entourage de Victoriaville depuis une quinzaine d’années «et mes relations avec Victo ont sérieusement influencé ma façon de faire de la recherche», confie-t-il.

Les villes ont une grande importance dans l’écosystème de la recherche et de l’innovation, explique le chercheur. «Au Québec, vous avez les universités, des centres collégiaux de transfert technologique, des centres de recherche publics-privés, des regroupements de recherche sectorielle, des organisations de développement économique et j’en passe. Dans le centre de cet écosystème, on voit généralement les entreprises, les incubateurs d’entreprises, les accélérateurs, mais en réalité, ce sont les Villes qui les accueillent et qui les supportent et qui sont au centre de cet écosystème de recherche et d’innovation», fait valoir le professeur Barnabé.

«Quand on implique directement dans nos recherches des élus, des décideurs ou des employés municipaux, ça aide les projets de recherche et de démonstration à atteindre l’acceptabilité sociale tant recherchée», fait-il valoir.