Steve Massicotte, président de l'Association des pourvoyeurs de la rivière Sainte-Anne.

Vers une saison exceptionnelle pour la pêche aux poulamons

Au grand bonheur des pourvoyeurs de la rivière Sainte-Anne, on compte déjà une augmentation de près de 15 % des visiteurs, cette année, par rapport à la même date, l'an dernier. «On parle d'une saison exceptionnelle ou presque», se réjouit le président, Steve Massicotte.
C'est que pour une fois depuis plusieurs années, Mère Nature collabore. Les grands froids qui ont frappé la Mauricie au mois de décembre ont créé des conditions idéales pour installer très tôt le village sur glace en toute sécurité. Le retour des classes s'est fait aussi une semaine après le jour de l'An qui tombait un week-end, cette année, ce qui a favorisé la visite des jeunes familles.
«La glace a 30 pouces d'épaisseur. C'est très sécuritaire», insiste le président.
C'est qu'au cours des derniers jours, rappelons-le, une fissure importante s'est formée dans la glace sur les rives du fleuve à proximité du quai de Sainte-Angèle. La Garde côtière canadienne avait demandé aux amateurs de pêche blanche de ne pas s'aventurer dans ce secteur. «On a eu encore des appels à ce sujet-là de la part de clients inquiets», dit-il. Or, la rivière Sainte-Anne est un tout autre genre de milieu et ne compose pas du tout avec ce genre de problème, pas cette année, assure-t-il. Malgré le redoux des derniers jours, la glace a conservé son épaisseur, assure M. Massicotte. Et pour mettre la touche finale, «il n'y a pas d'eau sur la glace.» C'est que les températures voisinent le zéro et descendent un peu sous le point de congélation la nuit. Les pourvoyeurs ne pouvaient souhaiter de plus belles conditions en espérant qu'elles se poursuivent dans la semaine du 28 janvier alors que s'amorcera le traditionnel festival de la pêche aux poulamons.
La ressource est au rendez-vous. «On n'a pas fait d'études récemment sur l'état des populations de perchaudes, mais on constate qu'il y a beaucoup de petits. S'il n'y avait que des adultes, on s'inquiéterait», dit-il.
Une famille peut pêcher une vingtaine de poulamons en une soirée et certains groupes ont capturé jusqu'à 800 prises. Tout dépend du coeur qu'on y met «et bien sûr, tout dépend des conditions aussi», précise M. Massicotte.
L'Association des pourvoyeurs rappelle que des jeux sont disponibles pour les enfants chaque week-end à même le village. «C'est important puisqu'on a pris un virage familial», rappelle le président. 
Les touristes asiatiques demeurent une clientèle de plus en plus abondante, à Sainte-Anne-de-la-Pérade. Depuis trois ou quatre ans, leur nombre sur la glace a augmenté de près de 15 %, indique le président de l'Association des pourvoyeurs de la rivière Sainte-Anne, Steve Massicotte.
En 2009, l'Association prévoyait déjà que plus du quart des quelque 100 000 pêcheurs qui profitent annuellement de la manne de la rivière Sainte-Anne serait asiatique. Le hic, c'est «qu'à - 30 ° C, ils ne sortent pas», a-t-il constaté depuis. Des conditions météorologiques exceptionnellement douces, comme on en vit depuis plusieurs jours, les incitent à venir taquiner le poulamon, dit-il.
Steve Massicotte indique que ces touristes asiatiques, en particulier les Chinois, n'hésitent pas à passer le mot quand leur expérience est positive. «On en a eu qui viennent de Toronto et d'autres de New York aussi», dit-il.
Contrairement à bien des Québécois, les Chinois ne gaspillent rien. Ils récupèrent tous les poissons qu'ils capturent et offrent de prendre ceux dont les pêcheurs québécois ne veulent pas. «Ce sont de grands consommateurs de poissons», constate M. Massicotte.