Plusieurs décideurs régionaux, dont Jean-Guy Paré, Maurice Richard, Mario Gagné, Jean-Guy Dubois, Nadia Ghazzali et Guy Blanchette ont participé à la rencontre à Bécancour, mercredi.

Vers un parc industriel municipal à Bécancour

Le chantier économique mis de l'avant par le maire Jean-Guy Dubois a permis de créer quatre groupes de travail en vue de recommandations pour le mois d'avril. Mais déjà se pointe à l'horizon la création d'un premier parc industriel municipal à Bécancour, à vocation verte.
«Au parc LaPrade, le privé est disposé à développer dans ce sens-là», a admis, mercredi, le premier magistrat, au terme de cette réunion impliquant des représentants du monde de l'éducation, du développement économique et du gouvernement.
D'ailleurs, l'ancien maire Maurice Richard a souligné que la Ville n'avait jamais eu à se préoccuper d'avoir un territoire industriel avec l'existence du parc industriel provincial et du parc industriel et commercial privé 30-55 qui fait travailler quelque 1100 personnes.
«On n'a pas eu à relever ce défi à Bécancour. Mais 48 ans plus tard, il faut voir comment développer plus la PME», a admis celui qui est maintenant président-directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour.
Or, la PME est justement l'une des quatre thématiques retenues et elle semble allumer les gens du CLD. Les trois autres sont l'identité de Bécancour, le volet formation-éducation-emploi et la sous-traitance.
«C'est fini les mégachantiers. On serait très heureux d'en accueillir, mais la dernière grande entreprise remonte à 25 ans, et c'est Norsk Hydro qui a été démolie. On a somnolé économiquement alors que les entreprises nous tombaient dessus. Il faut reprendre notre développement économique en main, autour de la transformation», a laissé entendre le maire Dubois.
Interrogé à savoir si Bécancour se serait autant développé au plan industriel avec les exigences d'acceptabilité sociale et environnementale d'aujourd'hui, il a répondu «possiblement que non» tout en saluant les efforts déployés par IFFCO pour s'y adapter.
Tout en refusant de «s'aventurer» sur l'exploitation de pétrole telle que souhaitée dans un manifeste, M. Dubois croit qu'on va «possiblement et probablement» développer le gaz de schiste un jour, une fois, dit-il, que ce sera «faisable techniquement et acceptable». «Si c'est fait comme il faut, on sera là nous autres aussi. Mais creuser un trou pour s'en aller trois mois après, ce n'est pas de la structuration économique», a-t-il précisé.
Pour sa part, le coprésident du Fonds de diversification économique, Jean-Guy Paré, se dit confiant que sur cinq ans, Bécancour puisse profiter des 75 millions de dollars qui lui sont réservés. «Il y a des choses qui vont s'en venir, des PME qui ont le potentiel de devenir internationales», soutient celui qui est aussi président du conseil d'administration de la Société du parc industriel et portuaire.
Parallèlement, on veut définir la personnalité de la Ville et voir «comment doit être Bécancour en 2025». Tout comme on entend se préoccuper de la formation alors «qu'il n'y en a aucune après la 6e année, malgré la présence du plus grand parc industriel au Canada», fait remarquer le maire Dubois.
Finalement, ce dernier ne cache pas son inquiétude face à la perte de services de proximité qui renforce l'adage voulant que l'emploi soit à Bécancour, mais le bonheur à Trois-Rivières.
«On s'est parlé et on a essayé de mettre tous nos outils sur le même établi», a résumé le maire Dubois, visiblement heureux d'avoir vu le nombre de participants passer de 15 à 22. «J'y tenais énormément à ça. C'est l'un des matins les plus importants de mon mandat», a-t-il renchéri en conclusion.