La CCICQ se dit confiante de voir le dossier du doublement de l'autoroute 55 connaître un certain dénouement en 2017 du côté du ministère des Transports.

Vers un doublement de la 55?

«On peut être confiant d'avoir le doublement de l'autoroute 55 dans un avenir de dix ans.» Voilà ce que retient la directrice générale de la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec, Martine Pépin, de sa rencontre, mardi, avec le directeur régional du ministère des Transports, Karl Bélanger.
Celui-ci a rencontré des représentants des chambres de commerce de la rive sud et des MRC pour faire le point sur cet axe routier. Selon Mme Pépin, il aura été question de statistiques telles que, par exemple, le taux d'accident et le niveau de circulation.
Interpellé par Le Nouvelliste, le bureau régional n'a pas donné signe de vie tandis qu'au cabinet du ministre des Transports, Laurent Lessard, on le disait trop occupé pour commenter.
La directrice générale de la Chambre dit s'attendre à ce que le ministère intègre le doublement de la 55 à l'intérieur du Plan québécois d'infrastructures 2017-2027. 
Le haut fonctionnaire aurait expliqué aux intervenants la réalité des différents tronçons par rapport au taux de véhicules. Si le doublement semble justifié pour la partie située près du pont Laviolette, c'est moins le cas pour le reste de l'autoroute où la circulation est moindre.
«Nous, on pense qu'il peut y avoir de la déviation sur la 161 et la 155 parce que les gens ne veulent pas prendre nécessairement la 55 à cause des camions. Ça, on le sait. Ce qu'on a demandé, ce sont des chiffres justement pour savoir si ces gens-là viennent de Drummond et prennent la 155 ou viennent de Victo et prennent la 161 au lieu de prendre la 55 à cause du camionnage.
Tout le monde autour de la table disait: "Nous autres, on prend la vieille route parce qu'on ne veut rien savoir de la 55". Est-ce que les accidents sur ces routes-là ont été répertoriés? On a posé beaucoup de questions», raconte Mme Pépin.
Selon elle, les acteurs du milieu entendent soutenir le directeur régional du ministère des Transports dans la préparation de son plan en lui fournissant des chiffres au niveau économique pour qu'ils puissent joindre cet argumentaire à son rapport.
«Et dès que le ministre Lessard aura ça en main, ça sera de le sensibiliser, sachant qu'il est favorable, ainsi que le ministre Jean D'Amour pour la Stratégie maritime et Julie Boulet pour le Tourisme, ainsi que toutes les personnes qui pourraient être sensibles au doublement de la 55», a fait savoir celle qui dit vouloir «s'assurer que le dossier chemine bien».
Car si le regroupement des chambres et des MRC ont plaidé la sécurité, les participants à la réunion ont également évoqué l'élément économique. «Il va déposer un plan. Oui, ils craignent une certaine dangerosité. Mais on a dit à M. Bélanger qu'on aimerait qu'il ait un paragraphe dans son résumé qui parle d'économie, du développement de nos territoires et ça passe par les routes», a précisé Mme Pépin.
Parce que, dit-elle, «il nous faut cette route-là», la coalition juge qu'il serait important que le rapport du ministère contienne le volet économique «en disant tout ce qui s'en vient».
«Il faut que le gouvernement puisse prendre en considération la Stratégie maritime. Si on développe nos ports et l'accès à nos ports pour les entreprises, ça va en faire du trafic. L'autoroute 55 va être très demandée.
Si Drummond et Victo utilisent le port de Bécancour, imaginons tout le pourcentage qui va s'ajouter au niveau du camionnage. On a sensibilisé beaucoup M. Bélanger à l'importance de ça, avec la signature du libre-échange. Cette route-là va être très demandée. C'est l'axe principal qui s'en va directement aux États-Unis», croit Mme Pépin.
Le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, a rappelé avoir toujours dit que le doublement de l'autoroute 55 était nécessaire, surtout que «depuis qu'elle se rend jusqu'à l'autoroute 20, cela a été l'une des routes les plus meurtrières au Québec».
«Le fait qu'ils aient mis des espèces de voies rugueuses dans le centre, les accidents semblent avoir diminué. Ma préoccupation, c'est la sécurité. Est-ce qu'elle doit être doublée tout le long? Je n'ai pas l'expertise pour ça, mais je suis d'accord avec la démarche», a-t-il confié en entrevue.
Le représentant caquiste dit avoir déjà sensibilisé le ministre des Transports à ce dossier. «Je pense que la préoccupation est partagée par M. Lessard. On ne peut pas être insensible à tous les accidents mortels qu'il y a eu sur cette route. Tant que ce n'est pas fait, c'est difficile de réclamer l'autoroute 30. Si on veut mettre la priorité en fonction de la sécurité, et je le dis depuis la campagne électorale de 2012, il faut doubler l'autoroute 55 et après ça, faire l'autoroute 30», signale M. Martel.
Pour le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, le doublement est fondamental au niveau commercial. «C'est le seul endroit où il n'y a pas de route double entre Shawinigan et Miami. On dirait que ça prend une catastrophe pour donner suite à ça. Avec une situation financière plus intéressante, le gouvernement devrait y penser à ce moment-ci», pense le premier magistrat.
Finalement, le préfet de la MRC de Bécancour, Mario Lyonnais, ramène le tout à une question de sécurité. «Le négatif attire le négatif. Quand on entend parler seulement d'accidents, ça n'attire pas les gens», a-t-il conclu.