Vers un centre national d'archives religieuses

Alors que les congrégations sont à la croisée des chemins, la Ville de Nicolet veut créer un centre national d'archives religieuses sur son territoire avec la complicité des Soeurs de l'Assomption de la Sainte Vierge. Le but? Protéger, conserver et assurer la pérennité des archives religieuses du Québec.
Selon le maire Alain Drouin, la perspective de disparaître «dans 15-20 ans» préoccupe les membres de cette congrégation. «Il y a des communautés qui vont s'éteindre», a-t-il évoqué lors de la dernière séance publique du conseil municipal.
Celui-ci a d'ailleurs adopté une résolution pour autoriser le versement d'une aide financière de 6000 dollars pour une éventuelle étude de préfaisabilité évaluée à 60 000 dollars. La Ville s'attend à une subvention de l'ordre de 70 % tandis que le reste pourrait être assumé par les Soeurs de l'Assomption.
En ce moment, les congrégations religieuses doivent gérer la décroissance. Au Québec, en 1961, elles comptaient 60 000 membres alors qu'aujourd'hui, elles ne sont plus que 12 890 religieux et religieuses. Leur moyenne d'âge oscille autour de 75-80 ans et de 700 à 900 décèdent chaque année. Et c'est sans compter que les vocations sont en chute libre.
Dans un tel contexte où certaines congrégations sont appelées à disparaître dans la prochaine décennie, on s'est donc demandé quel sera le sort réservé au patrimoine des congrégations religieuses, qui prendra en charge les archives de ces institutions, que feront-elles de leurs collections, quelles sont les traces laissées dans leur région d'accueil et quelle est leur histoire.
Par conséquent, dit-on, il y a urgence d'agir pour la sauvegarde et la mise en valeur des archives religieuses. «Le temps n'est plus à la réflexion ou aux questionnements en colloque ou en congrès, mais bien le moment de poser des gestes et des actions concrètes avant qu'il ne soit trop tard», affirme-t-on dans un document de travail.
Ainsi, on croit que les congrégations religieuses doivent non seulement être les gardiennes averties du patrimoine religieux, mais aussi travailler à la transmission de leur mémoire auprès des laïcs soucieux de conserver ce patrimoine.
Or, le couvent des Soeurs de l'Assomption pourrait bien accueillir ce futur Centre national d'archives religieuses tout comme, souligne Alain Drouin, l'ancien petit Séminaire de Nicolet s'est transformé en École nationale de police qui, au demeurant, subira bientôt des modifications physiques. Ces derniers travaux contribueront à l'augmentation de 4 % de la richesse foncière envisagée par la Ville en 2014 alors que la valeur des permis de construction devrait frôler les 30 millions de dollars cette année.
«On a créé la corporation du Centre national des archives religieuses du Québec», explique le premier magistrat qui assume d'ailleurs la présidence du comité provisoire.
Ce dernier tient à préciser «qu'on ne parle pas de patrimoine, mais de papier, d'archives» puisque, dit-il, du côté de Trois-Rivières, avec les Ursulines, il est plutôt question d'un Centre national du patrimoine religieux. «Les deux seraient complémentaires, il y aurait une concentration d'informations religieuses à vingt minutes. On pourrait même amener un centre de recherche universitaire», entrevoit finalement celui dont le slogan de la Ville est, rappelons-le, zoné divin.
Autres projets
Lors de la même assemblée régulière du conseil municipal, deux autres projets ont franchi un pas de plus, soit le changement de zonage du Grand Séminaire et la construction de la nouvelle bibliothèque.
D'abord, faute d'une demande pour l'ouverture d'un registre, l'institution vient de se débarrasser de son zonage institutionnel pour permettre une vente éventuelle de ses actifs à des fins de développement résidentiel et commercial. Une entente était intervenue à la satisfaction des opposants qui ont obtenu la protection de la pinède dans la nouvelle version du projet de règlement qui est maintenant officiellement adopté.
Si la modification vise à autoriser l'arrivée de commerces de services sur le boulevard Louis-Fréchette, elle ouvre la porte à la construction d'habitations unifamiliales et multifamiliales. Bref, des investissements potentiels de dix millions de dollars se dessinent maintenant à l'horizon.
Ensuite, le projet d'une nouvelle bibliothèque municipale répondant aux normes du réseau Biblio et aux besoins de la communauté a progressé avec l'octroi du contrat d'architecture à Pierre Morency, pour la somme de 128 700 $. Évaluée à deux millions de dollars, la construction devrait être complétée pour une ouverture à l'été 2015.