Le retour au travail des professeurs s’est bien déroulé, indique l’UQTR.

Vers la plus grosse collation des grades

TROIS-RIVIÈRES — Les professeurs ont beau se montrer stressés, inquiets et démotivés par le lock-out qui les a affectés pendant deux semaines, l’administration de l’Université du Québec à Trois-Rivières, elle, estime que le retour au travail «s’est bien déroulé» et que les impacts du lock-out sont, sommes toutes «minimes».

C’est ce que rapporte le porte-parole de l’UQTR auprès des médias, Jean-François Hinse, en précisant que l’UQTR se dirige d’ailleurs vers la plus grosse collation des grades de son histoire, les 8 et 9 juin.

Alors que plusieurs professeurs affirment que le geste posé par l’administration McMahon affecte négativement la réputation de l’Université, M. Hinse fait valoir que les chiffres ne parlent pas le même langage. «Moi, je me fie aux demandes d’admission qui continuent d’affluer. Ça va très, très bien de ce côté-là. Je ne peux pas dévoiler de chiffres officiels», nuance-t-il toutefois. «Le retour en classe s’est bien passé et je suis sûr que la réputation de l’UQTR est toujours maintenue», dit-il.

À la suite du lock-out décrété le 2 mai, alors que la session d’automne n’était pas terminée et que la session d’été allait débuter, Jean-François Hinse précise que les impacts du côté du bureau du registraire «sont beaucoup moins qu’anticipés, autant par rapport aux admissions qu’aux questions qui ont pu être acheminées. Il n’y a pas vraiment eu plus d’appels, plus de questions, plus de travail pour les gens au registraire, que ce soit pendant le lock-out ou tout de suite après la levée du lock-out. Si des étudiants ont fait des changements, ils l’ont fait eux-mêmes sur le portail», dit-il en précisant que les étudiants bénéficiaient aussi d’une foire aux questions sur le site Info lock-out. M. Hinse n’a toutefois pas pu préciser combien d’étudiants avaient annulé leur inscription dans la foulée des événements ou combien s’étaient réinscrits après la levée du lock-out.

Le lock-out avait touché quelque 600 activités d’enseignement. «Presque 100 % ont repris leur cours normal», affirme-t-il. «Les cours ont tous repris. Il y a quatre activités qui ont été modifiées. Un cours qui concernait surtout des étudiants de l’Université de Montréal a été reporté. Un cours en sciences de l’activité physique a été reporté également. Le professeur l’a décidé de concert avec ses étudiants. Il y a un séminaire de recherche qui devait se faire dans le cadre d’une école d’été qui a été annulée. Le séminaire va être repris dans le cadre d’une autre activité. Il y a également un cours dans lequel huit professeurs étaient impliqués qui, pour des raisons de gestion, d’agenda, a été déplacé», résume-t-il.

«Toutes les soutenances de thèses ont été reprogrammées. Seulement trois étaient touchées. D’ailleurs une ou deux ont été reprises. En aucun cas y a-t-il eu de réels impacts académiques pour les étudiants touchés», assure le porte-parole.

«Le vice-rectorat aux études et à la formation et le décanat des études sont en lien quasi quotidien avec les principales associations étudiantes( ...) pour trouver toutes les situations problématiques qui peuvent survenir. Il n’y a pas eu de cas majeur. Quand il y a eu des correctifs à apporter, ça a été rapporté», dit-il.

Pour les notes de la session d’hiver, la direction a demandé aux professeurs de les faire en priorité. Le département doit ensuite confirmer les notes. «Ce qu’il faut savoir, c’est que les étudiants qui s’étaient inscrits à la collation des grades» qui n’auraient pas encore reçu leurs notes vont pouvoir s’y présenter quand même, précise M. Hinse. «Si jamais il arrivait un retard prolongé, l’étudiant va quand même recevoir une lettre à la collation des grades», dit-il. Il aura peut-être son diplôme plus tard, «mais ça n’empêchera pas qu’il va vraiment être diplômé», assure-t-il.

Quant aux stages, ils ont eux aussi été reprogrammés, indique M. Hinse. On se rappellera que certains stages dans les milieux de la santé avaient toutefois été supervisés par la direction de l’Université et des professionnels de la santé durant le lock-out, ce qui avait fait l’objet de virulentes critiques de la part des professeurs qui ont senti que leur rôle était usurpé par la direction.