À l’ABI, on s’apprêterait à fermer d’autres cuves alors que le lock-out approche les 17 mois.

Vers d’autres cuves fermées à l'ABI?

Bécancour — Près de 17 mois après le déclenchement du lock-out, on s’apprêterait à fermer la moitié de la demi-série de cuves à l’Aluminerie de Bécancour.

Sans vouloir confirmer l’information, la direction d’Alcoa se contente de dire, par la voix de sa porte-parole Anne-Catherine Couture, que «nos employés cadres opèrent l’usine à capacité réduite, mais cette situation n’est pas viable à long terme».

On se rappellera que deux séries de cuves avaient été arrêtées le 11 janvier 2018, «après que les membres du syndicat aient refusé l’offre proposée», avait tenu à rappeler la multinationale. La propriété d’Alcoa (74,95 %) et de Rio Tinto Alcan Inc. (25,05 %) a une capacité nominale de 413 000 tonnes métriques par année partagée à travers trois séries de cuves.

Or, en décembre 2018, l’entreprise annonçait qu’elle réduisait de moitié les opérations de l’unique série de cuves restante. «Depuis le début du lock-out, les employés-cadres d’ABI ont exploité une série de cuves, effectué des travaux d’entretien, restauré la stabilité dans l’usine et amélioré la qualité du métal produit. Compte tenu des récents départs d’employés-cadres, une réduction de production est nécessaire, afin d’assurer la sécurité du personnel et l’entretien des équipements. Les employés-cadres actifs continueront de veiller à ce que l’aluminerie soit prête pour un éventuel redémarrage», expliquait-on dans un communiqué corporatif.

Voilà que Le Nouvelliste a appris de source bien informée la fermeture prochaine de 60 des 120 cuves encore en opération, ce qui ferait en sorte que l’ABI ne fonctionnerait qu’à 8 % de sa capacité globale.

Cette décision permettrait à l’entreprise de planifier les ressources humaines pendant la période estivale, soit donner des vacances aux cadres qui remplacent une partie de la main-d’œuvre en lock-out. Du même coup, elle pourrait fermer les opérations de la fonderie en acheminant toute sa production en métal chaud vers la Shawinigan Aluminium qui, au demeurant, a signé une convention collective de longue durée jusqu’en 2025 avec des salaires, dit-on, moindres que dans les alumineries.

Du côté syndical, on n’était pas en mesure de confirmer, ni d’infirmer la rumeur. Et le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, préférait s’abstenir de tout commentaire.