Véronique Martel déplore la discrimination du programme Emplois d’été Canada à restreindre les emplois étudiants aux 15 à 30 ans.

Véronique Martel s’attaque à Emplois été Canada

TROIS-RIVIÈRES — Véronique Martel, étudiante en techniques de travail social au Cégep de Trois-Rivières, dénonce l’injustice du programme Emplois d’été Canada qui empêche les étudiants de 30 ans et plus d’accéder à un emploi étudiant pendant la période estivale.

Trouver un emploi d’été dans son domaine d’étude s’est avéré impossible pour Véronique Martel, 37 ans, étudiante au Cégep de Trois-Rivières en techniques de travail social. Le problème réside dans la subvention du programme Emplois d’été Canada à laquelle les employeurs, liés à son domaine d’étude, ont accès pour embaucher des étudiants. Pour répondre aux critères d’admissibilité, l’étudiant doit être âgé de moins de 30 ans. Madame Martel a donc dû faire une croix sur l’idée de se trouver un emploi à temps plein dans son domaine d’étude pour l’été.

Il lui est donc impossible pendant la période estivale de mettre en pratique ce qu’elle a appris tout au long de l’année scolaire. Devant cette situation, l’étudiante en travail social a décidé de passer à l’action pour faire changer les choses.

En lui-même, le programme Emplois d’été Canada permet à plusieurs organisations, que ce soit des petites entreprises ou des organismes à but non lucratif, d’offrir des emplois d’été aux étudiants. Ces emplois permettent aux étudiants d’acquérir de l’expérience dans leur domaine d’étude en plus d’avoir la possibilité de se faire remarquer par des employeurs potentiels. Une des raisons pour laquelle plusieurs employeurs font affaire à ce programme d’aide est qu’il permet de couvrir la totalité du salaire et les avantages sociaux des personnes embauchées. Une formule qui est gagnante tant pour l’employeur que pour l’employé.

C’est un tout autre son de cloche pour Madame Martel qui croit que ce critère d’admissibilité relève de la discrimination. «Je suis étudiante, je paye mes droits de scolarité comme tout le monde. J’ai le droit de travailler l’été comme tous les étudiants», mentionne-t-elle. Selon l’article 15 de la Charte canadienne des droits et libertés, il est interdit de discriminer quelqu’un en fonction de son sexe, sa religion et, dans le cas présent, de son âge.

Les étudiants de plus de 30 ans se voient donc brimés à cause du barème d’âge requis pour le programme Emplois d’été Canada. Véronique Martel dénonce cette injustice notamment «pour ceux et celles qui vont suivre après moi, pour ne pas qu’ils vivent ce que je vis présentement».

Son objectif est de convaincre le gouvernement du Canada de modifier la tranche d’âge du programme afin que tous les étudiants et étudiantes y soient admissibles.

La base du marché du travail
Caroline Guay, coordonnatrice de la Démarche des premiers quartiers de Trois-Rivières, appuie Véronique Martel dans sa démarche et estime qu’un emploi d’été est la base des étudiants pour se faire connaître sur le marché du travail. «Ça crée une relation de confiance avec le futur employeur», souligne-t-elle.

Madame Guay croit d’autant plus que l’inaccessibilité à l’emploi diminue la qualité des conditions de vie des étudiants qui sont dans cette situation en plus de créer une inégalité par rapport aux chances d’accéder à un futur emploi.

Jean-François Aubin, professeur au Cégep de Trois-Rivières, a enseigné à Véronique Martel et la soutient et l’encourage lui aussi. Dans le cadre de son travail, Monsieur Aubin constate que de plus en plus d’adultes effectuent un retour aux études. «On stimule beaucoup, et avec raison je crois, le retour aux études pour les adultes. Il y a beaucoup de demandes, mais il faut leur donner une chance», rapporte le professeur. Ce dernier souligne la contradiction du message véhiculé par le gouvernement avec le programme Emplois d’été Canada. « On veut des étudiants adultes, mais, d’un autre côté, on coupe l’accès à des emplois subventionnés pendant l’été», ajoute-t-il.

La coordonnatrice de la Démarche des premiers quartiers de Trois-Rivières et Véronique Martel travailleront de pair afin de faire avancer les choses. Plusieurs options sont en cours afin de faire réagir le gouvernent. Pour l’instant la première étape est lancée en sensibilisant la population. «Pour faire une mobilisation, il faut être plusieurs, c’est la force du nombre qui fait la différence», insiste Caroline Guay.

Une vingtaine de partenaires se joindront à la cause et détermineront la suite des événements. Pour l’instant, Madame Guay confirme que le député du Nouveau Parti démocratique, Monsieur Robert Aubin, est au courant de la situation et donne son appui à Véronique Martel. Les actions futures prévoient de prendre également contact avec le ministre du Commerce international, Monsieur François-Philippe Champagne.